Économie 2 septembre 2026 Inflation 2026 : comment protéger son épargne quand les taux réglementés ne suivent plus ? Vous avez sans doute reçu la notification de votre banque en août dernier, le taux du Livret A grimpe à 1,70%. Une bonne nouvelle en apparence. Sauf que l’inflation tourne, au même moment, autour de 2,4% sur un an selon les données provisoires de l’Insee. Faites le calcul, votre épargne dite « sans risque » perd du pouvoir d’achat chaque mois qui passe. Ce n’est pas un accident de parcours. C’est la situation dans laquelle se trouvent, en cette rentrée 2026, des millions d’épargnants français, et en particulier les dirigeants et cadres supérieurs qui ont constitué une trésorerie personnelle importante ces dernières années sur des supports jugés sûrs. Le problème, c’est que « sûr » ne veut plus dire « protégé de l’inflation ». Pourquoi l’inflation est-elle repartie en 2026 ? Après une année 2025 étonnamment calme (0,9% d’inflation en moyenne selon l’Insee), le retournement de 2026 a pris beaucoup de monde de court. La cause principale n’est pas franco-française, elle vient du conflit au Moyen-Orient, qui a fait bondir les prix du pétrole et du gaz dès la fin février 2026. Cette flambée s’est propagée assez vite aux prix du carburant, puis à l’ensemble de l’économie. Dans sa note de conjoncture de juin, l’Insee table sur une inflation moyenne d’environ 2% pour l’année, avec une inflation hors énergie plus contenue, autour de 1,5%. En pratique, les chiffres observés depuis le printemps sont déjà un peu au-dessus de ces prévisions : 1,8% sur un an en juin, puis une estimation provisoire proche de 2,4% en août. La Banque de France et l’Insee doivent d’ailleurs réviser leurs projections à la mi-septembre, un rendez-vous à surveiller si vous pilotez de près votre allocation d’épargne. Ce qui change la donne, ce n’est pas tant le niveau de l’inflation, encore raisonnable au regard des standards historiques, que le contraste avec des taux d’épargne réglementée qui n’ont pas eu le temps de s’ajuster. Le mécanisme de révision du Livret A fonctionne avec un décalage structurel : le taux est calculé à partir de la moyenne de l’inflation et des taux interbancaires observés sur les six mois précédents, puis figé pour les six mois suivants. Quand l’inflation accélère brutalement, comme en 2026, l’épargnant encaisse le choc avant que le taux ne rattrape son retard. C’est précisément la situation actuelle. Certains calculs théoriques évoquent un taux qui pourrait dépasser 2% lors de la prochaine révision de février 2027, si la tendance observée cet été se confirme. Mais d’ici là, l’écart entre inflation et rendement continue de jouer contre l’épargnant. Le Livret A et l’assurance vie tiennent-ils encore la route face à l’inflation ? Voici le cœur du problème. Le taux du Livret A a d’abord baissé à 1,50% au 1er février 2026, avant de remonter à 1,70% au 1er août, une première revalorisation depuis 2023. Sur le papier, la hausse est positive. Face à une inflation qui dépasse 2%, elle reste pourtant insuffisante : le rendement réel du Livret A, c’est-à-dire son rendement une fois l’inflation déduite, est négatif d’environ 0,5 à 0,7 point selon les mois. Le placement reste net d’impôt et sans risque, mais il ne protège plus le pouvoir d’achat. Le LEP (livret d’épargne populaire), à 2,5% net pour les ménages éligibles sous conditions de ressources, s’en sort mieux, mais son plafond de versement reste modeste et son accès conditionné, ce qui en limite l’intérêt pour la clientèle patrimoniale que nous accompagnons. Du côté de l’assurance vie, les fonds en euros ont plutôt bien résisté. Le rendement moyen s’est établi à 2,65% en 2025 selon l’ACPR, un niveau stable depuis 2024, porté par des acteurs qui vont de 2,20% à plus de 3,50% selon les contrats. Les prévisions pour 2026 anticipent un léger tassement, entre 2,2% et 2,5% en moyenne. Avec une inflation qui s’approche de 2%, le rendement réel des fonds euros reste positif, mais la marge se resserre nettement par rapport à 2025, où elle avoisinait encore +1,7 point. Deux enseignements pour vous : premièrement, tous les contrats ne se valent pas, l’écart entre le meilleur et le moins bon fonds euros du marché dépasse parfois 1,5 point ; deuxièmement, laisser dormir une trésorerie importante uniquement sur des fonds en euros ou des livrets devient, dans ce contexte, un choix qui coûte cher sur la durée. Quels leviers activer pour préserver son pouvoir d’achat patrimonial ? Pas question de tout bouleverser à chaque variation de l’inflation. En revanche, vérifier que votre allocation correspond toujours à votre horizon et à votre tolérance au risque, et corriger ce qui doit l’être, c’est un réflexe de rentrée qui a du sens cette année plus qu’une autre. Réévaluer la part de trésorerie dormante. Une épargne de précaution de 3 à 6 mois de charges sur un Livret A ou un LDDS reste indispensable. Au-delà, chaque euro qui stagne perd mécaniquement en valeur réelle. Pour un dirigeant qui a constitué, via sa société, une trésorerie excédentaire, la question se pose dans les mêmes termes : un compte courant d’associé ou un placement de trésorerie d’entreprise mal rémunéré subit la même érosion que l’épargne personnelle. Diversifier vers les unités de compte, avec méthode. Les UC des contrats d’assurance vie ont affiché une performance nette moyenne de 4,7% en 2025, largement au-dessus des fonds euros, mais avec un risque de perte en capital qui suppose un horizon de placement d’au moins 5 à 8 ans et une allocation cohérente avec votre profil. La gestion pilotée, qui délègue les arbitrages à un professionnel selon un profil de risque défini à l’avance, permet d’introduire cette diversification progressivement plutôt que par à-coups. Revenir sur les actifs réels. L’immobilier locatif, la pierre-papier via des SCPI, ou des solutions de nue-propriété offrent une protection historique contre l’inflation, les loyers et les valeurs foncières ayant tendance à suivre, avec retard, la hausse des prix. Ce mécanisme fonctionne particulièrement bien sur des baux indexés (indice de
Investir en Nue-Propriété : Avantages, Fiscalité et Cas Pratique
Fiscalité, Patrimoine 24 août 2026 Investir dans la nue-propriété : avantages, fiscalité et cas pratique Un bien acheté 30 à 40 % moins cher que sa valeur réelle, sans loyer à déclarer pendant quinze ans et exclu de l’assiette de l’IFI. Sur le papier, l’investissement en nue-propriété ressemble presque trop à un bon plan. Il ne l’est pourtant ni pour tout le monde, ni dans n’importe quelles conditions. Ce mécanisme, hérité du droit civil français, séduit de plus en plus de contribuables fortement imposés qui cherchent à investir dans l’immobilier sans alourdir leur fiscalité courante. Encore faut il comprendre ce qui se joue réellement derrière la décote, savoir ce que l’administration fiscale accepte ou refuse, et connaître les pièges d’un marché secondaire plus étroit qu’on ne l’imagine. Cet article détaille le fonctionnement de la nue-propriété, ses avantages fiscaux concrets, ses limites, et propose un cas chiffré pour objectiver la décision. Qu’est-ce que la nue-propriété ? La nue-propriété est l’un des deux droits qui composent la pleine propriété d’un bien, l’autre étant l’usufruit. Le nu-propriétaire détient le bien, mais ne peut ni l’occuper ni en percevoir les revenus tant que l’usufruit n’est pas éteint. L’usufruitier, de son côté, a le droit d’usage et de jouissance : il habite le logement ou en perçoit les loyers. Ce démembrement de propriété peut naître de deux façons. De manière viagère, lorsqu’un propriétaire donne la nue-propriété de son bien à ses enfants tout en conservant l’usufruit jusqu’à son décès. C’est l’outil de transmission le plus ancien du droit français. De manière temporaire, dans le cadre d’un investissement organisé. Un promoteur ou une société de gestion vend la nue-propriété à un investisseur particulier pour une durée fixée à l’avance (le plus souvent 15 à 20 ans), pendant que l’usufruit est cédé à un bailleur social ou institutionnel qui gère et loue le bien. C’est cette seconde forme, le démembrement temporaire, qui intéresse les investisseurs en quête de diversification et d’optimisation fiscale. Au terme convenu dans l’acte notarié, l’usufruit s’éteint automatiquement et le nu-propriétaire récupère la pleine propriété du bien, sans droits à payer ni formalité supplémentaire. Comment fonctionne concrètement l’achat en nue-propriété ? Le principe repose sur une équation simple. La valeur du bien est répartie entre la nue-propriété et l’usufruit selon un barème économique fixé par la société de gestion, ou selon le barème fiscal de l’article 669 du Code général des impôts pour certains actes. Sur des opérations de démembrement immobilier portant sur 15 à 20 ans, la décote se situe généralement entre 30 et 40 % en 2026, parfois davantage selon la durée retenue et le taux de distribution attendu. Un logement affiché à 300 000 € en pleine propriété peut ainsi être acquis en nue-propriété pour 180 000 à 195 000 €. Pendant toute la durée du démembrement, l’investisseur ne perçoit aucun loyer. C’est l’usufruitier, souvent un bailleur institutionnel dans le cadre d’un programme d’usufruit locatif social, qui encaisse les revenus locatifs, entretient le bien et assume les grosses réparations prévues à l’acte. Le nu-propriétaire n’a donc ni gestion locative, ni vacance à gérer, ni charges courantes à supporter. Ce montage se retrouve aussi sur des parts de SCPI en nue-propriété, une alternative plus liquide et plus accessible pour les investisseurs qui ne souhaitent pas porter un bien physique. Quels sont les avantages fiscaux de la nue-propriété ? C’est l’argument central du montage, et il mérite d’être détaillé point par point. Aucune fiscalité sur les revenus pendant le démembrement. Puisque le nu-propriétaire ne perçoit aucun loyer, il ne déclare aucun revenu foncier. Pour un contribuable à la tranche marginale d’imposition de 41 %, soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux, cela représente une économie fiscale directe sur chaque euro de loyer qu’il n’a pas à déclarer, alors qu’un investissement locatif classique aurait amputé ce rendement de plus de la moitié. L’exclusion de l’assiette de l’IFI. C’est le second pilier de l’attractivité du montage pour les patrimoines proches ou au dessus du seuil de 1,3 million d’euros. L’article 968 du Code général des impôts prévoit que c’est l’usufruitier qui déclare la valeur du bien en pleine propriété à l’impôt sur la fortune immobilière, et non le nu-propriétaire. Concrètement, un investisseur qui achète 180 000 € de nue-propriété représentant un bien de 300 000 € en pleine propriété ne déclare rien du tout à l’IFI sur cet actif, pendant toute la durée du démembrement. Cet avantage reste temporaire. À l’extinction de l’usufruit, le bien réintègre le patrimoine du nu-propriétaire à sa pleine valeur et redevient donc potentiellement taxable à l’IFI si le patrimoine net immobilier du foyer dépasse le seuil applicable à ce moment là. Une plus-value calculée sur le prix d’acquisition réduit. En cas de revente après reconstitution de la pleine propriété, la plus value immobilière se calcule à partir du prix payé pour la nue-propriété, et non de la valeur théorique du bien en pleine propriété au moment de l’achat. Associée aux abattements pour durée de détention, cette base réduite peut aboutir à une fiscalité de sortie très allégée, voire nulle après 22 ans pour l’impôt sur le revenu et 30 ans pour les prélèvements sociaux. Un outil de transmission efficace. Dans sa version viagère, la donation de nue-propriété permet de transmettre un bien à ses enfants en ne payant des droits de donation que sur la valeur de la nue-propriété, généralement bien inférieure à la valeur en pleine propriété selon le barème de l’usufruit économique lié à l’âge du donateur. Le survivant récupère ensuite l’usufruit sans fiscalité supplémentaire au décès. Cas pratique : simulation chiffrée sur 15 ans Prenons l’exemple d’un dirigeant de 52 ans, imposé à la tranche marginale de 41 %, redevable de l’IFI, qui dispose de 200 000 € d’épargne disponible et hésite entre un investissement locatif classique et un achat en nue-propriété. Option 1 : investissement locatif classique. Il achète un bien de 200 000 € en pleine propriété, le loue, et perçoit environ 8 000 € de loyers bruts annuels. Après TMI et prélèvements sociaux,
Madelin vs PER TNS : quel contrat retraite choisir ?
Retraite 17 août 2026 Contrat Madelin vs PER : quel produit retraite pour le TNS ? Un dentiste qui cotise depuis quinze ans sur un vieux contrat Madelin retraite peut aujourd’hui transférer son épargne vers un PER individuel, sans perdre un euro de déduction fiscale. Beaucoup de travailleurs non salariés l’ignorent encore. Résultat, des milliers de TNS (travailleur non salarié) continuent de verser sur un produit devenu moins souple que son successeur, simplement parce que personne ne leur a expliqué la différence. Si vous êtes gérant majoritaire, profession libérale, artisan ou commerçant, la question Madelin vs PER TNS revient presque à chaque bilan retraite. Les deux produits ouvrent droit à une déduction fiscale sur le bénéfice imposable, mais leurs règles de sortie, de transfert et de plafond ne se ressemblent plus depuis la loi PACTE de 2019. Cet article fait le point, chiffres 2026 à l’appui, pour vous aider à choisir le bon outil de retraite TNS. Qu’est-ce qu’un contrat Madelin retraite ? Le contrat Madelin retraite est né de la loi n° 94 126 du 11 février 1994, portée par Alain Madelin. L’objectif était simple, permettre aux travailleurs non salariés de se constituer une épargne retraite déductible, à une époque où seuls les salariés bénéficiaient d’un cadre équivalent. Concrètement, un TNS (profession libérale, artisan, commerçant, gérant majoritaire de SARL) souscrit ce contrat auprès d’un assureur et s’engage à verser des cotisations régulières. En échange, ces versements sont déductibles du bénéfice imposable, dans la limite d’un plafond calculé sur le PASS (plafond annuel de la sécurité sociale). Le contrat Madelin retraite a longtemps souffert de trois contraintes : Aucune sortie en capital à la retraite, uniquement une rente viagère. Un transfert vers un autre assureur quasiment impossible. Un déblocage anticipé limité à trois situations, le décès du conjoint, l’invalidité et le surendettement. Depuis 2020, la loi Madelin retraite n’est plus commercialisée. Les contrats existants continuent de fonctionner et de produire leurs effets, mais aucun nouveau contrat Madelin retraite ne peut être ouvert. C’est le PER individuel qui a pris le relais. Qu’est-ce qu’un PER individuel ? Le Plan d’Épargne Retraite (PER) a été créé par la loi PACTE du 22 mai 2019. Il remplace à la fois le contrat Madelin retraite, le PERP et le contrat Préfon, en un produit unique, transférable et plus souple. Pour un TNS, le PER individuel conserve le même principe fiscal, les versements sont déductibles du bénéfice imposable dans la limite d’un plafond propre au régime TNS, distinct de celui des salariés. Mais il ajoute trois évolutions majeures : La sortie en capital, en une fois ou de façon fractionnée, est possible à 100 % au moment de la retraite. Le déblocage anticipé est ouvert à cinq cas, dont l’achat de la résidence principale, en plus des trois cas déjà prévus par le Madelin. Le transfert entre assureurs est facilité et les frais sont désormais plafonnés. Le PER individuel s’adresse donc au même public que le Madelin, mais avec une architecture pensée pour évoluer selon la carrière et les besoins de trésorerie du dirigeant. Madelin vs PER TNS : les différences concrètes Sur le papier, les deux produits partagent la même finalité, capitaliser pour la retraite en réduisant sa base imposable. Dans la pratique, plusieurs points séparent nettement le contrat Madelin du PER TNS. La sortie à la retraite C’est la différence la plus commentée. Le Madelin impose une sortie en rente viagère, versée jusqu’au décès du titulaire. Le PER, lui, permet une sortie en capital intégrale, une rente, ou un mix des deux. Pour un TNS qui souhaite financer un projet précis à 65 ans, rembourser un emprunt ou transmettre plus facilement, cette flexibilité change tout. Les cas de déblocage anticipé Le Madelin retraite limite les sorties anticipées à trois situations, décès du conjoint, invalidité, surendettement. Le PER en ajoute deux, l’achat de la résidence principale et l’expiration des droits aux allocations chômage. Pour un indépendant confronté à un accident de parcours professionnel, cette souplesse supplémentaire n’est pas anecdotique. Le transfert et les frais Un contrat Madelin ne se transférait pratiquement jamais d’un assureur à un autre. Le PER, au contraire, a été pensé pour circuler. Un décret de 2024 plafonne désormais les frais de transfert à 1 % de l’encours avant cinq ans de détention, et à 0 % au delà. Un TNS insatisfait de la gestion ou des frais de son contrat peut donc en changer sans pénalité lourde. Le plafond de déduction fiscale C’est ici que les deux produits se rejoignent. Le plafond de déduction retraite est identique, qu’il s’agisse d’un Madelin conservé ou d’un PER, puisque les deux relèvent du même article 154 bis du Code général des impôts. Autrement dit, transférer son Madelin vers un PER ne change rien à l’enveloppe fiscale disponible, mais améliore les conditions de sortie. Quel plafond de déduction en 2026 pour un TNS ? Le calcul du plafond retraite pour un TNS suit une formule précise, indexée sur le PASS. Pour 2026, la base retenue par plusieurs cabinets spécialisés est un PASS fixé à 48 060 euros. La formule applicable est la suivante : 10 % du bénéfice imposable de l’année, plus 15 % de la part de ce bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Ce plafond retraite comporte un plancher et un plafond absolu : Plancher, 4 806 euros, soit 10 % du PASS, même en l’absence de bénéfice suffisant. Plafond maximal, 88 911 euros, atteint pour un bénéfice imposable de 8 PASS et plus. Un TNS peut, en parallèle, activer un second plafond dédié à la prévoyance et à la complémentaire santé, calculé selon une autre formule (3,75 % du bénéfice imposable plus 7 % du PASS), plafonnée à 11 534 euros environ. Les deux enveloppes ne s’annulent pas l’une l’autre. Autre nouveauté à connaître pour 2026, la loi de finances a porté le report des plafonds non utilisés de trois à cinq ans pour les droits nés depuis le 1er janvier 2026, et a supprimé la déductibilité des versements
Préparer sa retraite à 40 ans : le guide complet 2026
Retraite 10 août 2026 Préparer sa retraite à 40 ans : les stratégies à mettre en place dès maintenant 40 ans, c’est souvent l’âge où le sujet de la retraite cesse d’être une abstraction. Les enfants grandissent, le salaire progresse, et une question s’impose : est-ce que je fais vraiment tout ce qu’il faut pour ma retraite ? La réponse, dans la majorité des cas, est non. Selon les projections du Conseil d’Orientation des Retraites, le taux de remplacement, c’est à dire le rapport entre la dernière pension et le dernier salaire, continue de baisser d’année en année, en particulier pour les cadres et les dirigeants dont les revenus dépassent les plafonds de la Sécurité sociale. Préparer sa retraite à 40 ans n’est donc plus une option réservée aux prudents. C’est l’âge charnière où chaque année d’épargne supplémentaire compte double, grâce au temps qui reste pour faire fructifier les placements. Cet article détaille les leviers concrets à activer dès maintenant : épargne retraite, assurance vie, immobilier, et optimisation fiscale. Pourquoi 40 ans est le bon moment pour s’y mettre sérieusement ? Il y a une raison mathématique simple à cela : le temps. Un euro placé à 40 ans avec un horizon de 25 ans avant le départ à la retraite profite d’un effet de capitalisation nettement plus favorable qu’un euro placé à 55 ans. Sur des supports dynamiques, comme des unités de compte en actions, cet horizon long permet d’encaisser les creux de marché sans paniquer et de laisser jouer la performance sur la durée. Il y a aussi une raison plus personnelle. À 40 ans, la carrière est généralement bien engagée, les revenus sont stabilisés, et les grandes dépenses (achat de la résidence principale, jeunes enfants) sont souvent déjà absorbées ou en passe de l’être. C’est un moment où la capacité d’épargne réelle devient significative, sans pour autant sacrifier le niveau de vie du foyer. Enfin, il faut compter avec la réalité des réformes successives du système de retraite. L’âge légal recule, les règles de calcul évoluent, et la visibilité à long terme sur le montant des pensions publiques diminue. Se constituer un capital personnel, en parallèle du régime obligatoire, devient une manière de reprendre la main sur son avenir plutôt que de le subir. Faire le point sur sa situation avant d’agir Avant de choisir un outil ou un placement, il faut savoir d’où l’on part. Trois questions méritent une réponse chiffrée : Quel est mon relevé de carrière actuel, et quel montant de pension puis je espérer au régime obligatoire ? Quel niveau de vie je souhaite conserver à la retraite, en pourcentage de mes revenus actuels ? Quelle est ma capacité d’épargne mensuelle réelle, une fois les charges fixes couvertes ? Le relevé de situation individuelle, accessible sur le site info-retraite.fr, donne une première estimation. Elle est rarement rassurante pour les cadres supérieurs et les dirigeants, dont la part de rémunération au dessus du plafond de la Sécurité sociale n’est que faiblement prise en compte dans le calcul de la pension. C’est cette photographie initiale qui permet ensuite de dimensionner l’effort d’épargne à fournir, plutôt que d’épargner au hasard sur un produit choisi par défaut. L’assurance vie, le complément indispensable pour diversifier Le PER a un défaut : l’argent est bloqué jusqu’à la retraite. C’est là que l’assurance vie trouve toute sa place dans une stratégie équilibrée. Contrairement au PER, l’épargne reste disponible à tout moment, ce qui en fait un outil de diversification patrimoniale complet, à mi-chemin entre l’épargne de précaution et la préparation retraite de long terme. Sur le plan fiscal, l’assurance vie devient particulièrement intéressante après huit ans de détention, avec un abattement annuel sur les plus-values lors des rachats (4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple). À 40 ans, ouvrir ou renforcer un contrat d’assurance vie, c’est donc se donner un horizon de huit ans minimum avant la retraite pour profiter pleinement de cette fiscalité allégée. L’assurance vie permet aussi d’accéder à une large gamme de supports en unités de compte (actions, obligations, immobilier via des SCPI logées dans le contrat), ce qui en fait un outil flexible pour ajuster le niveau de risque au fil du temps. À 40 ans, une allocation plus dynamique est généralement cohérente avec l’horizon long qui reste avant la retraite, avec un rééquilibrage progressif vers des supports plus prudents à mesure que l’échéance se rapproche. Enfin, l’assurance vie conserve un intérêt majeur en matière de transmission, avec un cadre successoral spécifique pour les sommes versées avant 70 ans. C’est un argument qui prend tout son sens pour les foyers ayant déjà constitué un patrimoine conséquent. Le plan d’épargne retraite (PER), l’outil central à 40 ans Le plan épargne retraite (PER) reste, pour la plupart des profils à 40 ans, la brique de base d’une stratégie retraite bien construite. Son fonctionnement est simple sur le papier : les sommes versées sont bloquées jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé, dont l’achat de la résidence principale), et en échange, elles ouvrent droit à une déduction fiscale sur le revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Pour un dirigeant ou un cadre imposé dans une tranche marginale à 41% ou 45%, l’avantage est direct : un versement de 10 000 euros sur un PER individuel peut générer une économie d’impôt de 4 100 à 4 500 euros la même année. C’est un mécanisme particulièrement efficace pour les années où les revenus sont élevés, par exemple lors d’une prime exceptionnelle ou d’une cession d’entreprise. À la sortie, deux options coexistent : la rente viagère, qui garantit un revenu régulier à vie, ou la sortie en capital, disponible en une fois ou de manière fractionnée depuis les dernières évolutions réglementaires. Le choix dépend largement du patrimoine global du foyer et de ses autres sources de revenus prévues. Un point de vigilance mérite d’être signalé ici. Le PER est un outil puissant, mais son intérêt dépend fortement de la tranche marginale d’imposition
Profiter des vacances pour faire le point sur son patrimoine, une bonne idée
Patrimoine 3 août 2026 Profiter des vacances pour faire le point sur son patrimoine, une bonne idée Août, un transat, et enfin plus personne qui vous réclame un dossier avant 18h. C’est précisément le moment où la plupart des gens rangent leurs finances tout en haut de la pile des choses à ne surtout pas regarder. Erreur. Les trois semaines où votre cerveau tourne enfin au ralenti sont exactement celles où il faut sortir un carnet, ou une feuille de calcul, et se poser les bonnes questions sur son argent et sur l’avenir de sa famille. Ce n’est pas une idée de gestionnaire de patrimoine en manque de clients. C’est une observation simple : pendant l’année, on gère l’urgent. Les enfants, le travail, les impôts qui tombent à la mauvaise date. En vacances, on a enfin la disponibilité mentale pour penser au reste. Le bilan patrimonial que vous repoussez depuis janvier peut se faire un matin, avec un café, avant que tout le monde se réveille. Pourquoi les vacances sont le bon moment pour parler d’argent ? Le calme change tout. Une décision patrimoniale prise entre deux réunions ressemble rarement à une décision réfléchie. Elle ressemble à un choix fait dans l’urgence, souvent influencé par ce qu’un collègue a dit à la machine à café. En vacances, trois choses changent : Le temps disponible augmente, ce qui permet de creuser un sujet au lieu de le survoler La charge mentale diminue, ce qui rend les discussions en couple ou en famille plus sereines La distance avec le quotidien professionnel aide à réfléchir à long terme plutôt qu’à réagir au court terme Beaucoup de dirigeants et de cadres que nous accompagnons chez ARTES nous disent la même chose : les décisions les plus structurantes de leur stratégie patrimoniale ont été prises en août, pas en février. Il y a aussi une raison plus simple, presque triviale. Pendant l’année, les papiers s’accumulent. Le relevé de PER reste fermé dans un onglet, l’avis d’imposition traîne dans un tiroir, le contrat d’assurance vie signé il y a huit ans n’a jamais été relu. Personne ne prend le temps de rouvrir ces documents un mardi soir après le travail. En revanche, un après midi de vacances, pluvieux ou simplement calme, se prête très bien à l’exercice. Sortir tous ces papiers, les étaler sur la table, et regarder l’ensemble d’un seul coup d’œil change la perspective. On voit soudain les doublons, les contrats oubliés, les incohérences entre ce qu’on pensait avoir et ce qui est réellement écrit noir sur blanc. Ce moment de recul a une autre vertu, moins évidente. Il permet d’en parler à deux, ou en famille, sans que la conversation ne tourne court faute de temps. Un sujet aussi sensible que la protection du conjoint ou la répartition d’un héritage se prête mal à une discussion de dix minutes entre deux visioconférences. Il demande un cadre plus détendu, où chacun peut poser ses questions sans se sentir pressé par l’horloge. Financer un projet immobilier, l’exercice à faire cet été Vous rêvez d’un investissement locatif, d’une résidence secondaire, ou simplement d’améliorer votre logement principal ? L’été est parfait pour transformer une envie vague en projet chiffré. Concrètement, cela veut dire s’asseoir et répondre à quelques questions précises. Combien pouvez vous réellement emprunter sans fragiliser votre reste à vivre ? Quel apport êtes vous prêt à mobiliser, et sur quels supports se trouve cet argent aujourd’hui ? Votre taux d’endettement actuel laisse t il de la marge ? Un projet immobilier mal préparé finit souvent par une offre acceptée trop vite, ou au contraire jamais déposée faute de clarté sur le budget. Prendre deux heures en vacances pour faire ce calcul, avec les vrais chiffres de vos comptes sous les yeux, évite bien des allers retours frustrants avec les banques à la rentrée. Si vous envisagez un investissement locatif, la question se complique encore. Faut il viser de l’ancien avec travaux pour profiter du déficit foncier, ou du neuf pour la tranquillité de gestion ? Quelle fiscalité s’applique à votre situation précise ? Ce sont des arbitrages qui méritent d’être posés à froid, loin de l’agence immobilière qui pousse à signer vite. Prenons un exemple simple. Un couple avec deux revenus confortables, propriétaire de sa résidence principale depuis dix ans, envisage un studio à Lyon pour louer en meublé. Sur le papier, l’opération semble évidente. Dans les faits, elle dépend de plusieurs paramètres qu’on néglige souvent en pleine saison des visites : le taux d’endettement global une fois le nouveau crédit ajouté, l’impact du statut LMNP sur la déclaration de revenus, et la capacité réelle à absorber une vacance locative de deux ou trois mois sans stress financier. Ce sont des questions qui se traitent bien mieux avec une calculatrice et du temps qu’entre deux visites d’appartement un samedi matin. Autre point souvent oublié, la question du financement. Les conditions de crédit évoluent régulièrement, et un projet chiffré au printemps peut ne plus tenir la route à l’automne si les taux ont bougé. Profiter de l’été pour actualiser vos simulations, en tenant compte des conditions réelles du marché, évite les mauvaises surprises au moment de déposer une offre. Se fixer un objectif financier pour la retraite, une question de montant, pas d’intention « Je veux bien vivre à la retraite » n’est pas un objectif. C’est un vœu pieux. Un vrai objectif financier retraite ressemble plutôt à ceci : disposer de 3 000 euros nets par mois à 62 ans, en plus de la pension de base. Pour y arriver, il faut remonter le fil. Quelle pension percevrez vous réellement, selon votre carrière actuelle ? Quel est l’écart entre cette pension et le niveau de vie que vous visez ? Sur combien d’années faut il combler cet écart, et avec quel capital ? L’été permet de faire ce calcul sans être interrompu toutes les dix minutes. C’est aussi le moment de vérifier si votre épargne retraite actuelle, qu’il s’agisse d’un PER, d’une assurance vie ou d’un
Déficit foncier : réduire ses impôts avec l’immobilier ancien
Fiscalité, Patrimoine 27 juillet 2026 Déficit foncier : comment réduire ses impôts avec l’immobilier ancien Un propriétaire bailleur qui rénove un appartement ancien peut, la même année, faire baisser l’impôt sur ses salaires. Ce n’est pas une astuce de niche fiscale, c’est un mécanisme du code général des impôts qui existe depuis des décennies : le déficit foncier. Et pourtant, une grande partie des investisseurs en location nue passent à côté, faute de bien comprendre comment l’activer. Si vous détenez ou envisagez d’acheter un bien locatif à rénover, comprendre ce dispositif peut changer la rentabilité réelle de votre opération. Voici comment il fonctionne, ce qu’il permet de déduire, et dans quels cas il devient particulièrement puissant. Qu’est ce que le déficit foncier ? Le déficit foncier apparaît lorsque les charges déductibles liées à un bien locatif dépassent les loyers encaissés sur cette même année. Concrètement, si vous percevez 9 000 euros de loyers et que vous engagez 25 000 euros de travaux, taxe foncière et frais de gestion compris, votre résultat foncier est négatif de 16 000 euros. Ce déficit ne reste pas sans effet. Une partie vient s’imputer directement sur votre revenu global, c’est à dire sur l’ensemble de vos revenus imposables : salaires, bénéfices professionnels, pensions. C’est ce qui rend le mécanisme si intéressant pour les dirigeants et cadres fortement imposés. Contrairement à une réduction d’impôt classique, il ne s’agit pas d’un avantage plafonné par le fameux plafonnement global des niches fiscales à 10 000 euros. C’est une charge déductible, pas un cadeau fiscal soumis à quota. Le principe repose sur une logique simple : l’État accepte de partager le coût de vos travaux, à travers une baisse d’impôt, en échange d’un engagement de location durable du bien. Comment se calcule le déficit foncier ? Le calcul part du résultat foncier, obtenu en soustrayant les charges déductibles des loyers bruts perçus dans l’année. Parmi les charges qui comptent : les travaux de réparation, d’entretien et d’amélioration la taxe foncière les primes d’assurance propriétaire non occupant les frais de gestion et honoraires d’agence les intérêts d’emprunt les charges de copropriété non récupérables auprès du locataire Une nuance mérite d’être posée ici, car elle change tout dans la pratique : les intérêts d’emprunt ne s’imputent que sur les revenus fonciers, jamais sur le revenu global. Seule la fraction du déficit qui provient des autres charges (travaux, taxe foncière, assurance, gestion) peut venir réduire votre revenu global. C’est une distinction que beaucoup d’investisseurs découvrent trop tard, au moment de la déclaration. Le plafond de 10 700 euros, et le cas particulier des passoires thermiques C’est le chiffre à retenir : le déficit imputable sur le revenu global est plafonné à 10 700 euros par an. Au delà, le surplus n’est pas perdu, il se reporte, mais sur un autre poste, comme on le verra plus loin. Un régime plus favorable existe pour la rénovation énergétique d’un bien classé passoire thermique (étiquette E, F ou G au DPE). Depuis 2023, un plafond doublé, porté à 21 400 euros, s’applique lorsque les travaux permettent au logement de sortir du statut de passoire et d’atteindre au moins la classe D. La loi de finances pour 2026 a prorogé ce dispositif de rehaussement pour les dépenses payées jusqu’au 31 décembre 2027. Les conditions restent strictes : devis daté, DPE avant et après travaux, et nature des travaux limitée à l’isolation, au chauffage performant ou à la ventilation. Certaines évolutions récentes du texte budgétaire recentrent aussi l’avantage majoré sur les logements les plus énergivores, donc mieux vaut vérifier au cas par cas avec un conseiller la version applicable à votre situation avant d’engager les travaux. Dans les deux cas, ce plafond concerne uniquement l’imputation sur le revenu global. Les travaux déductibles ne sont pas limités en montant, seule leur imputation sur vos autres revenus l’est. Quels travaux sont réellement déductibles ? C’est souvent là que le bât blesse. L’administration fiscale distingue trois catégories de travaux, et une seule ouvre droit au déficit foncier. Déductibles : les travaux d’entretien (ravalement, remise en état de la plomberie ou de l’électricité), de réparation, et d’amélioration du confort sans agrandissement (isolation, nouvelle chaudière, mise aux normes de sécurité, ascenseur). Non déductibles : les travaux de construction, de reconstruction ou d’agrandissement. Casser un mur pour créer une pièce supplémentaire, surélever une maison, transformer un garage en chambre avec reprise de fondation, tout cela s’ajoute au prix d’achat du bien et ne joue que sur le calcul de la plus value future, pas sur votre impôt de l’année. La ligne de partage n’est pas toujours évidente sur un chantier réel. Rénover une salle de bains est déductible tant que la surface et la structure du logement ne changent pas. Ce sont précisément ces zones grises qui justifient, avant tout devis signé, un point avec un professionnel pour sécuriser le montage. Le report sur 10 ans, un levier souvent sous utilisé Quand le déficit dépasse le plafond de 10 700 euros (ou 21 400 euros selon le cas), l’excédent n’est pas perdu. Il se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes, et vient donc neutraliser vos loyers futurs jusqu’à extinction du stock, ou jusqu’à la dixième année, au delà de laquelle la fraction non consommée disparaît définitivement. Cette mécanique change la façon d’aborder un chantier important. Un propriétaire qui engage 40 000 euros de travaux sur un bien qui génère 12 000 euros de loyers annuels peut imputer 10 700 euros sur son revenu global dès la première année, puis reporter le solde pour effacer ses revenus fonciers pendant plusieurs années. Résultat : une fiscalité locative proche de zéro sur une longue période, en plus de la baisse d’impôt immédiate. Les conditions à respecter pour ne pas perdre l’avantage Le déficit foncier n’est pas un dispositif accessible à toutes les configurations locatives. Trois conditions cadrent son usage : Le bien doit être loué nu, c’est à dire vide de meubles. La location meublée relève du régime BIC et non du
Dividendes ou Salaire Dirigeant 2026 : Quel Arbitrage Choisir ?
Entreprise, Fiscalité 20 juillet 2026 Dividendes ou salaire : quelle rémunération optimale pour le dirigeant en 2026 ? Un arbitrage qui ne se pose plus dans les mêmes termes Pendant des années, la règle était presque automatique. Un dirigeant se versait un salaire minimal pour couvrir ses charges courantes, et le reste passait en dividendes, taxés à 30 % via le PFU. Ce réflexe méritait d’être questionné en 2025. Il doit désormais être recalculé en 2026. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du capital de 1,4 point. Résultat, la flat tax sur les dividendes passe de 30 % à 31,4 % pour la majorité des revenus financiers, dividendes compris. Ce n’est pas un simple ajustement cosmétique. Sur une distribution de 50 000 euros, cela représente 700 euros de charge fiscale supplémentaire par rapport à l’an dernier, avant même de parler de la contribution différentielle sur les hauts revenus, qui vient encore rebattre les cartes pour certains profils. Alors, dividendes ou salaire dirigeant, quelle option choisir en 2026 ? La réponse dépend de votre statut juridique, de votre tranche marginale d’imposition, de vos besoins de trésorerie personnelle et de votre horizon patrimonial. Il n’existe pas de bonne réponse universelle, seulement une réponse adaptée à votre situation. Pourquoi l’équation a changé en 2026 ? Trois évolutions récentes expliquent pourquoi l’arbitrage entre rémunération dirigeant et distribution de dividendes mérite d’être recalculé cette année. La première, déjà évoquée, c’est la hausse de la CSG sur les revenus du capital. Le taux global des prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 % pour les dividendes perçus sur un compte-titres ordinaire, ce qui porte le PFU à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu plus 18,6 % de prélèvements sociaux). Bonne nouvelle au passage, l’assurance vie échappe à cette hausse et conserve un taux global de 30 %, ce qui en fait un outil de diversification patrimoniale d’autant plus pertinent pour un dirigeant qui cherche à loger une partie de son épargne hors de l’entreprise. La deuxième évolution, c’est la prorogation de la contribution différentielle sur les hauts revenus, la fameuse CDHR, pour les revenus de 2026. Ce mécanisme garantit un taux d’imposition minimal de 20 % pour les foyers les plus aisés, tous revenus confondus. Concrètement, un dirigeant qui optimisait fortement sa fiscalité en misant sur la flat tax pour ses dividendes peut se retrouver rattrapé par un complément d’impôt s’il n’atteint pas ce seuil plancher. L’avantage historique des dividendes s’érode donc mécaniquement pour les très hauts revenus. La troisième évolution est plus technique mais tout aussi structurante. Depuis la loi de finances 2026, l’option pour le PFU n’est plus totalement figée. Le contribuable conserve la possibilité de basculer vers le barème progressif, avec son abattement de 40 % sur les dividendes, et peut même revenir sur son choix dans le délai de réclamation. Cette flexibilité change la façon dont on doit penser sa stratégie de rémunération dirigeant, puisqu’une erreur d’arbitrage n’est plus forcément irréversible. Le salaire de dirigeant, comment ça fonctionne concrètement ? Le traitement social du salaire dépend entièrement de votre statut juridique, et les écarts sont considérables. Le président de SAS ou SASU relève du régime assimilé salarié. Il cotise à peu près comme un cadre du privé, avec un coût employeur qui représente environ 75 à 80 % du salaire net versé. C’est cher, mais cela ouvre des droits sociaux complets : retraite, prévoyance, assurance chômage sous conditions, couverture maladie alignée sur le régime général. Le gérant majoritaire de SARL ou l’associé unique d’EURL relève au contraire du régime des travailleurs non salariés, le fameux statut TNS. Les cotisations sociales y sont nettement plus légères, autour de 45 % de la rémunération brute. En contrepartie, la protection sociale est moins généreuse, notamment sur la prévoyance et les indemnités journalières, ce qui explique pourquoi ce sujet revient si souvent chez les dirigeants qui nous consultent sur leur protection du dirigeant. Dans les deux cas, le salaire présente un avantage que les dividendes n’offrent jamais, il valide des trimestres de retraite et construit des droits sociaux année après année. Un dirigeant qui se rémunère exclusivement en dividendes se prépare, sans le vouloir, une retraite quasiment nulle. Les dividendes en 2026, quelle fiscalité selon votre statut ? C’est ici que les règles divergent le plus fortement selon la forme juridique de votre société. En SAS ou SASU, la totalité des dividendes versés au président associé est soumise au PFU, sans aucune cotisation sociale, quel que soit le montant distribué. C’est l’un des grands attraits de ce statut. Sur 30 000 euros de dividendes bruts perçus en 2026, la charge fiscale s’élève à 9 420 euros au titre du PFU à 31,4 %, sans ponction sociale supplémentaire. La contrepartie, déjà mentionnée, est que ces sommes ne génèrent aucun droit à la retraite ni à la couverture maladie. En SARL ou EURL, la règle est plus complexe. Seule la fraction des dividendes inférieure ou égale à 10 % du capital social, augmenté des primes d’émission et des sommes laissées en compte courant d’associé, relève du PFU classique. Au-delà de ce seuil, la fraction excédentaire est requalifiée et soumise aux cotisations sociales TNS, dont le taux global avoisine 45 %. Avec un capital social de 10 000 euros par exemple, seuls 1 000 euros de dividendes échappent aux cotisations TNS. Tout le reste supporte une charge sociale proche de celle du salaire. Un levier existe pour desserrer cette contrainte, augmenter la base des 10 % en alimentant le compte courant d’associé. Bien dosée, cette stratégie peut faire basculer plusieurs milliers d’euros de dividendes de la fiscalité TNS vers la flat tax, une piste que nous explorons systématiquement avec les gérants de SARL que nous accompagnons. Salaire ou dividendes, un comparatif chiffré Prenons un cas concret. Un dirigeant de SASU, célibataire, perçoit un salaire annuel de 40 000 euros et sa tranche marginale d’imposition atteint 30 %. S’il ajoute 50 000 euros de dividendes
Comment Ouvrir un PER en 2026 : Guide et Fiscalité | ARTES Patrimoine
Fiscalité 13 juillet 2026 Comment ouvrir un PER : guide pas à pas et fiscalité Un versement de 5 000 € sur un PER en fin d’année peut faire économiser jusqu’à 2 250 € d’impôt sur le revenu à un contribuable dans la tranche à 45 %. C’est ce mécanisme, simple sur le papier mais souvent mal exploité, qui pousse chaque année davantage de salariés, d’indépendants et de dirigeants à ouvrir un PER. Pourtant, entre le choix de l’établissement, le calcul du plafond de déduction et les nouvelles règles issues de la loi de finances 2026, la démarche soulève encore beaucoup de questions. Ce guide détaille, étape par étape, comment ouvrir un plan d’épargne retraite, quels documents préparer, et comment fonctionne sa fiscalité aujourd’hui. Qu’est-ce qu’un PER et à quoi sert-il ? Le plan d’épargne retraite (PER) est un produit d’épargne à long terme créé par la loi Pacte de 2019. Il remplace progressivement les anciens contrats (PERP, Madelin, article 83, PERCO) tout en conservant leurs avantages fiscaux. Le principe est simple : vous versez de l’argent pendant votre vie active, ces sommes sont investies sur des supports financiers, et vous les récupérez à la retraite sous forme de capital, de rente, ou d’un mélange des deux. En contrepartie du blocage de l’épargne jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé), l’État accorde un avantage fiscal à l’entrée : chaque versement volontaire peut être déduit de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Le PER se décline en trois compartiments : le PER individuel (PERin), ouvert à tous, le PER d’entreprise collectif, et le PER d’entreprise obligatoire. Cet article se concentre sur le PER individuel, celui que l’on ouvre soi-même, sans passer par un employeur. Qui peut ouvrir un PER individuel ? Aucune condition de statut professionnel ni de revenu minimum n’est exigée. Depuis le 1er janvier 2024, il faut simplement être majeur pour souscrire un PER individuel. Concrètement, cela concerne : les salariés du privé et les fonctionnaires ; les travailleurs non salariés (TNS), professions libérales et chefs d’entreprise ; les demandeurs d’emploi et les personnes sans activité ; les retraités, qui peuvent continuer à alimenter un PER, avec une nuance fiscale importante détaillée plus bas. Un dirigeant d’entreprise a donc tout intérêt à examiner cette option au même titre qu’un salarié, mais avec un calcul de plafond différent, plus favorable dans son cas. Comment ouvrir un PER : le guide étape par étape Étape 1 : définir vos objectifs et votre horizon de placement Avant même de comparer les contrats, posez-vous la question de l’usage prévu : simple complément de retraite, réduction d’impôt ponctuelle liée à une année de revenus élevés, ou stratégie de transmission patrimoniale. Cette réponse oriente le choix du mode de gestion et la répartition entre fonds en euros et unités de compte. Étape 2 : choisir l’établissement et le contrat Trois familles d’acteurs proposent des PER individuels : les banques traditionnelles, les compagnies d’assurance, et les plateformes en ligne ou les cabinets de conseil en gestion de patrimoine. Les critères de comparaison à examiner de près sont les frais d’entrée, les frais de gestion annuels, la diversité des supports d’investissement disponibles et la qualité de la gestion pilotée proposée par défaut. Un accompagnement par un conseiller permet souvent d’éviter les contrats aux frais élevés ou aux supports mal adaptés à votre profil de risque. Étape 3 : choisir le mode de gestion Deux options s’offrent à vous. La gestion pilotée, qui ajuste automatiquement la répartition de votre épargne selon votre horizon de départ à la retraite (plus dynamique au début, plus prudente à l’approche de l’échéance). Et la gestion libre, où vous sélectionnez vous-même vos supports. La gestion pilotée est le mode par défaut sur la plupart des contrats, et elle convient à la majorité des épargnants qui ne souhaitent pas suivre les marchés au quotidien. Étape 4 : constituer le dossier de souscription Une fois le contrat sélectionné, il faut remplir le formulaire d’adhésion et fournir les pièces justificatives demandées par l’organisme. Étape 5 : signer et effectuer le versement initial La signature peut se faire électroniquement pour la plupart des contrats en ligne. Un versement initial est généralement requis à l’ouverture, son montant minimum variant selon les établissements, de quelques centaines d’euros pour les plateformes digitales à des montants plus élevés chez certains assureurs traditionnels. Étape 6 : programmer vos versements et suivre votre épargne Vous pouvez ensuite alimenter votre PER par des versements ponctuels ou programmés, selon votre capacité d’épargne. Un suivi régulier permet d’ajuster la répartition de vos investissements à mesure que votre horizon de retraite se rapproche. Quels documents fournir pour ouvrir un PER ? Le dossier de souscription demande généralement : une pièce d’identité en cours de validité (carte nationale d’identité, passeport ou titre de séjour) ; un justificatif de domicile récent ; un relevé d’identité bancaire (RIB) ; selon les établissements, un justificatif de revenus, notamment pour les indépendants dont le plafond de déduction dépend directement des bénéfices professionnels. Les contrats souscrits en ligne permettent le plus souvent de téléverser ces documents directement depuis un espace sécurisé, ce qui accélère nettement le délai d’ouverture par rapport à un rendez-vous en agence. Quelle fiscalité du PER en 2026 ? C’est le point que les épargnants comprennent le moins bien, et pourtant c’est celui qui détermine l’intérêt réel du produit. Le plafond de déduction fiscale Chaque versement volontaire peut être déduit de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond de déduction fiscale calculé individuellement et indiqué sur votre avis d’imposition, à la rubrique « Plafond épargne retraite ». Ce plafond dépend du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € pour 2026, en hausse de 2 % par rapport à 2025. Pour un salarié, le plafond de déduction 2026 correspond au plus élevé des deux montants suivants : 10 % des revenus professionnels nets de l’année précédente, dans la limite de huit fois le PASS, soit un maximum autour de 37
Défiscalisation 2026 : quelles solutions selon votre profil fiscal ?
Fiscalité 7 juillet 2026 Défiscalisation 2026 : quelles solutions selon votre profil fiscal ? Le 20 février 2026, la loi de finances a rebattu les cartes de la défiscalisation 2026. Le Pinel est mort depuis un an, les FCPI classiques viennent de perdre leur avantage fiscal du jour au lendemain, et un nouveau dispositif immobilier, le Jeanbrun, prend la place laissée vacante. Si vous avez mis votre stratégie fiscale de côté en attendant d’y voir plus clair, c’est le bon moment pour vous y remettre. Une chose ne change pas d’une année sur l’autre : la meilleure solution de défiscalisation n’est jamais la même pour tout le monde, quoi qu’en disent certains guides génériques. Un dirigeant fortement imposé, un cadre qui prépare sa retraite et un couple soumis à l’IFI n’ont pas grand chose à gagner aux mêmes dispositifs, et leur conseiller la même chose serait une erreur. C’est l’objet de cet article, vous aider à repérer, selon votre situation, les leviers qui ont vraiment du sens cette année. Comprendre les bases avant de choisir un dispositif Avant de comparer les outils, il faut comprendre ce qu’on compare. Trois mécanismes coexistent en droit fiscal français, et ils ne se valent pas. La réduction d’impôt vient en déduction directe de l’impôt à payer. Investissez dans un dispositif Malraux ou au capital d’une PME éligible à l’IR-PME, et le montant obtenu s’impute sur votre feuille d’imposition, euro pour euro, dans la limite du taux prévu. La déduction d’impôt agit plus en amont : elle réduit le revenu imposable avant même le calcul de l’impôt. C’est le principe du PER, dont chaque versement vient diminuer l’assiette sur laquelle votre taux marginal d’imposition s’applique. Le crédit d’impôt, enfin, est le plus favorable des trois puisqu’il est remboursé même si vous n’êtes pas imposable. Il reste toutefois marginal pour les stratégies patrimoniales et concerne surtout l’emploi à domicile ou la garde d’enfants. Un point de vigilance mérite d’être posé tout de suite : la plupart de ces avantages sont soumis au plafonnement des niches fiscales, fixé à 10 000 euros par foyer et par an (18 000 euros pour les investissements outre mer ou en SOFICA). Au delà, l’avantage fiscal est perdu, sauf exceptions notables. Le PER, la loi Malraux, le déficit foncier ou les dons aux œuvres échappent totalement à ce plafond, ce qui en fait des outils particulièrement puissants pour les contribuables déjà proches de la limite. Ce qui change concrètement avec la loi de finances 2026 Trois évolutions structurent le paysage cette année. D’abord, la fin programmée des FCPI classiques. Depuis les versements réalisés à compter du 21 février 2026, seuls les fonds investis dans de jeunes entreprises innovantes (JEI, JEC, JEII) ouvrent encore droit à une réduction d’impôt, à hauteur de 30 % du montant investi, dans la limite de 75 000 euros pour une personne seule et 150 000 euros pour un couple. Ensuite, l’arrivée du dispositif Jeanbrun, aussi appelé Relance Logement. Il remplace définitivement le Pinel avec une logique très différente : plutôt qu’une réduction d’impôt calculée sur le prix d’achat, le bailleur en location nue peut désormais amortir chaque année entre 3,5 % et 5,5 % de 80 % de la valeur du logement, dans la limite de 8 000 à 12 000 euros selon le niveau de loyer pratiqué. Aucun zonage géographique ne s’applique, ce qui ouvre le dispositif aux villes moyennes autant qu’aux grandes métropoles. Enfin, le PER évolue sur deux points. Le report des plafonds de versement non utilisés passe de 3 à 5 ans, ce qui laisse plus de marge de manœuvre pour lisser ses versements dans le temps. En contrepartie, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles. Vous êtes dirigeant ou profession libérale fortement imposé Pour un chef d’entreprise ou un professionnel libéral dont le taux marginal d’imposition frôle ou dépasse 41 %, la question n’est presque jamais de savoir s’il faut défiscaliser. Elle est plutôt de savoir dans quel ordre activer les leviers, et c’est là que beaucoup de stratégies bricolées seul finissent par coûter cher. Le PER reste souvent le point de départ, précisément parce qu’il échappe au plafonnement des niches fiscales. Un versement de 10 000 euros pour un dirigeant à la tranche à 41 % génère 4 100 euros d’économie immédiate, sans entamer la moindre marge sur les autres dispositifs. Vient ensuite l’IR-PME, pour ceux qui souhaitent orienter une partie de leur épargne vers l’économie réelle. La réduction d’impôt varie de 18 % à 50 % selon le type de structure financée (PME classique, entreprise ESUS, jeune entreprise innovante), avec un plafond d’investissement de 50 000 euros pour une personne seule. Attention toutefois, ce dispositif entre bien dans le plafond des 10 000 euros de niches fiscales. Pour les dirigeants qui envisagent une cession ou une transmission d’entreprise, le Pacte Dutreil reste l’outil de référence pour alléger les droits de mutation lors d’une donation ou succession de titres, avec une exonération pouvant atteindre 75 % de la valeur transmise sous conditions d’engagement de conservation. C’est précisément le type d’arbitrage que traite la page Optimisation Fiscale d’ARTES Patrimoine, où l’ordre dans lequel activer les dispositifs compte souvent autant que le choix des dispositifs eux mêmes. Vous voulez vous constituer un patrimoine immobilier Ici, l’année 2026 rebat vraiment les cartes, et pas seulement sur le papier. Le dispositif Jeanbrun s’impose comme la référence pour un investissement locatif neuf, avec son mécanisme d’amortissement sans zonage géographique. Ce n’est pas un cadeau sans contrepartie pour autant : engagement de location nue de 9 ans, loyers plafonnés entre 15 % et 45 % sous le marché selon le type de logement (social, intermédiaire ou très social), et interdiction de louer à un membre du foyer fiscal. Un investisseur pressé qui saute cette étape de vérification risque une remise en cause de l’avantage fiscal en cours de route. Pour l’ancien avec travaux, le déficit foncier garde toute sa pertinence, avec un plafond d’imputation sur le revenu global porté à 21 400
IPO SpaceX : la leçon à retenir pour diversifier son épargne
Économie, Patrimoine 7 juillet 2026 IPO SpaceX : la leçon à retenir pour diversifier son épargne Le 12 juin 2026, SpaceX est entrée au Nasdaq sous le ticker SPCX à 135 dollars l’action, pour une valorisation visée d’environ 1 750 milliards de dollars. C’est, sur le papier, la plus grosse introduction en bourse de l’histoire, devant Saudi Aramco en 2019. Deux semaines plus tard, le titre avait déjà grimpé jusqu’à 225,64 dollars avant de retomber à 147,11 dollars. De quoi donner le vertige à n’importe quel épargnant qui aurait été tenté de tout miser sur une seule ligne. C’est justement ce point qui mérite qu’on s’y arrête. Au delà du feuilleton médiatique autour d’Elon Musk et de ses fusées, l’IPO SpaceX illustre parfaitement pourquoi la diversification investissements financiers reste un principe de base, et non un conseil accessoire réservé aux gros portefeuilles. Voici ce qu’il faut retenir de cette opération, et comment en tirer une leçon concrète pour la gestion de votre propre patrimoine. SpaceX en bourse, retour sur une opération hors norme SpaceX a déposé son prospectus S1 auprès de la SEC le 20 mai 2026. Le roadshow investisseurs a démarré début juin, le prix a été fixé le 11 juin à 135 dollars par action (après un fractionnement d’actions de 5 pour 1 opéré le 4 mai, qui a ajusté rétroactivement tous les montants du prospectus), et la cotation a débuté le lendemain sur le Nasdaq, avec une cotation croisée sur Euronext Global Equity Market pour le marché européen. L’opération a mobilisé 23 banques d’investissement dans le monde, Goldman Sachs en tête côté américain. Elle a permis à SpaceX de lever environ 75 milliards de dollars en vendant 555,6 millions d’actions. À ce prix d’introduction, la capitalisation de l’entreprise a immédiatement dépassé les 1 750 milliards de dollars, un niveau que seules trois autres sociétés américaines, Apple, Microsoft et Nvidia, dépassaient jusqu’ici. Autre élément notable : en février 2026, SpaceX a finalisé une fusion avec xAI, la société d’intelligence artificielle d’Elon Musk qui héberge notamment le chatbot Grok et le réseau social X. Un investisseur qui achète du SPCX aujourd’hui ne s’expose donc plus seulement aux lancements de fusées et à Starlink, mais aussi à l’IA générative et aux réseaux sociaux. Cette diversification interne à l’entreprise ne dispense pas pour autant l’investisseur de diversifier, lui, son propre portefeuille. Les chiffres qui posent question Ce qui frappe dans ce dossier, c’est l’écart entre la valorisation affichée et les résultats financiers réels de l’entreprise. En 2025, SpaceX a généré environ 18,67 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 80 % en trois ans, un rythme de croissance impressionnant. Mais au premier trimestre 2026, l’entreprise a également enregistré une perte nette de 4,28 milliards de dollars. Une valorisation de 1 750 milliards de dollars représente donc près de 94 fois le chiffre d’affaires annuel, un multiple qui n’a pratiquement pas d’équivalent pour une société de cette taille. Une partie de l’explication tient au programme Starship, qui aurait déjà absorbé environ 15 milliards de dollars d’investissement. SpaceX ne verse aucun dividende, et sa structure d’actions à double classe prive les actionnaires particuliers de tout pouvoir réel sur la gouvernance. Résultat, dès les premières semaines de cotation, le titre a connu une volatilité extrême. Entre son plus haut à 225,64 dollars le 16 juin et son plus bas à 147,11 dollars le 23 juin, l’écart dépasse 30 % en une semaine à peine. Deux analystes indépendants, cités dans la presse spécialisée, situent d’ailleurs la valeur réelle de l’entreprise nettement en dessous du prix d’introduction. Et la fin de la période de blocage des actions, attendue vers décembre 2026, pourrait accentuer la pression vendeuse si les actionnaires historiques décident de céder une partie de leurs titres. Rien de tout cela ne signifie que SpaceX est une mauvaise entreprise. Cela signifie simplement qu’un pari sur une seule action, aussi séduisante soit elle, reste un pari. Pourquoi miser sur une seule valeur reste risqué ? Le scénario n’est pas nouveau. Chaque grande IPO médiatisée déclenche le même réflexe chez une partie des investisseurs particuliers, celui de vouloir « en être », par peur de manquer la prochaine pépite technologique. C’est exactement ce qu’on a observé avec SpaceX dès l’ouverture de la cotation, avec des volumes d’échange qui ont explosé. Le problème, c’est que concentrer une part significative de son épargne sur un seul titre revient à parier sur un scénario unique. Si SpaceX réussit son pari sur Starlink et l’IA, très bien. Si les résultats trimestriels déçoivent, ou si la levée du lock up en fin d’année déclenche des ventes massives d’initiés, le portefeuille de l’investisseur mono actif encaisse tout le choc, sans aucun amortisseur. C’est précisément le rôle de la diversification investissements financiers : répartir le risque entre plusieurs classes d’actifs (actions, obligations, immobilier, fonds euros, private equity) de sorte qu’une mauvaise nouvelle sur une ligne ne mette pas en péril l’ensemble du patrimoine. Ce n’est pas une posture prudente réservée aux investisseurs frileux, c’est un principe de construction de portefeuille qui s’applique aussi bien à un particulier qu’à un chef d’entreprise ou à un institutionnel. Diversifier son patrimoine, un réflexe à construire avant l’euphorie L’erreur classique consiste à diversifier après coup, une fois qu’une perte a déjà été encaissée. La bonne approche, c’est d’intégrer la diversification de son patrimoine en amont, comme une règle de construction, pas comme un correctif. Concrètement, cela veut dire répartir ses avoirs entre plusieurs supports : Les marchés actions, via des fonds diversifiés ou des unités de compte, plutôt que via des lignes individuelles concentrées sur une poignée de valeurs. L’assurance vie, qui permet de combiner sécurité du fonds en euros et performance des unités de compte, avec une fiscalité avantageuse après huit ans. L’immobilier, en direct ou via des SCPI, qui offre un couple rendement risque décorrélé des marchés actions. Les produits d’épargne retraite, comme le PER, qui ajoutent un avantage fiscal immédiat tout en préparant le long terme. Chaque profil d’investisseur a ses propres










