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Comment ouvrir un PER : guide pas à pas et fiscalité

Un versement de 5 000 € sur un PER en fin d’année peut faire économiser jusqu’à 2 250 € d’impôt sur le revenu à un contribuable dans la tranche à 45 %. C’est ce mécanisme, simple sur le papier mais souvent mal exploité, qui pousse chaque année davantage de salariés, d’indépendants et de dirigeants à ouvrir un PER. Pourtant, entre le choix de l’établissement, le calcul du plafond de déduction et les nouvelles règles issues de la loi de finances 2026, la démarche soulève encore beaucoup de questions.

Ce guide détaille, étape par étape, comment ouvrir un plan d’épargne retraite, quels documents préparer, et comment fonctionne sa fiscalité aujourd’hui.


Qu’est-ce qu’un PER et à quoi sert-il ?

Le plan d’épargne retraite (PER) est un produit d’épargne à long terme créé par la loi Pacte de 2019. Il remplace progressivement les anciens contrats (PERP, Madelin, article 83, PERCO) tout en conservant leurs avantages fiscaux.

Le principe est simple : vous versez de l’argent pendant votre vie active, ces sommes sont investies sur des supports financiers, et vous les récupérez à la retraite sous forme de capital, de rente, ou d’un mélange des deux. En contrepartie du blocage de l’épargne jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé), l’État accorde un avantage fiscal à l’entrée : chaque versement volontaire peut être déduit de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel.

Le PER se décline en trois compartiments : le PER individuel (PERin), ouvert à tous, le PER d’entreprise collectif, et le PER d’entreprise obligatoire. Cet article se concentre sur le PER individuel, celui que l’on ouvre soi-même, sans passer par un employeur.


Qui peut ouvrir un PER individuel ?

Aucune condition de statut professionnel ni de revenu minimum n’est exigée. Depuis le 1er janvier 2024, il faut simplement être majeur pour souscrire un PER individuel. Concrètement, cela concerne :

  • les salariés du privé et les fonctionnaires ;
  • les travailleurs non salariés (TNS), professions libérales et chefs d’entreprise ;
  • les demandeurs d’emploi et les personnes sans activité ;
  • les retraités, qui peuvent continuer à alimenter un PER, avec une nuance fiscale importante détaillée plus bas.


Un dirigeant d’entreprise a donc tout intérêt à examiner cette option au même titre qu’un salarié, mais avec un calcul de plafond différent, plus favorable dans son cas.


Comment ouvrir un PER : le guide étape par étape

Étape 1 : définir vos objectifs et votre horizon de placement

Avant même de comparer les contrats, posez-vous la question de l’usage prévu : simple complément de retraite, réduction d’impôt ponctuelle liée à une année de revenus élevés, ou stratégie de transmission patrimoniale. Cette réponse oriente le choix du mode de gestion et la répartition entre fonds en euros et unités de compte.

Étape 2 : choisir l’établissement et le contrat

Trois familles d’acteurs proposent des PER individuels : les banques traditionnelles, les compagnies d’assurance, et les plateformes en ligne ou les cabinets de conseil en gestion de patrimoine. Les critères de comparaison à examiner de près sont les frais d’entrée, les frais de gestion annuels, la diversité des supports d’investissement disponibles et la qualité de la gestion pilotée proposée par défaut. Un accompagnement par un conseiller permet souvent d’éviter les contrats aux frais élevés ou aux supports mal adaptés à votre profil de risque.

Étape 3 : choisir le mode de gestion

Deux options s’offrent à vous. La gestion pilotée, qui ajuste automatiquement la répartition de votre épargne selon votre horizon de départ à la retraite (plus dynamique au début, plus prudente à l’approche de l’échéance). Et la gestion libre, où vous sélectionnez vous-même vos supports. La gestion pilotée est le mode par défaut sur la plupart des contrats, et elle convient à la majorité des épargnants qui ne souhaitent pas suivre les marchés au quotidien.

Étape 4 : constituer le dossier de souscription

Une fois le contrat sélectionné, il faut remplir le formulaire d’adhésion et fournir les pièces justificatives demandées par l’organisme.

Étape 5 : signer et effectuer le versement initial

La signature peut se faire électroniquement pour la plupart des contrats en ligne. Un versement initial est généralement requis à l’ouverture, son montant minimum variant selon les établissements, de quelques centaines d’euros pour les plateformes digitales à des montants plus élevés chez certains assureurs traditionnels.

Étape 6 : programmer vos versements et suivre votre épargne

Vous pouvez ensuite alimenter votre PER par des versements ponctuels ou programmés, selon votre capacité d’épargne. Un suivi régulier permet d’ajuster la répartition de vos investissements à mesure que votre horizon de retraite se rapproche.


Quels documents fournir pour ouvrir un PER ?

Le dossier de souscription demande généralement :

  • une pièce d’identité en cours de validité (carte nationale d’identité, passeport ou titre de séjour) ;
  • un justificatif de domicile récent ;
  • un relevé d’identité bancaire (RIB) ;
  • selon les établissements, un justificatif de revenus, notamment pour les indépendants dont le plafond de déduction dépend directement des bénéfices professionnels.


Les contrats souscrits en ligne permettent le plus souvent de téléverser ces documents directement depuis un espace sécurisé, ce qui accélère nettement le délai d’ouverture par rapport à un rendez-vous en agence.


Quelle fiscalité du PER en 2026 ?

C’est le point que les épargnants comprennent le moins bien, et pourtant c’est celui qui détermine l’intérêt réel du produit.

Le plafond de déduction fiscale

Chaque versement volontaire peut être déduit de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond de déduction fiscale calculé individuellement et indiqué sur votre avis d’imposition, à la rubrique « Plafond épargne retraite ». Ce plafond dépend du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € pour 2026, en hausse de 2 % par rapport à 2025.

Pour un salarié, le plafond de déduction 2026 correspond au plus élevé des deux montants suivants : 10 % des revenus professionnels nets de l’année précédente, dans la limite de huit fois le PASS, soit un maximum autour de 37 680 € ; ou 10 % du PASS de l’année, soit un minimum forfaitaire d’environ 4 806 €. Ce second montant s’applique notamment aux personnes aux revenus modestes ou sans activité.

Pour un travailleur non salarié, le calcul intègre une majoration supplémentaire qui porte le plafond maximal jusqu’à environ 88 911 € en 2026, un écart considérable qui rend le PER particulièrement puissant pour les indépendants et les dirigeants en année de forts bénéfices.

Le report des plafonds non utilisés

Si vous n’utilisez pas la totalité de votre plafond une année donnée, le reliquat n’est pas perdu. La loi de finances 2026 a étendu ce mécanisme de report : les plafonds non consommés peuvent désormais être mobilisés pendant cinq ans, contre trois ans auparavant. Cela ouvre une fenêtre de six ans au total (année en cours plus cinq années de report) pour utiliser pleinement vos droits, une flexibilité précieuse pour lisser des versements importants sur plusieurs exercices ou anticiper une année de revenus élevés.

La mutualisation entre conjoints

Les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent mutualiser leurs plafonds respectifs, en cochant la case 6QR de leur déclaration de revenus. Le conjoint qui dispose du plafond le plus élevé peut ainsi utiliser la part non consommée de son partenaire, ce qui maximise l’économie d’impôt du foyer.

Ce qui change après 70 ans

Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER après le 70e anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles du revenu imposable. Il reste possible d’ouvrir ou d’alimenter un PER passé cet âge, mais l’avantage fiscal à l’entrée disparaît. En contrepartie, la fraction du capital correspondant à ces versements non déduits est exonérée d’impôt à la sortie, un point à intégrer dans une réflexion patrimoniale et successorale plus large.

La fiscalité à la sortie

L’avantage fiscal du PER n’est pas gratuit : il se traduit par une imposition décalée à la sortie. Si vous avez déduit vos versements, le capital retiré est imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu, sans prélèvements sociaux. Si vous récupérez votre épargne sous forme de rente, celle-ci est taxée selon le régime des pensions, avec des prélèvements sociaux désormais fixés à 18,6 % (contre 17,2 % auparavant). Pour la part de vos versements que vous n’auriez pas déduite, ni l’impôt sur le revenu ni les prélèvements sociaux ne s’appliquent au capital, seuls les gains générés restent taxés, au taux global de 31,4 % en 2026.

L’intérêt du PER dépend donc largement de votre tranche marginale d’imposition (TMI) au moment des versements, comparée à celle que vous anticipez à la retraite. Plus votre TMI actuelle est élevée (30 %, 41 % ou 45 %), plus la déduction immédiate a de la valeur. À l’inverse, pour un foyer faiblement imposé (TMI à 11 % ou non imposable), d’autres enveloppes comme l’assurance vie ou le PEA peuvent s’avérer plus pertinentes, ou du moins mériter d’être comparées avant de déduire systématiquement.


PER individuel ou PER d’entreprise : quelle différence ?

Le PER d’entreprise collectif ou obligatoire est mis en place par l’employeur, avec des règles d’alimentation spécifiques (intéressement, participation, abondement). Le PER individuel, lui, repose exclusivement sur vos versements volontaires et reste accessible indépendamment de votre situation professionnelle. Si votre employeur propose un PER collectif, il est souvent judicieux de le cumuler avec un PER individuel pour bénéficier à la fois de l’abondement employeur et d’une gestion patrimoniale personnalisée.

De nombreux clients d’ARTES Patrimoine hésitent également entre un PER et une assurance vie pour organiser leur épargne à moyen et long terme. Les deux enveloppes répondent à des logiques différentes, en particulier sur la disponibilité des fonds et le traitement fiscal à la sortie. Nous avons détaillé cette comparaison dans notre article PER individuel vs assurance vie : quel choix en 2026 ?

Nos conseils avant d’ouvrir votre PER

Quelques points de vigilance, souvent négligés, méritent d’être vérifiés avant de signer :

  • Vérifiez le montant minimum de versement initial et récurrent, il varie fortement d’un établissement à l’autre.
  • Comparez les frais sur versement et de gestion annuelle, un écart de 0,5 % de frais de gestion peut représenter plusieurs milliers d’euros sur vingt ans.
  • Anticipez votre plafond de déduction sur plusieurs années, plutôt que de raisonner uniquement sur l’exercice en cours, surtout si vos revenus sont irréguliers.
  • Interrogez les modalités de sortie, capital, rente, ou sortie fractionnée, avant de vous engager, car cette question conditionne la stratégie de gestion à adopter dès l’ouverture.
  • N’ouvrez pas un PER par simple réflexe de fin d’année, la déduction fiscale n’a de sens que si elle s’intègre dans une stratégie patrimoniale cohérente, tenant compte de votre TMI, de votre âge et de vos autres placements.


ARTES Patrimoine vous accompagne dans l’ouverture de votre PER

Ouvrir un PER soulève des choix qui dépassent le simple formulaire de souscription : quel plafond utiliser cette année, quel mode de gestion privilégier, comment articuler cette enveloppe avec votre assurance vie ou vos autres investissements. ARTES Patrimoine accompagne ses clients dirigeants, cadres et investisseurs dans la gestion de leur patrimoine et dans l’ouverture de leur PER, avec une approche adaptée à leur situation fiscale et à leurs objectifs de long terme. Si vous souhaitez faire le point sur votre stratégie de retraite, notre équipe reste disponible pour en discuter.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Ouvrir un PER

Quel est l'âge minimum pour ouvrir un PER ?

Il faut être majeur, soit 18 ans révolus, pour souscrire un PER individuel. Il n’existe pas d’âge maximum légal, mais certains assureurs fixent une limite dans leurs conditions générales, souvent entre 67 et 75 ans.

Combien coûte l'ouverture d'un PER ?

Cela dépend de l’établissement. Les plateformes en ligne suppriment fréquemment les frais d’entrée et de dossier, tandis que certains contrats traditionnels facturent des frais d’adhésion pouvant atteindre plusieurs dizaines d’euros. Le versement initial minimum varie également, de quelques centaines d’euros à un montant plus élevé selon les acteurs.

Peut-on ouvrir plusieurs PER en même temps ?

Oui, rien n’interdit de détenir plusieurs PER individuels. En revanche, le plafond de déduction fiscale s’apprécie globalement, sur l’ensemble de vos versements toutes enveloppes confondues, et non contrat par contrat.

Un retraité peut-il encore ouvrir un PER ?

Oui, aucune condition de statut professionnel ne l’empêche. Avant 70 ans, les versements restent déductibles dans la limite du plafond. Après 70 ans, la déduction fiscale à l’entrée disparaît, mais le PER conserve un intérêt pour la capitalisation et la transmission du capital.

Comment connaître mon plafond de déduction disponible ?

Le montant figure sur votre avis d’imposition, à la rubrique « Plafond épargne retraite ». Il additionne le plafond calculé sur vos revenus de l’année précédente et les reliquats non utilisés des cinq années antérieures. Il est également consultable dans votre espace personnel sur impots.gouv.fr.

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