Artes Patrimoine – Cabinet en Gestion Patrimoine
La question revient systématiquement dans nos réunions de bilan patrimonial : faut-il verser sur son PER individuel ou renforcer son assurance vie ? Les deux enveloppes coexistent dans presque tous les portefeuilles bien construits, pourtant leurs logiques sont radicalement différentes. Et depuis janvier 2026, les règles du jeu ont évolué sur plusieurs points importants.
Voici ce qu’il faut savoir pour choisir, ou mieux encore, pour articuler les deux intelligemment.
Avant de comparer, un point s’impose : la loi de finances 2026 modifie deux paramètres structurants du PER, à savoir la suppression de la déductibilité après 70 ans et l’extension du report des plafonds de déduction de trois à cinq ans.
Premier changement concret : depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués sur un PER après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Le PER reste ouvert aux versements après cet âge, mais ces nouveaux apports sont assimilés à des versements non déduits, avec la fiscalité correspondante à la sortie.
Deuxième changement, plus favorable cette fois : il est désormais possible d’utiliser les plafonds de déduction non consommés des cinq dernières années, contre trois auparavant. Cette mesure peut notamment permettre de réaliser un versement important pour rattraper un retard d’épargne retraite, tout en réduisant sa fiscalité immédiate.
Troisième évolution à connaître : la LFSS 2026 relève la CSG sur les revenus de placement de 9,2% à 10,6%. Les prélèvements sociaux sur les gains du PER passent ainsi à 18,6%, portant le PFU applicable aux gains du PER à 31,4%. L’assurance vie échappe à cette hausse, avec des prélèvements sociaux maintenus à 17,2% et un PFU à 30%.
Un écart de 1,4 point qui compte, surtout sur des horizons longs.
L’atout central du PER individuel tient à la déduction fiscale à l’entrée. Les versements volontaires sur un PER individuel sont déductibles du revenu imposable, dans la limite du plafond d’épargne retraite, soit environ 10% des revenus professionnels de l’année précédente, avec plafonds et reports des droits non utilisés.
Pour les travailleurs non salariés, le plafond de déduction peut atteindre 88 911 euros en 2026. Pour un salarié ou fonctionnaire, le plafond s’établit à 10% des revenus d’activité, plafonné à 38 448 euros.
Plus votre tranche marginale d’imposition (TMI) est élevée, plus le mécanisme est efficace. À 30% de TMI, un versement de 10 000 euros coûte effectivement 7 000 euros après économie d’impôt. À 41%, l’effort réel tombe à 5 900 euros. C’est là que le PER retraite déploie toute sa force.
Mais cet avantage n’est pas gratuit. Si l’épargnant a profité d’une déduction à l’entrée, il subit un rattrapage fiscal à la sortie : ses versements seront soumis à l’impôt sur le revenu. Toutefois, cette taxation différée demeure souvent avantageuse, car la baisse des revenus à la retraite place généralement les retraités dans une tranche marginale inférieure, réduisant l’impact fiscal final.
Le pari du PER, c’est précisément ce différentiel de TMI entre la vie active et la retraite.
L’assurance vie fonctionne selon une logique inverse. Côté fiscalité, le contrat d’assurance vie propose un taux d’impôt réduit sur les rachats à partir de la 8e année. Les versements ne sont pas déductibles, mais le capital représentatif des versements échappe à l’impôt à la sortie.
Concrètement, après huit ans de détention, chaque assuré bénéficie d’un abattement annuel sur les gains, soit 4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple. Au-delà, les plus-values sont soumises à un prélèvement forfaitaire de 7,5% pour les encours inférieurs à 150 000 euros, ce qui reste très compétitif.
L’autre avantage majeur : la disponibilité. Un contrat d’assurance vie permet d’effectuer des retraits quand vous le souhaitez. Le PER, en revanche, bloque les fonds jusqu’à la retraite, hors cas de sorties anticipées prévus par la loi, comme l’acquisition de la résidence principale ou un accident de la vie.
Cette liquidité fait de l’assurance vie un outil polyvalent : épargne de précaution, financement d’un projet à moyen terme, complément de revenus progressif à la retraite.
Sur le plan successoral, les deux enveloppes partagent une même logique de base, avec des différences notables dans les détails.
Le PER assurantiel et l’assurance vie permettent tous deux de désigner librement ses bénéficiaires en dehors du partage successoral classique. En cas de décès du titulaire d’un PER avant 70 ans, la fiscalité reprend les mêmes abattements que l’assurance vie, soit 152 500 euros par bénéficiaire.
Mais l’assurance vie conserve un avantage structurel : ce n’est pas l’âge du décès qui compte, mais l’âge au moment du versement des primes. L’abattement de 152 500 euros par bénéficiaire vaut pour toute somme versée avant 70 ans.
Le PER, lui, est moins protecteur sur ce point dès lors que le décès survient après 70 ans. Cette mesure peut inciter les plus de 70 ans à réorienter une partie de leur stratégie vers l’assurance vie, qui conserve ses avantages successoraux.
Pour les profils dont la transmission du patrimoine est une priorité, l’assurance vie reste l’enveloppe de référence.
Voici les critères essentiels résumés :
Critère | PER individuel | Assurance vie |
Déduction fiscale à l’entrée | Oui (jusqu’à 70 ans en 2026) | Non |
Disponibilité des fonds | Bloqués jusqu’à la retraite | Libre à tout moment |
Fiscalité à la sortie | IR sur les versements, PFU 31,4% sur les gains | Abattement après 8 ans, PFU 30% sur les gains |
Transmission avant 70 ans | 152 500 € par bénéficiaire | 152 500 € par bénéficiaire |
Transmission après 70 ans | Abattement réduit à 30 500 € global | Avantage maintenu si primes versées avant 70 ans |
Souplesse des versements | Libre | Libre |
Report des plafonds | 5 ans depuis 2026 | Sans objet |
Il n’existe pas de réponse universelle. La décision dépend de votre situation, de votre horizon, et de vos objectifs.
Le PER individuel s’impose naturellement si :
L’assurance vie reste incontournable si :
En synthèse, le PER est particulièrement intéressant, en complément de l’assurance vie, à partir de la tranche marginale d’imposition à 30%.
La vraie bonne nouvelle, c’est que la question n’est pas toujours binaire. Plutôt que de les opposer, PER et assurance vie forment un tandem performant. Cette complémentarité s’articule autour de l’optimisation, la diversification des objectifs et l’étalement des risques.
Une stratégie courante consiste à alimenter le PER pendant les années de revenus élevés, pour profiter à plein de la déductibilité, puis à laisser l’assurance vie jouer son rôle de réserve flexible et d’outil de transmission. La combinaison des deux enveloppes permet de couvrir simultanément la préparation de la retraite, la disponibilité du capital et l’organisation successorale.
C’est d’autant plus pertinent depuis 2026 : le PER est un outil puissant avant 70 ans, l’assurance vie prend le relais naturellement au-delà.
Choisir entre PER individuel et assurance vie, ou décider de les articuler ensemble, n’est pas une décision que l’on prend seul sur un tableau comparatif. Elle dépend de votre tranche marginale d’imposition, de votre horizon de retraite, de votre situation familiale et de vos objectifs successoraux.
Les conseillers d’ARTES Patrimoine accompagnent leurs clients dans la construction et l’arbitrage de leurs enveloppes d’épargne, avec une approche globale qui intègre fiscalité, retraite et transmission. Si vous souhaitez faire le point sur votre stratégie, notre équipe est disponible pour un premier échange sans engagement.
Non. À partir de 70 ans, les versements réalisés sur un PER ne sont plus déductibles du revenu imposable depuis le 1er janvier 2026. Le plan reste accessible aux versements, mais sans avantage fiscal à l’entrée. L’assurance vie devient alors une alternative successorale plus intéressante à cet âge.
Avec un contrat d’assurance vie, la part du capital représentative des versements échappe à l’impôt. Les gains sont soumis au PFU, maintenu à 30% pour l’assurance vie. Sur le PER, les versements ayant bénéficié d’une déduction sont imposés au barème de l’IR à la sortie, et les gains supportent un PFU de 31,4% depuis 2026. L’assurance vie est donc plus douce à la sortie, ce qui nuance l’avantage du PER selon le profil fiscal de chacun.
Oui, dans des cas précis. La loi prévoit plusieurs motifs de déblocage anticipé : acquisition de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint ou partenaire de Pacs, surendettement, expiration des droits au chômage, cessation d’activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire. Hors de ces cas, les fonds restent bloqués jusqu’au départ en retraite.
Jusqu’en 2025, vous pouviez utiliser sur l’année courante les plafonds de déduction PER non consommés des trois années précédentes. À partir des sommes versées en 2026, ce délai passe à cinq ans. C’est particulièrement utile pour les indépendants à revenus volatils, les héritiers ayant reçu un capital, ou les cadres qui ont touché un bonus exceptionnel.
Les deux, dans la grande majorité des cas. Pour choisir entre assurance vie et PER en 2026, il faut évaluer ses objectifs financiers. L’assurance vie offre flexibilité et avantages fiscaux après 8 ans, tandis que le PER permet des déductions fiscales sur les versements mais bloque les fonds jusqu’à la retraite. Combiner les deux peut être une option. Cette combinaison permet d’optimiser à la fois la fiscalité de la phase d’accumulation et celle de la transmission.
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