Retraite 16 septembre 2026 Combien faut-il épargner pour avoir une retraite confortable ? Un cadre supérieur qui gagne 5 000 euros nets par mois touchera, une fois à la retraite, entre 2 250 et 2 750 euros. C’est le calcul brutal que révèle le taux de remplacement, ce rapport entre la dernière rémunération et la première pension. Plus les revenus sont élevés, plus la chute est marquée, et plus l’épargne retraite devient une nécessité plutôt qu’une option. La question n’est donc pas de savoir s’il faut épargner, mais combien. Et la réponse dépend d’un calcul retraite précis, propre à chaque situation : niveau de revenus, âge de départ souhaité, régime de retraite, train de vie visé. Cet article détaille la méthode pour estimer ce montant, du repérage de son taux de remplacement jusqu’au choix des enveloppes d’épargne adaptées. Qu’est-ce qu’une retraite confortable ? Il n’existe pas de définition unique d’une retraite confortable. Pour un salarié habitué à un train de vie modeste, maintenir 70 % de ses revenus suffit largement. Pour un dirigeant ou un cadre supérieur habitué à un niveau de vie élevé, avec des charges fixes importantes (crédit immobilier, scolarité des enfants, projets de voyage), le même pourcentage peut représenter une perte de plusieurs milliers d’euros par mois. La règle empirique la plus citée fixe l’objectif entre 60 et 75 % du dernier revenu net d’activité pour maintenir un niveau de vie équivalent, une fois pris en compte la baisse de certaines charges (fin de crédit, enfants indépendants, absence de cotisations retraite). Mais ce chiffre reste une base de travail, pas une vérité universelle. Un couple sans enfant à charge et sans crédit en cours peut viser moins. Un dirigeant qui prévoit de continuer à voyager, à recevoir sa famille ou à soutenir ses enfants aura besoin de plus. La bonne approche consiste à partir de son budget réel plutôt que d’un pourcentage théorique : lister ses dépenses incompressibles, ses postes de plaisir, et construire l’objectif de revenu à partir de là. Le taux de remplacement, point de départ de tout calcul Le taux de remplacement mesure la part du dernier salaire que la pension de retraite vient couvrir. En France, la moyenne nationale tourne autour de 65,6 % du revenu d’activité net, tous régimes confondus. Mais cette moyenne masque de très fortes disparités selon le statut et le niveau de revenus. Voici les ordres de grandeur observés en 2026 selon les profils : Salarié au SMIC : environ 70 à 80 % du dernier salaire, grâce au minimum contributif Salarié non cadre (2 000 à 2 500 euros bruts) : environ 65 à 75 % Cadre moyen (2 500 à 4 000 euros bruts) : environ 55 à 65 % Cadre supérieur (plus de 4 000 euros bruts) : environ 35 à 50 % Profession libérale ou indépendant : entre 30 et 50 % selon la caisse de rattachement L’explication tient au mode de calcul de la retraite de base, plafonnée au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 euros en 2026. Au-delà de ce seuil, les cotisations ne génèrent plus de droits proportionnels équivalents, ce qui pénalise mécaniquement les hauts revenus. Un dirigeant ou un cadre supérieur cotise sur l’intégralité de son salaire, mais ne récupère des droits pleins que sur la tranche inférieure au PASS. Pour connaître son propre taux, deux options : consulter son relevé de situation individuelle sur le site info-retraite.fr, ou utiliser le simulateur officiel M@rel, qui donne une estimation basée sur la carrière déjà enregistrée. La méthode de calcul en quatre étapes Une fois le taux de remplacement estimé, le calcul retraite se déroule en quatre étapes. Étape 1 : définir le revenu mensuel cible Partez de votre dernier salaire net et appliquez le pourcentage de maintien de niveau de vie souhaité. Exemple : un cadre supérieur avec 6 000 euros nets par mois qui vise 70 % de son niveau de vie a besoin de 4 200 euros nets mensuels à la retraite. Étape 2 : estimer la pension attendue À partir du taux de remplacement de son profil, on obtient une estimation de la pension future. Pour ce même cadre supérieur, avec un taux de remplacement de 45 %, la pension estimée s’élève à 2 700 euros nets par mois. Étape 3 : calculer le déficit mensuel et annuel La différence entre le revenu cible et la pension estimée donne le déficit à combler par l’épargne personnelle. Dans notre exemple : 4 200 moins 2 700, soit 1 500 euros par mois, ou 18 000 euros par an. Étape 4 : convertir ce déficit en capital cible C’est ici qu’intervient la règle des 4 %, largement utilisée en gestion de patrimoine pour estimer le capital nécessaire à un complément de revenu durable. Elle part du principe qu’un retrait annuel de 4 % d’un capital correctement diversifié peut être maintenu sur une longue durée sans épuiser le portefeuille. Le calcul : capital cible = déficit annuel divisé par 4 %, soit multiplié par 25. Pour notre exemple : 18 000 euros multipliés par 25, soit 450 000 euros de capital à constituer. Certains conseillers préfèrent une version plus prudente, avec un taux de retrait de 3,5 %, ce qui porte le capital cible à environ 514 000 euros pour le même déficit. Le choix du taux dépend de l’espérance de vie visée, du profil de risque du portefeuille et de la fiscalité applicable aux retraits, notamment le prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les gains des produits financiers. Combien épargner chaque mois selon son âge et son profil ? Le montant à épargner mensuellement dépend directement de l’horizon de placement. Plus le point de départ est précoce, plus l’effet des intérêts composés réduit l’effort mensuel nécessaire pour atteindre le même capital. Voici des ordres de grandeur, pour un rendement moyen de 4 à 5 % par an (portefeuille diversifié entre unités de compte et fonds euros) : Capital cible Épargne mensuelle sur 30 ans
Assurance Vie ou PEA : Comparatif Fiscalité 2026
Assurance vie, Fiscalité 8 septembre 2026 Assurance vie ou PEA : lequel choisir pour investir en bourse ? Un chiffre suffit à planter le décor. En 2026, les prélèvements sociaux sur un PEA passent à 18,6 %, contre 17,2 % pour une assurance vie. Un écart qui semble minime sur le papier, mais qui change concrètement la donne pour qui veut investir en bourse sur le long terme. Beaucoup d’épargnants lyonnais nous posent la même question en rendez-vous : faut-il ouvrir un PEA ou une assurance vie pour se positionner sur les marchés actions ? La réponse n’est pas universelle. Elle dépend de votre horizon de placement, de votre besoin de liquidité et de vos objectifs de transmission. Cet article détaille la fiscalité du PEA et celle de l’assurance vie en 2026, compare leur fonctionnement, et vous aide à identifier l’enveloppe la mieux adaptée à votre situation. Le PEA, l’enveloppe dédiée aux actions européennes ? Le plan d’épargne en actions, plus connu sous son sigle PEA, a été conçu pour un objectif précis : encourager l’investissement des particuliers dans les entreprises européennes. Concrètement, il permet de loger des actions cotées, des ETF éligibles et des parts d’OPCVM investis à au moins 75 % en actions européennes. Le PEA classique est plafonné à 150 000 euros de versements. Il existe aussi le PEA-PME, dédié aux petites et moyennes entreprises, cumulable avec le PEA classique dans la limite de 225 000 euros au total. Contrairement à un compte-titres ordinaire, le PEA ne peut accueillir ni obligations, ni actions américaines ou asiatiques en direct, ni fonds euros. C’est une enveloppe pensée exclusivement pour la performance actions, avec les risques de volatilité que cela implique. Un point mérite d’être clarifié tout de suite : un retrait avant les 5 ans du plan entraîne, sauf exception, la clôture définitive du PEA. Après 5 ans, un retrait partiel est possible sans fermer le plan, et vous conservez la faculté d’effectuer de nouveaux versements. C’est une différence de taille avec l’assurance vie, où les rachats partiels n’ont jamais d’incidence sur la poursuite du contrat. L’assurance vie, un outil d’épargne polyvalent ? L’assurance vie reste le placement préféré des Français, avec plus de 1 900 milliards d’euros d’encours. Son succès tient à sa polyvalence : elle permet d’investir sur un fonds euros à capital garanti, sur des unités de compte exposées aux marchés actions, à l’immobilier via des SCPI, ou aux obligations, le tout dans une seule et même enveloppe. Contrairement au PEA, l’assurance vie n’impose aucune contrainte géographique. Vous pouvez loger des unités de compte investies sur des actions américaines, asiatiques ou émergentes, ce qui en fait un support plus adapté à une diversification internationale. L’autre différence majeure concerne la liquidité et la transmission. Un rachat partiel sur une assurance vie n’entraîne jamais la clôture du contrat, quelle que soit son ancienneté. Et en cas de décès, les capitaux transmis aux bénéficiaires désignés bénéficient d’un régime successoral distinct du droit commun, avec un abattement pouvant atteindre 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans. C’est un avantage que le PEA ne propose pas : à la mort du titulaire, le plan est automatiquement clôturé et intégré à la succession classique. Fiscalité du PEA en 2026 : ce qui change vraiment ? La fiscalité du PEA reste l’un des arguments les plus solides en sa faveur, à condition de respecter la règle des 5 ans. Voici ce qu’il faut retenir pour 2026. Avant 5 ans, un retrait déclenche la clôture du plan (sauf cas particuliers comme la création d’entreprise) et les gains sont taxés à 31,4 %, soit 12,8 % au titre du prélèvement forfaitaire unique et 18,6 % de prélèvements sociaux. Après 5 ans, les plus-values sont totalement exonérées d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux s’appliquent, désormais fixés à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026, contre 17,2 % auparavant. Cette hausse résulte de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui a relevé la contribution sociale généralisée sur les revenus du capital. Concrètement, sur un retrait après 5 ans, chaque euro de gain vous coûte 18,6 centimes de prélèvements sociaux, et rien d’autre. C’est un régime nettement plus favorable que celui d’un compte-titres ordinaire, soumis à la flat tax complète de 31,4 %. À noter : dépasser le plafond de versement expose à une amende fiscale de 2 % sur la part excédentaire, avec un risque de clôture du plan. Il est donc essentiel de suivre ses versements cumulés, surtout si vous détenez plusieurs enveloppes ouvertes à des dates différentes. Fiscalité de l’assurance vie en 2026 : la stabilité comme atout ? Alors que le PEA voit sa fiscalité s’alourdir, l’assurance vie a été explicitement exclue de la hausse de la CSG prévue par la loi de financement de la sécurité sociale 2026. Ses prélèvements sociaux restent donc à 17,2 %, un point que beaucoup de conseillers en gestion de patrimoine mettent aujourd’hui en avant. Avant 8 ans, les gains rachetés sont soumis au PFU de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif si celui-ci s’avère plus avantageux compte tenu de votre tranche marginale d’imposition. Après 8 ans, un abattement annuel s’applique sur les gains retirés : 4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune. Au-delà de cet abattement, le taux d’imposition tombe à 7,5 % pour les versements inférieurs à 150 000 euros, contre 12,8 % au-delà de ce seuil. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent quant à eux sur la totalité des gains, abattement ou non. Prenons un exemple concret. Un couple avec un contrat de plus de 8 ans, alimenté par 120 000 euros de versements, retire 12 000 euros de gains dans l’année. L’abattement de 9 200 euros s’impute en premier : il ne reste que 2 800 euros imposables à 7,5 %, soit 210 euros d’impôt sur le
Inflation 2026 : comment protéger son épargne quand les taux réglementés ne suivent plus ?
Économie 2 septembre 2026 Inflation 2026 : comment protéger son épargne quand les taux réglementés ne suivent plus ? Vous avez sans doute reçu la notification de votre banque en août dernier, le taux du Livret A grimpe à 1,70%. Une bonne nouvelle en apparence. Sauf que l’inflation tourne, au même moment, autour de 2,4% sur un an selon les données provisoires de l’Insee. Faites le calcul, votre épargne dite « sans risque » perd du pouvoir d’achat chaque mois qui passe. Ce n’est pas un accident de parcours. C’est la situation dans laquelle se trouvent, en cette rentrée 2026, des millions d’épargnants français, et en particulier les dirigeants et cadres supérieurs qui ont constitué une trésorerie personnelle importante ces dernières années sur des supports jugés sûrs. Le problème, c’est que « sûr » ne veut plus dire « protégé de l’inflation ». Pourquoi l’inflation est-elle repartie en 2026 ? Après une année 2025 étonnamment calme (0,9% d’inflation en moyenne selon l’Insee), le retournement de 2026 a pris beaucoup de monde de court. La cause principale n’est pas franco-française, elle vient du conflit au Moyen-Orient, qui a fait bondir les prix du pétrole et du gaz dès la fin février 2026. Cette flambée s’est propagée assez vite aux prix du carburant, puis à l’ensemble de l’économie. Dans sa note de conjoncture de juin, l’Insee table sur une inflation moyenne d’environ 2% pour l’année, avec une inflation hors énergie plus contenue, autour de 1,5%. En pratique, les chiffres observés depuis le printemps sont déjà un peu au-dessus de ces prévisions : 1,8% sur un an en juin, puis une estimation provisoire proche de 2,4% en août. La Banque de France et l’Insee doivent d’ailleurs réviser leurs projections à la mi-septembre, un rendez-vous à surveiller si vous pilotez de près votre allocation d’épargne. Ce qui change la donne, ce n’est pas tant le niveau de l’inflation, encore raisonnable au regard des standards historiques, que le contraste avec des taux d’épargne réglementée qui n’ont pas eu le temps de s’ajuster. Le mécanisme de révision du Livret A fonctionne avec un décalage structurel : le taux est calculé à partir de la moyenne de l’inflation et des taux interbancaires observés sur les six mois précédents, puis figé pour les six mois suivants. Quand l’inflation accélère brutalement, comme en 2026, l’épargnant encaisse le choc avant que le taux ne rattrape son retard. C’est précisément la situation actuelle. Certains calculs théoriques évoquent un taux qui pourrait dépasser 2% lors de la prochaine révision de février 2027, si la tendance observée cet été se confirme. Mais d’ici là, l’écart entre inflation et rendement continue de jouer contre l’épargnant. Le Livret A et l’assurance vie tiennent-ils encore la route face à l’inflation ? Voici le cœur du problème. Le taux du Livret A a d’abord baissé à 1,50% au 1er février 2026, avant de remonter à 1,70% au 1er août, une première revalorisation depuis 2023. Sur le papier, la hausse est positive. Face à une inflation qui dépasse 2%, elle reste pourtant insuffisante : le rendement réel du Livret A, c’est-à-dire son rendement une fois l’inflation déduite, est négatif d’environ 0,5 à 0,7 point selon les mois. Le placement reste net d’impôt et sans risque, mais il ne protège plus le pouvoir d’achat. Le LEP (livret d’épargne populaire), à 2,5% net pour les ménages éligibles sous conditions de ressources, s’en sort mieux, mais son plafond de versement reste modeste et son accès conditionné, ce qui en limite l’intérêt pour la clientèle patrimoniale que nous accompagnons. Du côté de l’assurance vie, les fonds en euros ont plutôt bien résisté. Le rendement moyen s’est établi à 2,65% en 2025 selon l’ACPR, un niveau stable depuis 2024, porté par des acteurs qui vont de 2,20% à plus de 3,50% selon les contrats. Les prévisions pour 2026 anticipent un léger tassement, entre 2,2% et 2,5% en moyenne. Avec une inflation qui s’approche de 2%, le rendement réel des fonds euros reste positif, mais la marge se resserre nettement par rapport à 2025, où elle avoisinait encore +1,7 point. Deux enseignements pour vous : premièrement, tous les contrats ne se valent pas, l’écart entre le meilleur et le moins bon fonds euros du marché dépasse parfois 1,5 point ; deuxièmement, laisser dormir une trésorerie importante uniquement sur des fonds en euros ou des livrets devient, dans ce contexte, un choix qui coûte cher sur la durée. Quels leviers activer pour préserver son pouvoir d’achat patrimonial ? Pas question de tout bouleverser à chaque variation de l’inflation. En revanche, vérifier que votre allocation correspond toujours à votre horizon et à votre tolérance au risque, et corriger ce qui doit l’être, c’est un réflexe de rentrée qui a du sens cette année plus qu’une autre. Réévaluer la part de trésorerie dormante. Une épargne de précaution de 3 à 6 mois de charges sur un Livret A ou un LDDS reste indispensable. Au-delà, chaque euro qui stagne perd mécaniquement en valeur réelle. Pour un dirigeant qui a constitué, via sa société, une trésorerie excédentaire, la question se pose dans les mêmes termes : un compte courant d’associé ou un placement de trésorerie d’entreprise mal rémunéré subit la même érosion que l’épargne personnelle. Diversifier vers les unités de compte, avec méthode. Les UC des contrats d’assurance vie ont affiché une performance nette moyenne de 4,7% en 2025, largement au-dessus des fonds euros, mais avec un risque de perte en capital qui suppose un horizon de placement d’au moins 5 à 8 ans et une allocation cohérente avec votre profil. La gestion pilotée, qui délègue les arbitrages à un professionnel selon un profil de risque défini à l’avance, permet d’introduire cette diversification progressivement plutôt que par à-coups. Revenir sur les actifs réels. L’immobilier locatif, la pierre-papier via des SCPI, ou des solutions de nue-propriété offrent une protection historique contre l’inflation, les loyers et les valeurs foncières ayant tendance à suivre, avec retard, la hausse des prix. Ce mécanisme fonctionne particulièrement bien sur des baux indexés (indice de
Investir en Nue-Propriété : Avantages, Fiscalité et Cas Pratique
Fiscalité, Patrimoine 24 août 2026 Investir dans la nue-propriété : avantages, fiscalité et cas pratique Un bien acheté 30 à 40 % moins cher que sa valeur réelle, sans loyer à déclarer pendant quinze ans et exclu de l’assiette de l’IFI. Sur le papier, l’investissement en nue-propriété ressemble presque trop à un bon plan. Il ne l’est pourtant ni pour tout le monde, ni dans n’importe quelles conditions. Ce mécanisme, hérité du droit civil français, séduit de plus en plus de contribuables fortement imposés qui cherchent à investir dans l’immobilier sans alourdir leur fiscalité courante. Encore faut il comprendre ce qui se joue réellement derrière la décote, savoir ce que l’administration fiscale accepte ou refuse, et connaître les pièges d’un marché secondaire plus étroit qu’on ne l’imagine. Cet article détaille le fonctionnement de la nue-propriété, ses avantages fiscaux concrets, ses limites, et propose un cas chiffré pour objectiver la décision. Qu’est-ce que la nue-propriété ? La nue-propriété est l’un des deux droits qui composent la pleine propriété d’un bien, l’autre étant l’usufruit. Le nu-propriétaire détient le bien, mais ne peut ni l’occuper ni en percevoir les revenus tant que l’usufruit n’est pas éteint. L’usufruitier, de son côté, a le droit d’usage et de jouissance : il habite le logement ou en perçoit les loyers. Ce démembrement de propriété peut naître de deux façons. De manière viagère, lorsqu’un propriétaire donne la nue-propriété de son bien à ses enfants tout en conservant l’usufruit jusqu’à son décès. C’est l’outil de transmission le plus ancien du droit français. De manière temporaire, dans le cadre d’un investissement organisé. Un promoteur ou une société de gestion vend la nue-propriété à un investisseur particulier pour une durée fixée à l’avance (le plus souvent 15 à 20 ans), pendant que l’usufruit est cédé à un bailleur social ou institutionnel qui gère et loue le bien. C’est cette seconde forme, le démembrement temporaire, qui intéresse les investisseurs en quête de diversification et d’optimisation fiscale. Au terme convenu dans l’acte notarié, l’usufruit s’éteint automatiquement et le nu-propriétaire récupère la pleine propriété du bien, sans droits à payer ni formalité supplémentaire. Comment fonctionne concrètement l’achat en nue-propriété ? Le principe repose sur une équation simple. La valeur du bien est répartie entre la nue-propriété et l’usufruit selon un barème économique fixé par la société de gestion, ou selon le barème fiscal de l’article 669 du Code général des impôts pour certains actes. Sur des opérations de démembrement immobilier portant sur 15 à 20 ans, la décote se situe généralement entre 30 et 40 % en 2026, parfois davantage selon la durée retenue et le taux de distribution attendu. Un logement affiché à 300 000 € en pleine propriété peut ainsi être acquis en nue-propriété pour 180 000 à 195 000 €. Pendant toute la durée du démembrement, l’investisseur ne perçoit aucun loyer. C’est l’usufruitier, souvent un bailleur institutionnel dans le cadre d’un programme d’usufruit locatif social, qui encaisse les revenus locatifs, entretient le bien et assume les grosses réparations prévues à l’acte. Le nu-propriétaire n’a donc ni gestion locative, ni vacance à gérer, ni charges courantes à supporter. Ce montage se retrouve aussi sur des parts de SCPI en nue-propriété, une alternative plus liquide et plus accessible pour les investisseurs qui ne souhaitent pas porter un bien physique. Quels sont les avantages fiscaux de la nue-propriété ? C’est l’argument central du montage, et il mérite d’être détaillé point par point. Aucune fiscalité sur les revenus pendant le démembrement. Puisque le nu-propriétaire ne perçoit aucun loyer, il ne déclare aucun revenu foncier. Pour un contribuable à la tranche marginale d’imposition de 41 %, soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux, cela représente une économie fiscale directe sur chaque euro de loyer qu’il n’a pas à déclarer, alors qu’un investissement locatif classique aurait amputé ce rendement de plus de la moitié. L’exclusion de l’assiette de l’IFI. C’est le second pilier de l’attractivité du montage pour les patrimoines proches ou au dessus du seuil de 1,3 million d’euros. L’article 968 du Code général des impôts prévoit que c’est l’usufruitier qui déclare la valeur du bien en pleine propriété à l’impôt sur la fortune immobilière, et non le nu-propriétaire. Concrètement, un investisseur qui achète 180 000 € de nue-propriété représentant un bien de 300 000 € en pleine propriété ne déclare rien du tout à l’IFI sur cet actif, pendant toute la durée du démembrement. Cet avantage reste temporaire. À l’extinction de l’usufruit, le bien réintègre le patrimoine du nu-propriétaire à sa pleine valeur et redevient donc potentiellement taxable à l’IFI si le patrimoine net immobilier du foyer dépasse le seuil applicable à ce moment là. Une plus-value calculée sur le prix d’acquisition réduit. En cas de revente après reconstitution de la pleine propriété, la plus value immobilière se calcule à partir du prix payé pour la nue-propriété, et non de la valeur théorique du bien en pleine propriété au moment de l’achat. Associée aux abattements pour durée de détention, cette base réduite peut aboutir à une fiscalité de sortie très allégée, voire nulle après 22 ans pour l’impôt sur le revenu et 30 ans pour les prélèvements sociaux. Un outil de transmission efficace. Dans sa version viagère, la donation de nue-propriété permet de transmettre un bien à ses enfants en ne payant des droits de donation que sur la valeur de la nue-propriété, généralement bien inférieure à la valeur en pleine propriété selon le barème de l’usufruit économique lié à l’âge du donateur. Le survivant récupère ensuite l’usufruit sans fiscalité supplémentaire au décès. Cas pratique : simulation chiffrée sur 15 ans Prenons l’exemple d’un dirigeant de 52 ans, imposé à la tranche marginale de 41 %, redevable de l’IFI, qui dispose de 200 000 € d’épargne disponible et hésite entre un investissement locatif classique et un achat en nue-propriété. Option 1 : investissement locatif classique. Il achète un bien de 200 000 € en pleine propriété, le loue, et perçoit environ 8 000 € de loyers bruts annuels. Après TMI et prélèvements sociaux,
Madelin vs PER TNS : quel contrat retraite choisir ?
Retraite 17 août 2026 Contrat Madelin vs PER : quel produit retraite pour le TNS ? Un dentiste qui cotise depuis quinze ans sur un vieux contrat Madelin retraite peut aujourd’hui transférer son épargne vers un PER individuel, sans perdre un euro de déduction fiscale. Beaucoup de travailleurs non salariés l’ignorent encore. Résultat, des milliers de TNS (travailleur non salarié) continuent de verser sur un produit devenu moins souple que son successeur, simplement parce que personne ne leur a expliqué la différence. Si vous êtes gérant majoritaire, profession libérale, artisan ou commerçant, la question Madelin vs PER TNS revient presque à chaque bilan retraite. Les deux produits ouvrent droit à une déduction fiscale sur le bénéfice imposable, mais leurs règles de sortie, de transfert et de plafond ne se ressemblent plus depuis la loi PACTE de 2019. Cet article fait le point, chiffres 2026 à l’appui, pour vous aider à choisir le bon outil de retraite TNS. Qu’est-ce qu’un contrat Madelin retraite ? Le contrat Madelin retraite est né de la loi n° 94 126 du 11 février 1994, portée par Alain Madelin. L’objectif était simple, permettre aux travailleurs non salariés de se constituer une épargne retraite déductible, à une époque où seuls les salariés bénéficiaient d’un cadre équivalent. Concrètement, un TNS (profession libérale, artisan, commerçant, gérant majoritaire de SARL) souscrit ce contrat auprès d’un assureur et s’engage à verser des cotisations régulières. En échange, ces versements sont déductibles du bénéfice imposable, dans la limite d’un plafond calculé sur le PASS (plafond annuel de la sécurité sociale). Le contrat Madelin retraite a longtemps souffert de trois contraintes : Aucune sortie en capital à la retraite, uniquement une rente viagère. Un transfert vers un autre assureur quasiment impossible. Un déblocage anticipé limité à trois situations, le décès du conjoint, l’invalidité et le surendettement. Depuis 2020, la loi Madelin retraite n’est plus commercialisée. Les contrats existants continuent de fonctionner et de produire leurs effets, mais aucun nouveau contrat Madelin retraite ne peut être ouvert. C’est le PER individuel qui a pris le relais. Qu’est-ce qu’un PER individuel ? Le Plan d’Épargne Retraite (PER) a été créé par la loi PACTE du 22 mai 2019. Il remplace à la fois le contrat Madelin retraite, le PERP et le contrat Préfon, en un produit unique, transférable et plus souple. Pour un TNS, le PER individuel conserve le même principe fiscal, les versements sont déductibles du bénéfice imposable dans la limite d’un plafond propre au régime TNS, distinct de celui des salariés. Mais il ajoute trois évolutions majeures : La sortie en capital, en une fois ou de façon fractionnée, est possible à 100 % au moment de la retraite. Le déblocage anticipé est ouvert à cinq cas, dont l’achat de la résidence principale, en plus des trois cas déjà prévus par le Madelin. Le transfert entre assureurs est facilité et les frais sont désormais plafonnés. Le PER individuel s’adresse donc au même public que le Madelin, mais avec une architecture pensée pour évoluer selon la carrière et les besoins de trésorerie du dirigeant. Madelin vs PER TNS : les différences concrètes Sur le papier, les deux produits partagent la même finalité, capitaliser pour la retraite en réduisant sa base imposable. Dans la pratique, plusieurs points séparent nettement le contrat Madelin du PER TNS. La sortie à la retraite C’est la différence la plus commentée. Le Madelin impose une sortie en rente viagère, versée jusqu’au décès du titulaire. Le PER, lui, permet une sortie en capital intégrale, une rente, ou un mix des deux. Pour un TNS qui souhaite financer un projet précis à 65 ans, rembourser un emprunt ou transmettre plus facilement, cette flexibilité change tout. Les cas de déblocage anticipé Le Madelin retraite limite les sorties anticipées à trois situations, décès du conjoint, invalidité, surendettement. Le PER en ajoute deux, l’achat de la résidence principale et l’expiration des droits aux allocations chômage. Pour un indépendant confronté à un accident de parcours professionnel, cette souplesse supplémentaire n’est pas anecdotique. Le transfert et les frais Un contrat Madelin ne se transférait pratiquement jamais d’un assureur à un autre. Le PER, au contraire, a été pensé pour circuler. Un décret de 2024 plafonne désormais les frais de transfert à 1 % de l’encours avant cinq ans de détention, et à 0 % au delà. Un TNS insatisfait de la gestion ou des frais de son contrat peut donc en changer sans pénalité lourde. Le plafond de déduction fiscale C’est ici que les deux produits se rejoignent. Le plafond de déduction retraite est identique, qu’il s’agisse d’un Madelin conservé ou d’un PER, puisque les deux relèvent du même article 154 bis du Code général des impôts. Autrement dit, transférer son Madelin vers un PER ne change rien à l’enveloppe fiscale disponible, mais améliore les conditions de sortie. Quel plafond de déduction en 2026 pour un TNS ? Le calcul du plafond retraite pour un TNS suit une formule précise, indexée sur le PASS. Pour 2026, la base retenue par plusieurs cabinets spécialisés est un PASS fixé à 48 060 euros. La formule applicable est la suivante : 10 % du bénéfice imposable de l’année, plus 15 % de la part de ce bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Ce plafond retraite comporte un plancher et un plafond absolu : Plancher, 4 806 euros, soit 10 % du PASS, même en l’absence de bénéfice suffisant. Plafond maximal, 88 911 euros, atteint pour un bénéfice imposable de 8 PASS et plus. Un TNS peut, en parallèle, activer un second plafond dédié à la prévoyance et à la complémentaire santé, calculé selon une autre formule (3,75 % du bénéfice imposable plus 7 % du PASS), plafonnée à 11 534 euros environ. Les deux enveloppes ne s’annulent pas l’une l’autre. Autre nouveauté à connaître pour 2026, la loi de finances a porté le report des plafonds non utilisés de trois à cinq ans pour les droits nés depuis le 1er janvier 2026, et a supprimé la déductibilité des versements
Préparer sa retraite à 40 ans : le guide complet 2026
Retraite 10 août 2026 Préparer sa retraite à 40 ans : les stratégies à mettre en place dès maintenant 40 ans, c’est souvent l’âge où le sujet de la retraite cesse d’être une abstraction. Les enfants grandissent, le salaire progresse, et une question s’impose : est-ce que je fais vraiment tout ce qu’il faut pour ma retraite ? La réponse, dans la majorité des cas, est non. Selon les projections du Conseil d’Orientation des Retraites, le taux de remplacement, c’est à dire le rapport entre la dernière pension et le dernier salaire, continue de baisser d’année en année, en particulier pour les cadres et les dirigeants dont les revenus dépassent les plafonds de la Sécurité sociale. Préparer sa retraite à 40 ans n’est donc plus une option réservée aux prudents. C’est l’âge charnière où chaque année d’épargne supplémentaire compte double, grâce au temps qui reste pour faire fructifier les placements. Cet article détaille les leviers concrets à activer dès maintenant : épargne retraite, assurance vie, immobilier, et optimisation fiscale. Pourquoi 40 ans est le bon moment pour s’y mettre sérieusement ? Il y a une raison mathématique simple à cela : le temps. Un euro placé à 40 ans avec un horizon de 25 ans avant le départ à la retraite profite d’un effet de capitalisation nettement plus favorable qu’un euro placé à 55 ans. Sur des supports dynamiques, comme des unités de compte en actions, cet horizon long permet d’encaisser les creux de marché sans paniquer et de laisser jouer la performance sur la durée. Il y a aussi une raison plus personnelle. À 40 ans, la carrière est généralement bien engagée, les revenus sont stabilisés, et les grandes dépenses (achat de la résidence principale, jeunes enfants) sont souvent déjà absorbées ou en passe de l’être. C’est un moment où la capacité d’épargne réelle devient significative, sans pour autant sacrifier le niveau de vie du foyer. Enfin, il faut compter avec la réalité des réformes successives du système de retraite. L’âge légal recule, les règles de calcul évoluent, et la visibilité à long terme sur le montant des pensions publiques diminue. Se constituer un capital personnel, en parallèle du régime obligatoire, devient une manière de reprendre la main sur son avenir plutôt que de le subir. Faire le point sur sa situation avant d’agir Avant de choisir un outil ou un placement, il faut savoir d’où l’on part. Trois questions méritent une réponse chiffrée : Quel est mon relevé de carrière actuel, et quel montant de pension puis je espérer au régime obligatoire ? Quel niveau de vie je souhaite conserver à la retraite, en pourcentage de mes revenus actuels ? Quelle est ma capacité d’épargne mensuelle réelle, une fois les charges fixes couvertes ? Le relevé de situation individuelle, accessible sur le site info-retraite.fr, donne une première estimation. Elle est rarement rassurante pour les cadres supérieurs et les dirigeants, dont la part de rémunération au dessus du plafond de la Sécurité sociale n’est que faiblement prise en compte dans le calcul de la pension. C’est cette photographie initiale qui permet ensuite de dimensionner l’effort d’épargne à fournir, plutôt que d’épargner au hasard sur un produit choisi par défaut. L’assurance vie, le complément indispensable pour diversifier Le PER a un défaut : l’argent est bloqué jusqu’à la retraite. C’est là que l’assurance vie trouve toute sa place dans une stratégie équilibrée. Contrairement au PER, l’épargne reste disponible à tout moment, ce qui en fait un outil de diversification patrimoniale complet, à mi-chemin entre l’épargne de précaution et la préparation retraite de long terme. Sur le plan fiscal, l’assurance vie devient particulièrement intéressante après huit ans de détention, avec un abattement annuel sur les plus-values lors des rachats (4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple). À 40 ans, ouvrir ou renforcer un contrat d’assurance vie, c’est donc se donner un horizon de huit ans minimum avant la retraite pour profiter pleinement de cette fiscalité allégée. L’assurance vie permet aussi d’accéder à une large gamme de supports en unités de compte (actions, obligations, immobilier via des SCPI logées dans le contrat), ce qui en fait un outil flexible pour ajuster le niveau de risque au fil du temps. À 40 ans, une allocation plus dynamique est généralement cohérente avec l’horizon long qui reste avant la retraite, avec un rééquilibrage progressif vers des supports plus prudents à mesure que l’échéance se rapproche. Enfin, l’assurance vie conserve un intérêt majeur en matière de transmission, avec un cadre successoral spécifique pour les sommes versées avant 70 ans. C’est un argument qui prend tout son sens pour les foyers ayant déjà constitué un patrimoine conséquent. Le plan d’épargne retraite (PER), l’outil central à 40 ans Le plan épargne retraite (PER) reste, pour la plupart des profils à 40 ans, la brique de base d’une stratégie retraite bien construite. Son fonctionnement est simple sur le papier : les sommes versées sont bloquées jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé, dont l’achat de la résidence principale), et en échange, elles ouvrent droit à une déduction fiscale sur le revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Pour un dirigeant ou un cadre imposé dans une tranche marginale à 41% ou 45%, l’avantage est direct : un versement de 10 000 euros sur un PER individuel peut générer une économie d’impôt de 4 100 à 4 500 euros la même année. C’est un mécanisme particulièrement efficace pour les années où les revenus sont élevés, par exemple lors d’une prime exceptionnelle ou d’une cession d’entreprise. À la sortie, deux options coexistent : la rente viagère, qui garantit un revenu régulier à vie, ou la sortie en capital, disponible en une fois ou de manière fractionnée depuis les dernières évolutions réglementaires. Le choix dépend largement du patrimoine global du foyer et de ses autres sources de revenus prévues. Un point de vigilance mérite d’être signalé ici. Le PER est un outil puissant, mais son intérêt dépend fortement de la tranche marginale d’imposition
Profiter des vacances pour faire le point sur son patrimoine, une bonne idée
Patrimoine 3 août 2026 Profiter des vacances pour faire le point sur son patrimoine, une bonne idée Août, un transat, et enfin plus personne qui vous réclame un dossier avant 18h. C’est précisément le moment où la plupart des gens rangent leurs finances tout en haut de la pile des choses à ne surtout pas regarder. Erreur. Les trois semaines où votre cerveau tourne enfin au ralenti sont exactement celles où il faut sortir un carnet, ou une feuille de calcul, et se poser les bonnes questions sur son argent et sur l’avenir de sa famille. Ce n’est pas une idée de gestionnaire de patrimoine en manque de clients. C’est une observation simple : pendant l’année, on gère l’urgent. Les enfants, le travail, les impôts qui tombent à la mauvaise date. En vacances, on a enfin la disponibilité mentale pour penser au reste. Le bilan patrimonial que vous repoussez depuis janvier peut se faire un matin, avec un café, avant que tout le monde se réveille. Pourquoi les vacances sont le bon moment pour parler d’argent ? Le calme change tout. Une décision patrimoniale prise entre deux réunions ressemble rarement à une décision réfléchie. Elle ressemble à un choix fait dans l’urgence, souvent influencé par ce qu’un collègue a dit à la machine à café. En vacances, trois choses changent : Le temps disponible augmente, ce qui permet de creuser un sujet au lieu de le survoler La charge mentale diminue, ce qui rend les discussions en couple ou en famille plus sereines La distance avec le quotidien professionnel aide à réfléchir à long terme plutôt qu’à réagir au court terme Beaucoup de dirigeants et de cadres que nous accompagnons chez ARTES nous disent la même chose : les décisions les plus structurantes de leur stratégie patrimoniale ont été prises en août, pas en février. Il y a aussi une raison plus simple, presque triviale. Pendant l’année, les papiers s’accumulent. Le relevé de PER reste fermé dans un onglet, l’avis d’imposition traîne dans un tiroir, le contrat d’assurance vie signé il y a huit ans n’a jamais été relu. Personne ne prend le temps de rouvrir ces documents un mardi soir après le travail. En revanche, un après midi de vacances, pluvieux ou simplement calme, se prête très bien à l’exercice. Sortir tous ces papiers, les étaler sur la table, et regarder l’ensemble d’un seul coup d’œil change la perspective. On voit soudain les doublons, les contrats oubliés, les incohérences entre ce qu’on pensait avoir et ce qui est réellement écrit noir sur blanc. Ce moment de recul a une autre vertu, moins évidente. Il permet d’en parler à deux, ou en famille, sans que la conversation ne tourne court faute de temps. Un sujet aussi sensible que la protection du conjoint ou la répartition d’un héritage se prête mal à une discussion de dix minutes entre deux visioconférences. Il demande un cadre plus détendu, où chacun peut poser ses questions sans se sentir pressé par l’horloge. Financer un projet immobilier, l’exercice à faire cet été Vous rêvez d’un investissement locatif, d’une résidence secondaire, ou simplement d’améliorer votre logement principal ? L’été est parfait pour transformer une envie vague en projet chiffré. Concrètement, cela veut dire s’asseoir et répondre à quelques questions précises. Combien pouvez vous réellement emprunter sans fragiliser votre reste à vivre ? Quel apport êtes vous prêt à mobiliser, et sur quels supports se trouve cet argent aujourd’hui ? Votre taux d’endettement actuel laisse t il de la marge ? Un projet immobilier mal préparé finit souvent par une offre acceptée trop vite, ou au contraire jamais déposée faute de clarté sur le budget. Prendre deux heures en vacances pour faire ce calcul, avec les vrais chiffres de vos comptes sous les yeux, évite bien des allers retours frustrants avec les banques à la rentrée. Si vous envisagez un investissement locatif, la question se complique encore. Faut il viser de l’ancien avec travaux pour profiter du déficit foncier, ou du neuf pour la tranquillité de gestion ? Quelle fiscalité s’applique à votre situation précise ? Ce sont des arbitrages qui méritent d’être posés à froid, loin de l’agence immobilière qui pousse à signer vite. Prenons un exemple simple. Un couple avec deux revenus confortables, propriétaire de sa résidence principale depuis dix ans, envisage un studio à Lyon pour louer en meublé. Sur le papier, l’opération semble évidente. Dans les faits, elle dépend de plusieurs paramètres qu’on néglige souvent en pleine saison des visites : le taux d’endettement global une fois le nouveau crédit ajouté, l’impact du statut LMNP sur la déclaration de revenus, et la capacité réelle à absorber une vacance locative de deux ou trois mois sans stress financier. Ce sont des questions qui se traitent bien mieux avec une calculatrice et du temps qu’entre deux visites d’appartement un samedi matin. Autre point souvent oublié, la question du financement. Les conditions de crédit évoluent régulièrement, et un projet chiffré au printemps peut ne plus tenir la route à l’automne si les taux ont bougé. Profiter de l’été pour actualiser vos simulations, en tenant compte des conditions réelles du marché, évite les mauvaises surprises au moment de déposer une offre. Se fixer un objectif financier pour la retraite, une question de montant, pas d’intention « Je veux bien vivre à la retraite » n’est pas un objectif. C’est un vœu pieux. Un vrai objectif financier retraite ressemble plutôt à ceci : disposer de 3 000 euros nets par mois à 62 ans, en plus de la pension de base. Pour y arriver, il faut remonter le fil. Quelle pension percevrez vous réellement, selon votre carrière actuelle ? Quel est l’écart entre cette pension et le niveau de vie que vous visez ? Sur combien d’années faut il combler cet écart, et avec quel capital ? L’été permet de faire ce calcul sans être interrompu toutes les dix minutes. C’est aussi le moment de vérifier si votre épargne retraite actuelle, qu’il s’agisse d’un PER, d’une assurance vie ou d’un
Déficit foncier : réduire ses impôts avec l’immobilier ancien
Fiscalité, Patrimoine 27 juillet 2026 Déficit foncier : comment réduire ses impôts avec l’immobilier ancien Un propriétaire bailleur qui rénove un appartement ancien peut, la même année, faire baisser l’impôt sur ses salaires. Ce n’est pas une astuce de niche fiscale, c’est un mécanisme du code général des impôts qui existe depuis des décennies : le déficit foncier. Et pourtant, une grande partie des investisseurs en location nue passent à côté, faute de bien comprendre comment l’activer. Si vous détenez ou envisagez d’acheter un bien locatif à rénover, comprendre ce dispositif peut changer la rentabilité réelle de votre opération. Voici comment il fonctionne, ce qu’il permet de déduire, et dans quels cas il devient particulièrement puissant. Qu’est ce que le déficit foncier ? Le déficit foncier apparaît lorsque les charges déductibles liées à un bien locatif dépassent les loyers encaissés sur cette même année. Concrètement, si vous percevez 9 000 euros de loyers et que vous engagez 25 000 euros de travaux, taxe foncière et frais de gestion compris, votre résultat foncier est négatif de 16 000 euros. Ce déficit ne reste pas sans effet. Une partie vient s’imputer directement sur votre revenu global, c’est à dire sur l’ensemble de vos revenus imposables : salaires, bénéfices professionnels, pensions. C’est ce qui rend le mécanisme si intéressant pour les dirigeants et cadres fortement imposés. Contrairement à une réduction d’impôt classique, il ne s’agit pas d’un avantage plafonné par le fameux plafonnement global des niches fiscales à 10 000 euros. C’est une charge déductible, pas un cadeau fiscal soumis à quota. Le principe repose sur une logique simple : l’État accepte de partager le coût de vos travaux, à travers une baisse d’impôt, en échange d’un engagement de location durable du bien. Comment se calcule le déficit foncier ? Le calcul part du résultat foncier, obtenu en soustrayant les charges déductibles des loyers bruts perçus dans l’année. Parmi les charges qui comptent : les travaux de réparation, d’entretien et d’amélioration la taxe foncière les primes d’assurance propriétaire non occupant les frais de gestion et honoraires d’agence les intérêts d’emprunt les charges de copropriété non récupérables auprès du locataire Une nuance mérite d’être posée ici, car elle change tout dans la pratique : les intérêts d’emprunt ne s’imputent que sur les revenus fonciers, jamais sur le revenu global. Seule la fraction du déficit qui provient des autres charges (travaux, taxe foncière, assurance, gestion) peut venir réduire votre revenu global. C’est une distinction que beaucoup d’investisseurs découvrent trop tard, au moment de la déclaration. Le plafond de 10 700 euros, et le cas particulier des passoires thermiques C’est le chiffre à retenir : le déficit imputable sur le revenu global est plafonné à 10 700 euros par an. Au delà, le surplus n’est pas perdu, il se reporte, mais sur un autre poste, comme on le verra plus loin. Un régime plus favorable existe pour la rénovation énergétique d’un bien classé passoire thermique (étiquette E, F ou G au DPE). Depuis 2023, un plafond doublé, porté à 21 400 euros, s’applique lorsque les travaux permettent au logement de sortir du statut de passoire et d’atteindre au moins la classe D. La loi de finances pour 2026 a prorogé ce dispositif de rehaussement pour les dépenses payées jusqu’au 31 décembre 2027. Les conditions restent strictes : devis daté, DPE avant et après travaux, et nature des travaux limitée à l’isolation, au chauffage performant ou à la ventilation. Certaines évolutions récentes du texte budgétaire recentrent aussi l’avantage majoré sur les logements les plus énergivores, donc mieux vaut vérifier au cas par cas avec un conseiller la version applicable à votre situation avant d’engager les travaux. Dans les deux cas, ce plafond concerne uniquement l’imputation sur le revenu global. Les travaux déductibles ne sont pas limités en montant, seule leur imputation sur vos autres revenus l’est. Quels travaux sont réellement déductibles ? C’est souvent là que le bât blesse. L’administration fiscale distingue trois catégories de travaux, et une seule ouvre droit au déficit foncier. Déductibles : les travaux d’entretien (ravalement, remise en état de la plomberie ou de l’électricité), de réparation, et d’amélioration du confort sans agrandissement (isolation, nouvelle chaudière, mise aux normes de sécurité, ascenseur). Non déductibles : les travaux de construction, de reconstruction ou d’agrandissement. Casser un mur pour créer une pièce supplémentaire, surélever une maison, transformer un garage en chambre avec reprise de fondation, tout cela s’ajoute au prix d’achat du bien et ne joue que sur le calcul de la plus value future, pas sur votre impôt de l’année. La ligne de partage n’est pas toujours évidente sur un chantier réel. Rénover une salle de bains est déductible tant que la surface et la structure du logement ne changent pas. Ce sont précisément ces zones grises qui justifient, avant tout devis signé, un point avec un professionnel pour sécuriser le montage. Le report sur 10 ans, un levier souvent sous utilisé Quand le déficit dépasse le plafond de 10 700 euros (ou 21 400 euros selon le cas), l’excédent n’est pas perdu. Il se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes, et vient donc neutraliser vos loyers futurs jusqu’à extinction du stock, ou jusqu’à la dixième année, au delà de laquelle la fraction non consommée disparaît définitivement. Cette mécanique change la façon d’aborder un chantier important. Un propriétaire qui engage 40 000 euros de travaux sur un bien qui génère 12 000 euros de loyers annuels peut imputer 10 700 euros sur son revenu global dès la première année, puis reporter le solde pour effacer ses revenus fonciers pendant plusieurs années. Résultat : une fiscalité locative proche de zéro sur une longue période, en plus de la baisse d’impôt immédiate. Les conditions à respecter pour ne pas perdre l’avantage Le déficit foncier n’est pas un dispositif accessible à toutes les configurations locatives. Trois conditions cadrent son usage : Le bien doit être loué nu, c’est à dire vide de meubles. La location meublée relève du régime BIC et non du
Dividendes ou Salaire Dirigeant 2026 : Quel Arbitrage Choisir ?
Entreprise, Fiscalité 20 juillet 2026 Dividendes ou salaire : quelle rémunération optimale pour le dirigeant en 2026 ? Un arbitrage qui ne se pose plus dans les mêmes termes Pendant des années, la règle était presque automatique. Un dirigeant se versait un salaire minimal pour couvrir ses charges courantes, et le reste passait en dividendes, taxés à 30 % via le PFU. Ce réflexe méritait d’être questionné en 2025. Il doit désormais être recalculé en 2026. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du capital de 1,4 point. Résultat, la flat tax sur les dividendes passe de 30 % à 31,4 % pour la majorité des revenus financiers, dividendes compris. Ce n’est pas un simple ajustement cosmétique. Sur une distribution de 50 000 euros, cela représente 700 euros de charge fiscale supplémentaire par rapport à l’an dernier, avant même de parler de la contribution différentielle sur les hauts revenus, qui vient encore rebattre les cartes pour certains profils. Alors, dividendes ou salaire dirigeant, quelle option choisir en 2026 ? La réponse dépend de votre statut juridique, de votre tranche marginale d’imposition, de vos besoins de trésorerie personnelle et de votre horizon patrimonial. Il n’existe pas de bonne réponse universelle, seulement une réponse adaptée à votre situation. Pourquoi l’équation a changé en 2026 ? Trois évolutions récentes expliquent pourquoi l’arbitrage entre rémunération dirigeant et distribution de dividendes mérite d’être recalculé cette année. La première, déjà évoquée, c’est la hausse de la CSG sur les revenus du capital. Le taux global des prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 % pour les dividendes perçus sur un compte-titres ordinaire, ce qui porte le PFU à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu plus 18,6 % de prélèvements sociaux). Bonne nouvelle au passage, l’assurance vie échappe à cette hausse et conserve un taux global de 30 %, ce qui en fait un outil de diversification patrimoniale d’autant plus pertinent pour un dirigeant qui cherche à loger une partie de son épargne hors de l’entreprise. La deuxième évolution, c’est la prorogation de la contribution différentielle sur les hauts revenus, la fameuse CDHR, pour les revenus de 2026. Ce mécanisme garantit un taux d’imposition minimal de 20 % pour les foyers les plus aisés, tous revenus confondus. Concrètement, un dirigeant qui optimisait fortement sa fiscalité en misant sur la flat tax pour ses dividendes peut se retrouver rattrapé par un complément d’impôt s’il n’atteint pas ce seuil plancher. L’avantage historique des dividendes s’érode donc mécaniquement pour les très hauts revenus. La troisième évolution est plus technique mais tout aussi structurante. Depuis la loi de finances 2026, l’option pour le PFU n’est plus totalement figée. Le contribuable conserve la possibilité de basculer vers le barème progressif, avec son abattement de 40 % sur les dividendes, et peut même revenir sur son choix dans le délai de réclamation. Cette flexibilité change la façon dont on doit penser sa stratégie de rémunération dirigeant, puisqu’une erreur d’arbitrage n’est plus forcément irréversible. Le salaire de dirigeant, comment ça fonctionne concrètement ? Le traitement social du salaire dépend entièrement de votre statut juridique, et les écarts sont considérables. Le président de SAS ou SASU relève du régime assimilé salarié. Il cotise à peu près comme un cadre du privé, avec un coût employeur qui représente environ 75 à 80 % du salaire net versé. C’est cher, mais cela ouvre des droits sociaux complets : retraite, prévoyance, assurance chômage sous conditions, couverture maladie alignée sur le régime général. Le gérant majoritaire de SARL ou l’associé unique d’EURL relève au contraire du régime des travailleurs non salariés, le fameux statut TNS. Les cotisations sociales y sont nettement plus légères, autour de 45 % de la rémunération brute. En contrepartie, la protection sociale est moins généreuse, notamment sur la prévoyance et les indemnités journalières, ce qui explique pourquoi ce sujet revient si souvent chez les dirigeants qui nous consultent sur leur protection du dirigeant. Dans les deux cas, le salaire présente un avantage que les dividendes n’offrent jamais, il valide des trimestres de retraite et construit des droits sociaux année après année. Un dirigeant qui se rémunère exclusivement en dividendes se prépare, sans le vouloir, une retraite quasiment nulle. Les dividendes en 2026, quelle fiscalité selon votre statut ? C’est ici que les règles divergent le plus fortement selon la forme juridique de votre société. En SAS ou SASU, la totalité des dividendes versés au président associé est soumise au PFU, sans aucune cotisation sociale, quel que soit le montant distribué. C’est l’un des grands attraits de ce statut. Sur 30 000 euros de dividendes bruts perçus en 2026, la charge fiscale s’élève à 9 420 euros au titre du PFU à 31,4 %, sans ponction sociale supplémentaire. La contrepartie, déjà mentionnée, est que ces sommes ne génèrent aucun droit à la retraite ni à la couverture maladie. En SARL ou EURL, la règle est plus complexe. Seule la fraction des dividendes inférieure ou égale à 10 % du capital social, augmenté des primes d’émission et des sommes laissées en compte courant d’associé, relève du PFU classique. Au-delà de ce seuil, la fraction excédentaire est requalifiée et soumise aux cotisations sociales TNS, dont le taux global avoisine 45 %. Avec un capital social de 10 000 euros par exemple, seuls 1 000 euros de dividendes échappent aux cotisations TNS. Tout le reste supporte une charge sociale proche de celle du salaire. Un levier existe pour desserrer cette contrainte, augmenter la base des 10 % en alimentant le compte courant d’associé. Bien dosée, cette stratégie peut faire basculer plusieurs milliers d’euros de dividendes de la fiscalité TNS vers la flat tax, une piste que nous explorons systématiquement avec les gérants de SARL que nous accompagnons. Salaire ou dividendes, un comparatif chiffré Prenons un cas concret. Un dirigeant de SASU, célibataire, perçoit un salaire annuel de 40 000 euros et sa tranche marginale d’imposition atteint 30 %. S’il ajoute 50 000 euros de dividendes
Comment Ouvrir un PER en 2026 : Guide et Fiscalité | ARTES Patrimoine
Fiscalité 13 juillet 2026 Comment ouvrir un PER : guide pas à pas et fiscalité Un versement de 5 000 € sur un PER en fin d’année peut faire économiser jusqu’à 2 250 € d’impôt sur le revenu à un contribuable dans la tranche à 45 %. C’est ce mécanisme, simple sur le papier mais souvent mal exploité, qui pousse chaque année davantage de salariés, d’indépendants et de dirigeants à ouvrir un PER. Pourtant, entre le choix de l’établissement, le calcul du plafond de déduction et les nouvelles règles issues de la loi de finances 2026, la démarche soulève encore beaucoup de questions. Ce guide détaille, étape par étape, comment ouvrir un plan d’épargne retraite, quels documents préparer, et comment fonctionne sa fiscalité aujourd’hui. Qu’est-ce qu’un PER et à quoi sert-il ? Le plan d’épargne retraite (PER) est un produit d’épargne à long terme créé par la loi Pacte de 2019. Il remplace progressivement les anciens contrats (PERP, Madelin, article 83, PERCO) tout en conservant leurs avantages fiscaux. Le principe est simple : vous versez de l’argent pendant votre vie active, ces sommes sont investies sur des supports financiers, et vous les récupérez à la retraite sous forme de capital, de rente, ou d’un mélange des deux. En contrepartie du blocage de l’épargne jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé), l’État accorde un avantage fiscal à l’entrée : chaque versement volontaire peut être déduit de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Le PER se décline en trois compartiments : le PER individuel (PERin), ouvert à tous, le PER d’entreprise collectif, et le PER d’entreprise obligatoire. Cet article se concentre sur le PER individuel, celui que l’on ouvre soi-même, sans passer par un employeur. Qui peut ouvrir un PER individuel ? Aucune condition de statut professionnel ni de revenu minimum n’est exigée. Depuis le 1er janvier 2024, il faut simplement être majeur pour souscrire un PER individuel. Concrètement, cela concerne : les salariés du privé et les fonctionnaires ; les travailleurs non salariés (TNS), professions libérales et chefs d’entreprise ; les demandeurs d’emploi et les personnes sans activité ; les retraités, qui peuvent continuer à alimenter un PER, avec une nuance fiscale importante détaillée plus bas. Un dirigeant d’entreprise a donc tout intérêt à examiner cette option au même titre qu’un salarié, mais avec un calcul de plafond différent, plus favorable dans son cas. Comment ouvrir un PER : le guide étape par étape Étape 1 : définir vos objectifs et votre horizon de placement Avant même de comparer les contrats, posez-vous la question de l’usage prévu : simple complément de retraite, réduction d’impôt ponctuelle liée à une année de revenus élevés, ou stratégie de transmission patrimoniale. Cette réponse oriente le choix du mode de gestion et la répartition entre fonds en euros et unités de compte. Étape 2 : choisir l’établissement et le contrat Trois familles d’acteurs proposent des PER individuels : les banques traditionnelles, les compagnies d’assurance, et les plateformes en ligne ou les cabinets de conseil en gestion de patrimoine. Les critères de comparaison à examiner de près sont les frais d’entrée, les frais de gestion annuels, la diversité des supports d’investissement disponibles et la qualité de la gestion pilotée proposée par défaut. Un accompagnement par un conseiller permet souvent d’éviter les contrats aux frais élevés ou aux supports mal adaptés à votre profil de risque. Étape 3 : choisir le mode de gestion Deux options s’offrent à vous. La gestion pilotée, qui ajuste automatiquement la répartition de votre épargne selon votre horizon de départ à la retraite (plus dynamique au début, plus prudente à l’approche de l’échéance). Et la gestion libre, où vous sélectionnez vous-même vos supports. La gestion pilotée est le mode par défaut sur la plupart des contrats, et elle convient à la majorité des épargnants qui ne souhaitent pas suivre les marchés au quotidien. Étape 4 : constituer le dossier de souscription Une fois le contrat sélectionné, il faut remplir le formulaire d’adhésion et fournir les pièces justificatives demandées par l’organisme. Étape 5 : signer et effectuer le versement initial La signature peut se faire électroniquement pour la plupart des contrats en ligne. Un versement initial est généralement requis à l’ouverture, son montant minimum variant selon les établissements, de quelques centaines d’euros pour les plateformes digitales à des montants plus élevés chez certains assureurs traditionnels. Étape 6 : programmer vos versements et suivre votre épargne Vous pouvez ensuite alimenter votre PER par des versements ponctuels ou programmés, selon votre capacité d’épargne. Un suivi régulier permet d’ajuster la répartition de vos investissements à mesure que votre horizon de retraite se rapproche. Quels documents fournir pour ouvrir un PER ? Le dossier de souscription demande généralement : une pièce d’identité en cours de validité (carte nationale d’identité, passeport ou titre de séjour) ; un justificatif de domicile récent ; un relevé d’identité bancaire (RIB) ; selon les établissements, un justificatif de revenus, notamment pour les indépendants dont le plafond de déduction dépend directement des bénéfices professionnels. Les contrats souscrits en ligne permettent le plus souvent de téléverser ces documents directement depuis un espace sécurisé, ce qui accélère nettement le délai d’ouverture par rapport à un rendez-vous en agence. Quelle fiscalité du PER en 2026 ? C’est le point que les épargnants comprennent le moins bien, et pourtant c’est celui qui détermine l’intérêt réel du produit. Le plafond de déduction fiscale Chaque versement volontaire peut être déduit de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond de déduction fiscale calculé individuellement et indiqué sur votre avis d’imposition, à la rubrique « Plafond épargne retraite ». Ce plafond dépend du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € pour 2026, en hausse de 2 % par rapport à 2025. Pour un salarié, le plafond de déduction 2026 correspond au plus élevé des deux montants suivants : 10 % des revenus professionnels nets de l’année précédente, dans la limite de huit fois le PASS, soit un maximum autour de 37










