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Livret A vs assurance vie : pourquoi votre épargne dort quand elle pourrait travailler

Vous avez mis de l’argent de côté sur votre Livret A. C’est bien. C’est même rassurant. Mais si vous comptez sur ce placement pour financer une partie de votre retraite, il faut qu’on parle.

Depuis le 1er février 2026, le taux du Livret A est fixé à 1,5 % par an. Ce chiffre, présenté comme une rémunération, cache une réalité plus décevante : en tenant compte d’une inflation annuelle autour de 1 %, le rendement réel du Livret A en mars 2026 ressort à seulement 0,50 %. En clair, votre argent ne recule plus, mais il n’avance pas vraiment non plus.

Pour une épargne de précaution disponible à tout moment, c’est parfaitement acceptable. Pour préparer une retraite sur 20 ou 30 ans, c’est insuffisant. La différence entre un capital qui dort à 1,5 % et un capital qui travaille à 4 ou 5 %, sur une longue période, représente des dizaines de milliers d’euros d’écart. Cet article vous explique pourquoi, et quelles alternatives méritent votre attention, du fonds en euros garanti jusqu’aux unités de compte investies en actions, en obligations ou en immobilier.


Ce que le Livret A peut faire et ce qu’il ne peut pas faire

Le Livret A a des qualités réelles. Il est garanti par l’État, exonéré de toute fiscalité sur les intérêts, disponible à tout moment et accessible à tous. Pour constituer une réserve de sécurité, il n’a pas grand-chose à envier à d’autres supports.

La règle communément admise consiste à y conserver l’équivalent de 3 à 6 mois de dépenses courantes du foyer. C’est son rôle naturel, et il le remplit bien.

Mais il a une limite structurelle que beaucoup d’épargnants sous-estiment. Sur une longue période, le problème principal des livrets est qu’ils rapportent peu, surtout une fois l’inflation prise en compte. Sur 10 ou 20 ans, votre argent est en sécurité, mais il ne travaille quasiment pas.

Le taux du Livret A a connu plusieurs baisses successives : de 2,4 % à 1,70 % net en 2025, puis une nouvelle baisse à 1,5 % en février 2026, et une nouvelle réduction est probable à l’horizon du 1er août 2026. Ce mouvement reflète la désinflation en cours, mais il illustre aussi que le taux du Livret A est par nature variable et structurellement faible en période de stabilité des prix.

À cela s’ajoute un plafond de versement fixé à 22 950 euros. Autrement dit, même si vous souhaitez y concentrer davantage d’épargne, vous ne pouvez pas.


L’assurance vie : une enveloppe, des stratégies multiples

L’assurance vie n’est pas un placement parmi d’autres. C’est une enveloppe fiscale qui peut accueillir des supports très différents, des plus sécurisés aux plus dynamiques, selon vos objectifs et votre horizon de placement. Comprendre cette distinction est essentiel, car les performances et les profils de risque varient considérablement d’un support à l’autre.

Le fonds en euros : la sécurité qui rend des points au Livret A

Le fonds en euros est le support garanti de l’assurance vie. Il ressemble au Livret A dans sa philosophie, la protection du capital est assurée, mais ses performances sont significativement supérieures.

En 2025, le rendement moyen des fonds en euros s’est établi à 2,65 % selon l’ACPR, net de frais de gestion. C’est presque le double du Livret A actuel, sur un support qui garantit pourtant intégralement le capital.

En 2025, les meilleurs contrats affichent des taux avec un boost pouvant atteindre 4 voire 4,5% ! Le mécanisme est simple à comprendre : les obligations qui constituent 75 % à 100 % des fonds restent le moteur principal des rendements. Une obligation française achetée en 2020 rapportait 0,5 % par an, tandis qu’une obligation achetée en 2025 rapporte entre 3 et 4 % par an. Les contrats récents bénéficient de ce renouvellement progressif du portefeuille obligataire.

Il faut toutefois noter que le fonds en euros, contrairement au Livret A, est soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 % sur les intérêts. Pour les contrats de moins de 8 ans, la fiscalité peut atteindre jusqu’à 30 %. Après application de la flat tax, le taux moyen net du fonds en euros dans une assurance vie de moins de 8 ans ressort à environ 1,89 %. Ce qui reste néanmoins supérieur au Livret A dans la grande majorité des cas, et qui s’améliore encore après 8 ans de détention grâce aux abattements fiscaux.

Les unités de compte obligataires : dynamiser sans aller vers les actions

Les fonds obligataires en unités de compte constituent un intermédiaire souvent sous-estimé entre la sécurité du fonds en euros et le risque des marchés actions. Ces supports investissent dans des obligations d’entreprises ou d’États, avec un capital non garanti mais une volatilité nettement plus faible qu’un fonds actions.

Les fonds datés lancés en 2023 et 2024, à échéance fixe, arrivent progressivement à maturité avec des rendements annualisés compris entre 4 et 6 %. Un profil prudent peut ainsi améliorer sa performance sans s’exposer au risque des marchés actions.

Les fonds obligataires diversifiés, qu’ils investissent dans de la dette souveraine européenne ou dans des obligations d’entreprises, permettent de viser des rendements de l’ordre de 3 à 5 % selon la qualité des émetteurs et la duration des portefeuilles. C’est une catégorie particulièrement adaptée aux épargnants qui approchent de la retraite et souhaitent sécuriser progressivement leurs gains tout en maintenant un rendement supérieur au fonds en euros pur.

Les ETF actions : la performance de long terme, sans gestion active

Les ETF (Exchange Traded Funds) sont des fonds indiciels cotés en bourse qui répliquent la performance d’un indice de référence. Un ETF MSCI World, par exemple, permet d’investir simultanément dans environ 1 500 entreprises réparties dans 23 pays développés, en une seule opération et pour des frais de gestion très réduits, généralement entre 0,10 % et 0,50 % par an.

Ce qui distingue les ETF actions des autres supports, c’est leur performance historique à long terme. Depuis 1978, l’indice MSCI World a généré un rendement annuel moyen de 10,4 %. En conséquence, 100 euros investis en 2015 sur un ETF MSCI World valaient environ 297 euros en 2025, sans aucune intervention de la part de l’investisseur.

Le rendement annuel moyen du MSCI World est de l’ordre de 11,7 %, dividendes réinvestis. À ce rythme, il faut moins de 7 ans pour doubler sa mise de départ et seulement 10 ans pour la tripler.

Ces chiffres font rêver. Mais ils s’accompagnent d’une contrainte incontournable : la volatilité. L’année 2022 a enregistré une baisse de 18 %, et 2008 de 40 %. C’est pourquoi les ETF actions sont un investissement de long terme, avec un horizon minimum de 8 à 10 ans. Sur toute période de 15 ans depuis 1978, le MSCI World n’a cependant jamais affiché de rendement négatif.

Au sein d’une assurance vie, un ETF capitalisant ne génère pas de prélèvements sociaux tant que l’épargne reste investie. C’est un avantage fiscal supplémentaire non négligeable sur de longues durées.

Enfin les fonds actions sur le long terme sont les moteurs de la performance.


La stratégie patrimoniale au fil du temps : comment arbitrer selon votre profil

L’une des grandes forces de l’assurance vie multisupport est précisément sa capacité à combiner ces différents supports au sein d’une même enveloppe, et à faire évoluer leur répartition au fil du temps.

Un épargnant de 40 ans qui prépare sa retraite peut raisonnablement adopter un profil dit « équilibré » ou « dynamique », avec une allocation majoritaire en ETF actions et en SCPI, et une poche de sécurité en fonds en euros. À mesure qu’il approche de la retraite, il peut progressivement transférer une part croissante vers le fonds en euros ou des obligations datées, pour sécuriser les gains accumulés tout en maintenant un rendement supérieur au Livret A.

Pour les épargnants qui approchent de la retraite et souhaitent sécuriser leurs gains, un glissement progressif vers les fonds euros constitue une stratégie de sécurisation pertinente, d’autant que les rendements actuels permettent de préserver un rendement réel positif.

Trois profils types se dégagent selon les objectifs et la tolérance au risque : un profil prudent privilégiera une majorité d’UC obligataires et immobilières avec une part limitée d’actions ; un profil équilibré répartira de manière mixte entre actions, obligations et supports immobiliers ; un profil dynamique s’exposera davantage aux actions et aux ETF thématiques de croissance.


Comparer sur le long terme : l’effet des intérêts composés

Pour illustrer concrètement ce que représente la différence de rendement entre ces supports, voici ce que produirait un investissement de 50 000 euros sur 20 ans, hors fiscalité et sans versement supplémentaire :

  • Livret A à 1,5 % : environ 67 400 euros au terme, soit un gain de 17 400 euros.
  • Fonds en euros à 2,65 % : environ 85 500 euros, soit un gain de 35 500 euros.
  • SCPI à 4,91 % (revenus réinvestis) : environ 131 000 euros, soit un gain de 81 000 euros.
  • Allocation équilibrée (fonds euros + SCPI + obligations) à 4 % : environ 110 000 euros, soit un gain de 60 000 euros.
  • ETF MSCI World à 8 % annuel moyen net (hypothèse prudente) : environ 233 000 euros, soit un gain de 183 000 euros.


Ces chiffres sont indicatifs, fondés sur des taux moyens observés, et ne constituent pas une prévision de rendement. Les ETF actions sont soumis à une volatilité significative, et leur performance réelle dépend fortement du point d’entrée et de sortie. Ils illustrent cependant un principe fondamental : sur des horizons longs, même un écart de rendement apparemment modeste produit des résultats radicalement différents. Et le Livret A, dans cette comparaison, reste systématiquement le moins performant des supports envisagés.


Faut-il arbitrer entre ces placements ou les combiner ?

La question n’est pas de choisir l’un ou l’autre, mais de comprendre ce que chacun fait bien, et à quel moment de votre vie il est pertinent.

Le Livret A garde sa place pour l’épargne de précaution, accessible immédiatement en cas de besoin imprévu. L’assurance vie s’impose comme l’enveloppe de référence pour la constitution d’un patrimoine à moyen et long terme, avec sa souplesse fiscale et sa capacité à accueillir des supports diversifiés. Au sein de cette enveloppe, le fonds en euros sécurise, les obligations datées améliorent le rendement sans risque excessif, les ETF actions construisent la performance sur 10 à 20 ans, et les actions complètent la performance.

Une stratégie bien construite combine ces dimensions selon l’âge, le profil de risque, la situation fiscale et les objectifs de chaque épargnant. Ce n’est pas une question de produits, c’est une question d’architecture patrimoniale.


Préparer sa retraite demande une stratégie, pas seulement un produit

Le Livret A est utile pour votre trésorerie de précaution. L’assurance vie est une enveloppe puissante pour construire votre patrimoine. Le fonds en euros sécurise, les obligations améliorent le rendement sans risque excessif, les ETF actions construisent la performance sur la durée, et les actions complètent la performance. Mais aucun de ces outils ne fonctionne efficacement sans une stratégie adaptée à votre situation personnelle : vos revenus, votre fiscalité, votre horizon de placement, vos objectifs de revenus à la retraite.

C’est exactement ce qu’ARTES Patrimoine accompagne. Cabinet indépendant de conseil en gestion de patrimoine basé à Lyon, ARTES Patrimoine vous aide à construire une allocation cohérente, à sélectionner les bons supports selon votre profil, et à les intégrer dans une architecture patrimoniale pensée sur le long terme. Si vous souhaitez faire le point sur votre épargne et définir une stratégie adaptée à vos objectifs de retraite, notre équipe est disponible pour un premier échange.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Livret A vs assurance vie

Le Livret A est-il suffisant pour préparer sa retraite ?

Non, dans la grande majorité des situations. Le Livret A remplit bien son rôle d’épargne de précaution, disponible à tout moment et sans risque. Mais avec un taux de 1,5 % en 2026 et un plafond à 22 950 euros, il ne peut pas constituer à lui seul un levier de constitution de patrimoine retraite. Sur 20 ans, l’écart de rendement avec des solutions comme l’assurance vie ou les SCPI se traduit par des dizaines de milliers d’euros de différence.

Quelle est la différence entre le fonds en euros et les unités de compte dans une assurance vie ?

Le fonds en euros garantit le capital investi et offre un rendement annuel défini, actuellement autour de 2,65 % en moyenne selon l’ACPR. Les unités de compte, elles, investissent dans des actifs variés, actions, obligations, ETF, SCPI, dont la valeur fluctue selon les marchés. Le capital n’est pas garanti, mais le potentiel de rendement sur le long terme est nettement supérieur. Un contrat multisupport permet de combiner les deux selon son profil.

Les ETF actions sont-ils adaptés à la préparation de la retraite ?

Oui, à condition d’avoir un horizon de placement d’au moins 10 à 15 ans et d’accepter la volatilité inhérente aux marchés financiers. Avec un rendement annuel moyen historique autour de 10 à 12 % pour le MSCI World sur les longues périodes, les ETF actions sont l’un des leviers les plus puissants pour construire un patrimoine retraite. À mesure qu’on approche de l’échéance, il est conseillé de transférer progressivement une partie vers des supports plus sécurisés.

Les SCPI sont-elles adaptées pour préparer sa retraite ?

Oui, à condition de les choisir avec soin et d’avoir un horizon de placement d’au moins 8 à 10 ans. Les SCPI permettent de percevoir des revenus réguliers sans gérer directement un bien immobilier. Avec un taux de distribution moyen à 4,91 % en 2025, elles offrent un rendement nettement supérieur aux livrets réglementés. Mais le capital n’est pas garanti et la liquidité est plus limitée, ce qui impose une sélection rigoureuse des véhicules.

Quel montant minimum faut-il pour commencer à investir en assurance vie ?

L’assurance vie est accessible à partir de quelques centaines d’euros selon les contrats. Certains contrats en ligne n’imposent aucun versement minimum au-delà de l’ouverture. Les SCPI ont des tickets d’entrée variables : certaines sont accessibles à partir de 200 euros par part, d’autres requièrent un investissement plus significatif. Dans tous les cas, la régularité des versements et la durée de détention sont plus déterminantes que le montant initial.