Fiscalité, Patrimoine 27 juillet 2026 Déficit foncier : comment réduire ses impôts avec l’immobilier ancien Un propriétaire bailleur qui rénove un appartement ancien peut, la même année, faire baisser l’impôt sur ses salaires. Ce n’est pas une astuce de niche fiscale, c’est un mécanisme du code général des impôts qui existe depuis des décennies : le déficit foncier. Et pourtant, une grande partie des investisseurs en location nue passent à côté, faute de bien comprendre comment l’activer. Si vous détenez ou envisagez d’acheter un bien locatif à rénover, comprendre ce dispositif peut changer la rentabilité réelle de votre opération. Voici comment il fonctionne, ce qu’il permet de déduire, et dans quels cas il devient particulièrement puissant. Qu’est ce que le déficit foncier ? Le déficit foncier apparaît lorsque les charges déductibles liées à un bien locatif dépassent les loyers encaissés sur cette même année. Concrètement, si vous percevez 9 000 euros de loyers et que vous engagez 25 000 euros de travaux, taxe foncière et frais de gestion compris, votre résultat foncier est négatif de 16 000 euros. Ce déficit ne reste pas sans effet. Une partie vient s’imputer directement sur votre revenu global, c’est à dire sur l’ensemble de vos revenus imposables : salaires, bénéfices professionnels, pensions. C’est ce qui rend le mécanisme si intéressant pour les dirigeants et cadres fortement imposés. Contrairement à une réduction d’impôt classique, il ne s’agit pas d’un avantage plafonné par le fameux plafonnement global des niches fiscales à 10 000 euros. C’est une charge déductible, pas un cadeau fiscal soumis à quota. Le principe repose sur une logique simple : l’État accepte de partager le coût de vos travaux, à travers une baisse d’impôt, en échange d’un engagement de location durable du bien. Comment se calcule le déficit foncier ? Le calcul part du résultat foncier, obtenu en soustrayant les charges déductibles des loyers bruts perçus dans l’année. Parmi les charges qui comptent : les travaux de réparation, d’entretien et d’amélioration la taxe foncière les primes d’assurance propriétaire non occupant les frais de gestion et honoraires d’agence les intérêts d’emprunt les charges de copropriété non récupérables auprès du locataire Une nuance mérite d’être posée ici, car elle change tout dans la pratique : les intérêts d’emprunt ne s’imputent que sur les revenus fonciers, jamais sur le revenu global. Seule la fraction du déficit qui provient des autres charges (travaux, taxe foncière, assurance, gestion) peut venir réduire votre revenu global. C’est une distinction que beaucoup d’investisseurs découvrent trop tard, au moment de la déclaration. Le plafond de 10 700 euros, et le cas particulier des passoires thermiques C’est le chiffre à retenir : le déficit imputable sur le revenu global est plafonné à 10 700 euros par an. Au delà, le surplus n’est pas perdu, il se reporte, mais sur un autre poste, comme on le verra plus loin. Un régime plus favorable existe pour la rénovation énergétique d’un bien classé passoire thermique (étiquette E, F ou G au DPE). Depuis 2023, un plafond doublé, porté à 21 400 euros, s’applique lorsque les travaux permettent au logement de sortir du statut de passoire et d’atteindre au moins la classe D. La loi de finances pour 2026 a prorogé ce dispositif de rehaussement pour les dépenses payées jusqu’au 31 décembre 2027. Les conditions restent strictes : devis daté, DPE avant et après travaux, et nature des travaux limitée à l’isolation, au chauffage performant ou à la ventilation. Certaines évolutions récentes du texte budgétaire recentrent aussi l’avantage majoré sur les logements les plus énergivores, donc mieux vaut vérifier au cas par cas avec un conseiller la version applicable à votre situation avant d’engager les travaux. Dans les deux cas, ce plafond concerne uniquement l’imputation sur le revenu global. Les travaux déductibles ne sont pas limités en montant, seule leur imputation sur vos autres revenus l’est. Quels travaux sont réellement déductibles ? C’est souvent là que le bât blesse. L’administration fiscale distingue trois catégories de travaux, et une seule ouvre droit au déficit foncier. Déductibles : les travaux d’entretien (ravalement, remise en état de la plomberie ou de l’électricité), de réparation, et d’amélioration du confort sans agrandissement (isolation, nouvelle chaudière, mise aux normes de sécurité, ascenseur). Non déductibles : les travaux de construction, de reconstruction ou d’agrandissement. Casser un mur pour créer une pièce supplémentaire, surélever une maison, transformer un garage en chambre avec reprise de fondation, tout cela s’ajoute au prix d’achat du bien et ne joue que sur le calcul de la plus value future, pas sur votre impôt de l’année. La ligne de partage n’est pas toujours évidente sur un chantier réel. Rénover une salle de bains est déductible tant que la surface et la structure du logement ne changent pas. Ce sont précisément ces zones grises qui justifient, avant tout devis signé, un point avec un professionnel pour sécuriser le montage. Le report sur 10 ans, un levier souvent sous utilisé Quand le déficit dépasse le plafond de 10 700 euros (ou 21 400 euros selon le cas), l’excédent n’est pas perdu. Il se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes, et vient donc neutraliser vos loyers futurs jusqu’à extinction du stock, ou jusqu’à la dixième année, au delà de laquelle la fraction non consommée disparaît définitivement. Cette mécanique change la façon d’aborder un chantier important. Un propriétaire qui engage 40 000 euros de travaux sur un bien qui génère 12 000 euros de loyers annuels peut imputer 10 700 euros sur son revenu global dès la première année, puis reporter le solde pour effacer ses revenus fonciers pendant plusieurs années. Résultat : une fiscalité locative proche de zéro sur une longue période, en plus de la baisse d’impôt immédiate. Les conditions à respecter pour ne pas perdre l’avantage Le déficit foncier n’est pas un dispositif accessible à toutes les configurations locatives. Trois conditions cadrent son usage : Le bien doit être loué nu, c’est à dire vide de meubles. La location meublée relève du régime BIC et non du
Dividendes ou Salaire Dirigeant 2026 : Quel Arbitrage Choisir ?
Entreprise, Fiscalité 20 juillet 2026 Dividendes ou salaire : quelle rémunération optimale pour le dirigeant en 2026 ? Un arbitrage qui ne se pose plus dans les mêmes termes Pendant des années, la règle était presque automatique. Un dirigeant se versait un salaire minimal pour couvrir ses charges courantes, et le reste passait en dividendes, taxés à 30 % via le PFU. Ce réflexe méritait d’être questionné en 2025. Il doit désormais être recalculé en 2026. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du capital de 1,4 point. Résultat, la flat tax sur les dividendes passe de 30 % à 31,4 % pour la majorité des revenus financiers, dividendes compris. Ce n’est pas un simple ajustement cosmétique. Sur une distribution de 50 000 euros, cela représente 700 euros de charge fiscale supplémentaire par rapport à l’an dernier, avant même de parler de la contribution différentielle sur les hauts revenus, qui vient encore rebattre les cartes pour certains profils. Alors, dividendes ou salaire dirigeant, quelle option choisir en 2026 ? La réponse dépend de votre statut juridique, de votre tranche marginale d’imposition, de vos besoins de trésorerie personnelle et de votre horizon patrimonial. Il n’existe pas de bonne réponse universelle, seulement une réponse adaptée à votre situation. Pourquoi l’équation a changé en 2026 ? Trois évolutions récentes expliquent pourquoi l’arbitrage entre rémunération dirigeant et distribution de dividendes mérite d’être recalculé cette année. La première, déjà évoquée, c’est la hausse de la CSG sur les revenus du capital. Le taux global des prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 % pour les dividendes perçus sur un compte-titres ordinaire, ce qui porte le PFU à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu plus 18,6 % de prélèvements sociaux). Bonne nouvelle au passage, l’assurance vie échappe à cette hausse et conserve un taux global de 30 %, ce qui en fait un outil de diversification patrimoniale d’autant plus pertinent pour un dirigeant qui cherche à loger une partie de son épargne hors de l’entreprise. La deuxième évolution, c’est la prorogation de la contribution différentielle sur les hauts revenus, la fameuse CDHR, pour les revenus de 2026. Ce mécanisme garantit un taux d’imposition minimal de 20 % pour les foyers les plus aisés, tous revenus confondus. Concrètement, un dirigeant qui optimisait fortement sa fiscalité en misant sur la flat tax pour ses dividendes peut se retrouver rattrapé par un complément d’impôt s’il n’atteint pas ce seuil plancher. L’avantage historique des dividendes s’érode donc mécaniquement pour les très hauts revenus. La troisième évolution est plus technique mais tout aussi structurante. Depuis la loi de finances 2026, l’option pour le PFU n’est plus totalement figée. Le contribuable conserve la possibilité de basculer vers le barème progressif, avec son abattement de 40 % sur les dividendes, et peut même revenir sur son choix dans le délai de réclamation. Cette flexibilité change la façon dont on doit penser sa stratégie de rémunération dirigeant, puisqu’une erreur d’arbitrage n’est plus forcément irréversible. Le salaire de dirigeant, comment ça fonctionne concrètement ? Le traitement social du salaire dépend entièrement de votre statut juridique, et les écarts sont considérables. Le président de SAS ou SASU relève du régime assimilé salarié. Il cotise à peu près comme un cadre du privé, avec un coût employeur qui représente environ 75 à 80 % du salaire net versé. C’est cher, mais cela ouvre des droits sociaux complets : retraite, prévoyance, assurance chômage sous conditions, couverture maladie alignée sur le régime général. Le gérant majoritaire de SARL ou l’associé unique d’EURL relève au contraire du régime des travailleurs non salariés, le fameux statut TNS. Les cotisations sociales y sont nettement plus légères, autour de 45 % de la rémunération brute. En contrepartie, la protection sociale est moins généreuse, notamment sur la prévoyance et les indemnités journalières, ce qui explique pourquoi ce sujet revient si souvent chez les dirigeants qui nous consultent sur leur protection du dirigeant. Dans les deux cas, le salaire présente un avantage que les dividendes n’offrent jamais, il valide des trimestres de retraite et construit des droits sociaux année après année. Un dirigeant qui se rémunère exclusivement en dividendes se prépare, sans le vouloir, une retraite quasiment nulle. Les dividendes en 2026, quelle fiscalité selon votre statut ? C’est ici que les règles divergent le plus fortement selon la forme juridique de votre société. En SAS ou SASU, la totalité des dividendes versés au président associé est soumise au PFU, sans aucune cotisation sociale, quel que soit le montant distribué. C’est l’un des grands attraits de ce statut. Sur 30 000 euros de dividendes bruts perçus en 2026, la charge fiscale s’élève à 9 420 euros au titre du PFU à 31,4 %, sans ponction sociale supplémentaire. La contrepartie, déjà mentionnée, est que ces sommes ne génèrent aucun droit à la retraite ni à la couverture maladie. En SARL ou EURL, la règle est plus complexe. Seule la fraction des dividendes inférieure ou égale à 10 % du capital social, augmenté des primes d’émission et des sommes laissées en compte courant d’associé, relève du PFU classique. Au-delà de ce seuil, la fraction excédentaire est requalifiée et soumise aux cotisations sociales TNS, dont le taux global avoisine 45 %. Avec un capital social de 10 000 euros par exemple, seuls 1 000 euros de dividendes échappent aux cotisations TNS. Tout le reste supporte une charge sociale proche de celle du salaire. Un levier existe pour desserrer cette contrainte, augmenter la base des 10 % en alimentant le compte courant d’associé. Bien dosée, cette stratégie peut faire basculer plusieurs milliers d’euros de dividendes de la fiscalité TNS vers la flat tax, une piste que nous explorons systématiquement avec les gérants de SARL que nous accompagnons. Salaire ou dividendes, un comparatif chiffré Prenons un cas concret. Un dirigeant de SASU, célibataire, perçoit un salaire annuel de 40 000 euros et sa tranche marginale d’imposition atteint 30 %. S’il ajoute 50 000 euros de dividendes
Comment Ouvrir un PER en 2026 : Guide et Fiscalité | ARTES Patrimoine
Fiscalité 13 juillet 2026 Comment ouvrir un PER : guide pas à pas et fiscalité Un versement de 5 000 € sur un PER en fin d’année peut faire économiser jusqu’à 2 250 € d’impôt sur le revenu à un contribuable dans la tranche à 45 %. C’est ce mécanisme, simple sur le papier mais souvent mal exploité, qui pousse chaque année davantage de salariés, d’indépendants et de dirigeants à ouvrir un PER. Pourtant, entre le choix de l’établissement, le calcul du plafond de déduction et les nouvelles règles issues de la loi de finances 2026, la démarche soulève encore beaucoup de questions. Ce guide détaille, étape par étape, comment ouvrir un plan d’épargne retraite, quels documents préparer, et comment fonctionne sa fiscalité aujourd’hui. Qu’est-ce qu’un PER et à quoi sert-il ? Le plan d’épargne retraite (PER) est un produit d’épargne à long terme créé par la loi Pacte de 2019. Il remplace progressivement les anciens contrats (PERP, Madelin, article 83, PERCO) tout en conservant leurs avantages fiscaux. Le principe est simple : vous versez de l’argent pendant votre vie active, ces sommes sont investies sur des supports financiers, et vous les récupérez à la retraite sous forme de capital, de rente, ou d’un mélange des deux. En contrepartie du blocage de l’épargne jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé), l’État accorde un avantage fiscal à l’entrée : chaque versement volontaire peut être déduit de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Le PER se décline en trois compartiments : le PER individuel (PERin), ouvert à tous, le PER d’entreprise collectif, et le PER d’entreprise obligatoire. Cet article se concentre sur le PER individuel, celui que l’on ouvre soi-même, sans passer par un employeur. Qui peut ouvrir un PER individuel ? Aucune condition de statut professionnel ni de revenu minimum n’est exigée. Depuis le 1er janvier 2024, il faut simplement être majeur pour souscrire un PER individuel. Concrètement, cela concerne : les salariés du privé et les fonctionnaires ; les travailleurs non salariés (TNS), professions libérales et chefs d’entreprise ; les demandeurs d’emploi et les personnes sans activité ; les retraités, qui peuvent continuer à alimenter un PER, avec une nuance fiscale importante détaillée plus bas. Un dirigeant d’entreprise a donc tout intérêt à examiner cette option au même titre qu’un salarié, mais avec un calcul de plafond différent, plus favorable dans son cas. Comment ouvrir un PER : le guide étape par étape Étape 1 : définir vos objectifs et votre horizon de placement Avant même de comparer les contrats, posez-vous la question de l’usage prévu : simple complément de retraite, réduction d’impôt ponctuelle liée à une année de revenus élevés, ou stratégie de transmission patrimoniale. Cette réponse oriente le choix du mode de gestion et la répartition entre fonds en euros et unités de compte. Étape 2 : choisir l’établissement et le contrat Trois familles d’acteurs proposent des PER individuels : les banques traditionnelles, les compagnies d’assurance, et les plateformes en ligne ou les cabinets de conseil en gestion de patrimoine. Les critères de comparaison à examiner de près sont les frais d’entrée, les frais de gestion annuels, la diversité des supports d’investissement disponibles et la qualité de la gestion pilotée proposée par défaut. Un accompagnement par un conseiller permet souvent d’éviter les contrats aux frais élevés ou aux supports mal adaptés à votre profil de risque. Étape 3 : choisir le mode de gestion Deux options s’offrent à vous. La gestion pilotée, qui ajuste automatiquement la répartition de votre épargne selon votre horizon de départ à la retraite (plus dynamique au début, plus prudente à l’approche de l’échéance). Et la gestion libre, où vous sélectionnez vous-même vos supports. La gestion pilotée est le mode par défaut sur la plupart des contrats, et elle convient à la majorité des épargnants qui ne souhaitent pas suivre les marchés au quotidien. Étape 4 : constituer le dossier de souscription Une fois le contrat sélectionné, il faut remplir le formulaire d’adhésion et fournir les pièces justificatives demandées par l’organisme. Étape 5 : signer et effectuer le versement initial La signature peut se faire électroniquement pour la plupart des contrats en ligne. Un versement initial est généralement requis à l’ouverture, son montant minimum variant selon les établissements, de quelques centaines d’euros pour les plateformes digitales à des montants plus élevés chez certains assureurs traditionnels. Étape 6 : programmer vos versements et suivre votre épargne Vous pouvez ensuite alimenter votre PER par des versements ponctuels ou programmés, selon votre capacité d’épargne. Un suivi régulier permet d’ajuster la répartition de vos investissements à mesure que votre horizon de retraite se rapproche. Quels documents fournir pour ouvrir un PER ? Le dossier de souscription demande généralement : une pièce d’identité en cours de validité (carte nationale d’identité, passeport ou titre de séjour) ; un justificatif de domicile récent ; un relevé d’identité bancaire (RIB) ; selon les établissements, un justificatif de revenus, notamment pour les indépendants dont le plafond de déduction dépend directement des bénéfices professionnels. Les contrats souscrits en ligne permettent le plus souvent de téléverser ces documents directement depuis un espace sécurisé, ce qui accélère nettement le délai d’ouverture par rapport à un rendez-vous en agence. Quelle fiscalité du PER en 2026 ? C’est le point que les épargnants comprennent le moins bien, et pourtant c’est celui qui détermine l’intérêt réel du produit. Le plafond de déduction fiscale Chaque versement volontaire peut être déduit de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond de déduction fiscale calculé individuellement et indiqué sur votre avis d’imposition, à la rubrique « Plafond épargne retraite ». Ce plafond dépend du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € pour 2026, en hausse de 2 % par rapport à 2025. Pour un salarié, le plafond de déduction 2026 correspond au plus élevé des deux montants suivants : 10 % des revenus professionnels nets de l’année précédente, dans la limite de huit fois le PASS, soit un maximum autour de 37
Défiscalisation 2026 : quelles solutions selon votre profil fiscal ?
Fiscalité 7 juillet 2026 Défiscalisation 2026 : quelles solutions selon votre profil fiscal ? Le 20 février 2026, la loi de finances a rebattu les cartes de la défiscalisation 2026. Le Pinel est mort depuis un an, les FCPI classiques viennent de perdre leur avantage fiscal du jour au lendemain, et un nouveau dispositif immobilier, le Jeanbrun, prend la place laissée vacante. Si vous avez mis votre stratégie fiscale de côté en attendant d’y voir plus clair, c’est le bon moment pour vous y remettre. Une chose ne change pas d’une année sur l’autre : la meilleure solution de défiscalisation n’est jamais la même pour tout le monde, quoi qu’en disent certains guides génériques. Un dirigeant fortement imposé, un cadre qui prépare sa retraite et un couple soumis à l’IFI n’ont pas grand chose à gagner aux mêmes dispositifs, et leur conseiller la même chose serait une erreur. C’est l’objet de cet article, vous aider à repérer, selon votre situation, les leviers qui ont vraiment du sens cette année. Comprendre les bases avant de choisir un dispositif Avant de comparer les outils, il faut comprendre ce qu’on compare. Trois mécanismes coexistent en droit fiscal français, et ils ne se valent pas. La réduction d’impôt vient en déduction directe de l’impôt à payer. Investissez dans un dispositif Malraux ou au capital d’une PME éligible à l’IR-PME, et le montant obtenu s’impute sur votre feuille d’imposition, euro pour euro, dans la limite du taux prévu. La déduction d’impôt agit plus en amont : elle réduit le revenu imposable avant même le calcul de l’impôt. C’est le principe du PER, dont chaque versement vient diminuer l’assiette sur laquelle votre taux marginal d’imposition s’applique. Le crédit d’impôt, enfin, est le plus favorable des trois puisqu’il est remboursé même si vous n’êtes pas imposable. Il reste toutefois marginal pour les stratégies patrimoniales et concerne surtout l’emploi à domicile ou la garde d’enfants. Un point de vigilance mérite d’être posé tout de suite : la plupart de ces avantages sont soumis au plafonnement des niches fiscales, fixé à 10 000 euros par foyer et par an (18 000 euros pour les investissements outre mer ou en SOFICA). Au delà, l’avantage fiscal est perdu, sauf exceptions notables. Le PER, la loi Malraux, le déficit foncier ou les dons aux œuvres échappent totalement à ce plafond, ce qui en fait des outils particulièrement puissants pour les contribuables déjà proches de la limite. Ce qui change concrètement avec la loi de finances 2026 Trois évolutions structurent le paysage cette année. D’abord, la fin programmée des FCPI classiques. Depuis les versements réalisés à compter du 21 février 2026, seuls les fonds investis dans de jeunes entreprises innovantes (JEI, JEC, JEII) ouvrent encore droit à une réduction d’impôt, à hauteur de 30 % du montant investi, dans la limite de 75 000 euros pour une personne seule et 150 000 euros pour un couple. Ensuite, l’arrivée du dispositif Jeanbrun, aussi appelé Relance Logement. Il remplace définitivement le Pinel avec une logique très différente : plutôt qu’une réduction d’impôt calculée sur le prix d’achat, le bailleur en location nue peut désormais amortir chaque année entre 3,5 % et 5,5 % de 80 % de la valeur du logement, dans la limite de 8 000 à 12 000 euros selon le niveau de loyer pratiqué. Aucun zonage géographique ne s’applique, ce qui ouvre le dispositif aux villes moyennes autant qu’aux grandes métropoles. Enfin, le PER évolue sur deux points. Le report des plafonds de versement non utilisés passe de 3 à 5 ans, ce qui laisse plus de marge de manœuvre pour lisser ses versements dans le temps. En contrepartie, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles. Vous êtes dirigeant ou profession libérale fortement imposé Pour un chef d’entreprise ou un professionnel libéral dont le taux marginal d’imposition frôle ou dépasse 41 %, la question n’est presque jamais de savoir s’il faut défiscaliser. Elle est plutôt de savoir dans quel ordre activer les leviers, et c’est là que beaucoup de stratégies bricolées seul finissent par coûter cher. Le PER reste souvent le point de départ, précisément parce qu’il échappe au plafonnement des niches fiscales. Un versement de 10 000 euros pour un dirigeant à la tranche à 41 % génère 4 100 euros d’économie immédiate, sans entamer la moindre marge sur les autres dispositifs. Vient ensuite l’IR-PME, pour ceux qui souhaitent orienter une partie de leur épargne vers l’économie réelle. La réduction d’impôt varie de 18 % à 50 % selon le type de structure financée (PME classique, entreprise ESUS, jeune entreprise innovante), avec un plafond d’investissement de 50 000 euros pour une personne seule. Attention toutefois, ce dispositif entre bien dans le plafond des 10 000 euros de niches fiscales. Pour les dirigeants qui envisagent une cession ou une transmission d’entreprise, le Pacte Dutreil reste l’outil de référence pour alléger les droits de mutation lors d’une donation ou succession de titres, avec une exonération pouvant atteindre 75 % de la valeur transmise sous conditions d’engagement de conservation. C’est précisément le type d’arbitrage que traite la page Optimisation Fiscale d’ARTES Patrimoine, où l’ordre dans lequel activer les dispositifs compte souvent autant que le choix des dispositifs eux mêmes. Vous voulez vous constituer un patrimoine immobilier Ici, l’année 2026 rebat vraiment les cartes, et pas seulement sur le papier. Le dispositif Jeanbrun s’impose comme la référence pour un investissement locatif neuf, avec son mécanisme d’amortissement sans zonage géographique. Ce n’est pas un cadeau sans contrepartie pour autant : engagement de location nue de 9 ans, loyers plafonnés entre 15 % et 45 % sous le marché selon le type de logement (social, intermédiaire ou très social), et interdiction de louer à un membre du foyer fiscal. Un investisseur pressé qui saute cette étape de vérification risque une remise en cause de l’avantage fiscal en cours de route. Pour l’ancien avec travaux, le déficit foncier garde toute sa pertinence, avec un plafond d’imputation sur le revenu global porté à 21 400
IPO SpaceX : la leçon à retenir pour diversifier son épargne
Économie, Patrimoine 7 juillet 2026 IPO SpaceX : la leçon à retenir pour diversifier son épargne Le 12 juin 2026, SpaceX est entrée au Nasdaq sous le ticker SPCX à 135 dollars l’action, pour une valorisation visée d’environ 1 750 milliards de dollars. C’est, sur le papier, la plus grosse introduction en bourse de l’histoire, devant Saudi Aramco en 2019. Deux semaines plus tard, le titre avait déjà grimpé jusqu’à 225,64 dollars avant de retomber à 147,11 dollars. De quoi donner le vertige à n’importe quel épargnant qui aurait été tenté de tout miser sur une seule ligne. C’est justement ce point qui mérite qu’on s’y arrête. Au delà du feuilleton médiatique autour d’Elon Musk et de ses fusées, l’IPO SpaceX illustre parfaitement pourquoi la diversification investissements financiers reste un principe de base, et non un conseil accessoire réservé aux gros portefeuilles. Voici ce qu’il faut retenir de cette opération, et comment en tirer une leçon concrète pour la gestion de votre propre patrimoine. SpaceX en bourse, retour sur une opération hors norme SpaceX a déposé son prospectus S1 auprès de la SEC le 20 mai 2026. Le roadshow investisseurs a démarré début juin, le prix a été fixé le 11 juin à 135 dollars par action (après un fractionnement d’actions de 5 pour 1 opéré le 4 mai, qui a ajusté rétroactivement tous les montants du prospectus), et la cotation a débuté le lendemain sur le Nasdaq, avec une cotation croisée sur Euronext Global Equity Market pour le marché européen. L’opération a mobilisé 23 banques d’investissement dans le monde, Goldman Sachs en tête côté américain. Elle a permis à SpaceX de lever environ 75 milliards de dollars en vendant 555,6 millions d’actions. À ce prix d’introduction, la capitalisation de l’entreprise a immédiatement dépassé les 1 750 milliards de dollars, un niveau que seules trois autres sociétés américaines, Apple, Microsoft et Nvidia, dépassaient jusqu’ici. Autre élément notable : en février 2026, SpaceX a finalisé une fusion avec xAI, la société d’intelligence artificielle d’Elon Musk qui héberge notamment le chatbot Grok et le réseau social X. Un investisseur qui achète du SPCX aujourd’hui ne s’expose donc plus seulement aux lancements de fusées et à Starlink, mais aussi à l’IA générative et aux réseaux sociaux. Cette diversification interne à l’entreprise ne dispense pas pour autant l’investisseur de diversifier, lui, son propre portefeuille. Les chiffres qui posent question Ce qui frappe dans ce dossier, c’est l’écart entre la valorisation affichée et les résultats financiers réels de l’entreprise. En 2025, SpaceX a généré environ 18,67 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 80 % en trois ans, un rythme de croissance impressionnant. Mais au premier trimestre 2026, l’entreprise a également enregistré une perte nette de 4,28 milliards de dollars. Une valorisation de 1 750 milliards de dollars représente donc près de 94 fois le chiffre d’affaires annuel, un multiple qui n’a pratiquement pas d’équivalent pour une société de cette taille. Une partie de l’explication tient au programme Starship, qui aurait déjà absorbé environ 15 milliards de dollars d’investissement. SpaceX ne verse aucun dividende, et sa structure d’actions à double classe prive les actionnaires particuliers de tout pouvoir réel sur la gouvernance. Résultat, dès les premières semaines de cotation, le titre a connu une volatilité extrême. Entre son plus haut à 225,64 dollars le 16 juin et son plus bas à 147,11 dollars le 23 juin, l’écart dépasse 30 % en une semaine à peine. Deux analystes indépendants, cités dans la presse spécialisée, situent d’ailleurs la valeur réelle de l’entreprise nettement en dessous du prix d’introduction. Et la fin de la période de blocage des actions, attendue vers décembre 2026, pourrait accentuer la pression vendeuse si les actionnaires historiques décident de céder une partie de leurs titres. Rien de tout cela ne signifie que SpaceX est une mauvaise entreprise. Cela signifie simplement qu’un pari sur une seule action, aussi séduisante soit elle, reste un pari. Pourquoi miser sur une seule valeur reste risqué ? Le scénario n’est pas nouveau. Chaque grande IPO médiatisée déclenche le même réflexe chez une partie des investisseurs particuliers, celui de vouloir « en être », par peur de manquer la prochaine pépite technologique. C’est exactement ce qu’on a observé avec SpaceX dès l’ouverture de la cotation, avec des volumes d’échange qui ont explosé. Le problème, c’est que concentrer une part significative de son épargne sur un seul titre revient à parier sur un scénario unique. Si SpaceX réussit son pari sur Starlink et l’IA, très bien. Si les résultats trimestriels déçoivent, ou si la levée du lock up en fin d’année déclenche des ventes massives d’initiés, le portefeuille de l’investisseur mono actif encaisse tout le choc, sans aucun amortisseur. C’est précisément le rôle de la diversification investissements financiers : répartir le risque entre plusieurs classes d’actifs (actions, obligations, immobilier, fonds euros, private equity) de sorte qu’une mauvaise nouvelle sur une ligne ne mette pas en péril l’ensemble du patrimoine. Ce n’est pas une posture prudente réservée aux investisseurs frileux, c’est un principe de construction de portefeuille qui s’applique aussi bien à un particulier qu’à un chef d’entreprise ou à un institutionnel. Diversifier son patrimoine, un réflexe à construire avant l’euphorie L’erreur classique consiste à diversifier après coup, une fois qu’une perte a déjà été encaissée. La bonne approche, c’est d’intégrer la diversification de son patrimoine en amont, comme une règle de construction, pas comme un correctif. Concrètement, cela veut dire répartir ses avoirs entre plusieurs supports : Les marchés actions, via des fonds diversifiés ou des unités de compte, plutôt que via des lignes individuelles concentrées sur une poignée de valeurs. L’assurance vie, qui permet de combiner sécurité du fonds en euros et performance des unités de compte, avec une fiscalité avantageuse après huit ans. L’immobilier, en direct ou via des SCPI, qui offre un couple rendement risque décorrélé des marchés actions. Les produits d’épargne retraite, comme le PER, qui ajoutent un avantage fiscal immédiat tout en préparant le long terme. Chaque profil d’investisseur a ses propres
Investissement immobilier : la montagne, ça (vous) gagne !
Patrimoine 22 juin 2026 Investissement immobilier : la montagne, ça (vous) gagne ! Les étés qui s’enchaînent avec des records de chaleur ont changé quelque chose dans la tête des Français. Depuis juin 2025, les réservations estivales en montagne ont progressé de 23,8 % par rapport à l’année précédente, portées avant tout par la volonté d’échapper à la canicule. Ce n’est plus seulement une destination de ski : la montagne est devenue un refuge thermique. Et quand une destination change de statut dans l’imaginaire collectif, les prix immobiliers finissent toujours par suivre. Pour un investisseur, c’est précisément ce moment qu’il faut savoir lire. La montagne, une valeur patrimoniale qui résiste là où les autres reculent Le marché immobilier national a connu une correction notable ces dernières années. Pas la montagne. En 2024, les prix en station ont progressé de 2,5 %, contre une baisse moyenne de 1 % dans l’ancien en France. Sur cinq ans, la hausse cumulée atteint 26,2 %. Ce n’est pas du hasard. La FNAIM chiffre le prix moyen en station de ski à 4 003 €/m² au 1er octobre 2025, contre 2 997 €/m² à l’échelle nationale, une prime de rareté et d’attractivité qui s’est même renforcée avec une hausse de +3,5 % sur les six derniers mois. Pourquoi une telle résistance ? Deux raisons structurelles. La première, c’est que la faiblesse chronique de la construction neuve en station amplifie la tension sur l’ancien. Coûts de production élevés, contraintes réglementaires, rareté des terrains : le volume de programmes neufs reste structurellement limité, ce qui soutient durablement les prix de l’existant. La deuxième, c’est que les acheteurs en montagne ne ressemblent pas aux acheteurs classiques. Les acquéreurs disposent souvent d’une épargne conséquente, les rendant moins dépendants du crédit. Les propriétaires ne ressentent pas de pression immédiate pour vendre à bas prix puisqu’ils génèrent déjà un revenu locatif. L’altitude, nouveau critère numéro un Tous les massifs ne se valent pas. Et dans le contexte actuel, l’altitude n’est plus un simple critère de confort de ski. C’est un filtre patrimonial. Le changement climatique a profondément modifié les critères d’attractivité de l’immobilier de montagne. L’altitude est devenue un facteur déterminant, avec une polarisation croissante autour des stations situées au-dessus de 1 900 mètres. À ce niveau, l’enneigement reste plus fiable et garantit une saison de ski plus longue, un élément clé pour sécuriser l’usage et la location des biens. Les stations qui cochent cette case en Savoie et Haute-Savoie constituent le cœur du marché le plus solide : Val Thorens (2 300 m) est souvent citée comme la référence en matière de rapport rendement/potentiel. Saison de ski de 6 mois, domaine des Trois Vallées, clientèle internationale. Val Thorens offre l’équilibre optimal, avec une rentabilité estimée entre 4 et 6 %, une saison ultra-longue et des prix encore modérés pour une station de ce niveau. Tignes (2 100 m) partage l’Espace Killy avec Val d’Isère. À 6 200 €/m², Tignes offre un rapport exceptionnel entre prix d’acquisition et qualité du domaine skiable, avec accès aux 300 km de pistes de l’Espace Killy. Tignes et Val Thorens se distinguent par leur capacité à garantir un enneigement à long terme, ce qui en fait un atout majeur face au changement climatique. Val d’Isère reste une valeur de prestige avec une liquidité remarquable. Les prix y sont élevés, mais la revente reste aisée, même en période difficile. La Plagne, avec ses 225 km de pistes et son glacier de Bellecôte, offre un accès plus abordable à un grand domaine de haute altitude. Les stations intermédiaires comme La Plagne offrent un rapport rendement/accessibilité solide. Les Saisies, à 1 650 m, propose un domaine interconnecté avec l’Espace Diamant. Sa clientèle familiale fidèle, son atmosphère typique et son altitude correcte en font un candidat pertinent pour un investissement locatif en montagne orienté rendement régulier. Les pépites typiques : l’autre côté du marché Tout le monde parle des grandes stations. Mais certains villages de montagne offrent aujourd’hui des opportunités que les investisseurs avisés regardent de près : un caractère préservé, un domaine skiable réellement haut, des prix encore accessibles. Pralognan-la-Vanoise en est l’exemple parfait. Village authentique au cœur du Parc National de la Vanoise, à 1 400 m d’altitude avec des pistes montant à plus de 2 000 m. Peu de tourisme de masse, mais une clientèle régulière et exigeante qui revient. Le ticket d’entrée est nettement inférieur aux grandes stations savoyardes pour un cadre souvent jugé supérieur. Bonneval-sur-Arc, à 1 800 m, est l’un des plus beaux villages de France. Domaine skiable culminant à 3 000 m, glacier du Mont-Cenis accessible. L’offre immobilière y est rare, ce qui protège les prix par nature. La Rosière, à 1 850 m sur le versant du Mont-Blanc, est connectée à La Thuile en Italie. Son développement récent et son ensoleillement exceptionnel en font une station à surveiller, avec des prix encore raisonnables pour ce niveau d’altitude. Ce type de station correspond à un profil d’investisseur particulier : quelqu’un qui cherche à la fois une vraie qualité de vie personnelle et un bien patrimonial dans un cadre préservé, sans aller chercher le rendement locatif maximal. La fiscalité LMNP en 2026 : ce qui a changé Difficile de parler d’investissement immobilier locatif en montagne sans aborder la fiscalité. Le statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) reste le cadre de référence pour les locations saisonnières en station. Il offre la déduction des charges réelles et, dans le régime réel, l’amortissement du bien, ce qui permet souvent de percevoir des loyers avec une imposition faible ou nulle pendant plusieurs années. Mais 2025 a apporté des modifications. La fiscalité LMNP a évolué en 2025 avec des abattements revus à la baisse. Les abattements forfaitaires applicables aux meublés de tourisme classés ont été réduits. L’analyse de la structure fiscale au moment de l’achat est donc plus importante que jamais. La loi Le Meur (dite « loi Airbnb ») est l’autre point de vigilance. Adoptée en novembre 2024 et entrée en vigueur le 1er janvier 2025, elle
Assurance vie : fonctionnement, avantages et fiscalité expliqués simplement
Assurance vie, Fiscalité 15 juin 2026 Assurance vie : fonctionnement, avantages et fiscalité expliqués simplement Plus de 2 100 milliards d’euros. C’est l’encours total de l’assurance vie en France à début 2026. Aucun autre placement ne concentre autant d’épargne dans notre pays. Pourtant, beaucoup d’épargnants qui détiennent un contrat ne savent pas vraiment comment il fonctionne, ni ce que la fiscalité leur réserve au moment de récupérer leur argent. Ce guide démystifie l’assurance vie, son fonctionnement, ses vrais avantages et ses règles fiscales en vigueur cette année. Sans jargon inutile. Qu’est-ce que l’assurance vie, concrètement ? L’assurance vie n’est pas une assurance au sens classique du terme. Ce n’est pas non plus un simple livret d’épargne. C’est une enveloppe juridique et fiscale dans laquelle vous placez de l’argent, avec la possibilité de le faire fructifier sur différents supports, d’y accéder à tout moment, et de le transmettre à des personnes de votre choix dans des conditions fiscalement avantageuses. Concrètement, vous signez un contrat auprès d’un assureur. Vous versez des primes, librement et sans plafond. Votre argent est investi sur un ou plusieurs supports. Et vous récupérez votre capital, plus les gains générés, quand vous le souhaitez. À votre décès, les sommes présentes sur le contrat sont transmises aux bénéficiaires que vous avez désignés, en dehors des règles classiques de succession. C’est cette triple utilité, épargne, préparation de la retraite, et outil de transmission, qui explique son succès durable auprès des Français. Fonctionnement de l’assurance vie : les mécanismes de base Les versements Vous pouvez alimenter votre contrat à votre rythme : versement initial unique, versements programmés mensuels, ou apports ponctuels. Il n’y a pas de plafond légal. Vous restez libre. Les supports d’investissement Votre argent peut être placé sur : Le fonds en euros : capital garanti, intérêts définitivement acquis chaque année. Les rendements restent modestes mais la sécurité est totale. Les unités de compte (UC) : supports investis sur les marchés financiers (actions, obligations, immobilier, fonds diversifiés). Le capital n’est pas garanti, mais le potentiel de gain est supérieur. Les contrats multi supports : une combinaison des deux, adaptée à votre profil de risque. La répartition entre fonds en euros et unités de compte s’ajuste selon votre tolérance au risque et votre horizon de placement. Plus vous avez de temps devant vous, plus il est généralement pertinent d’accepter une part d’unités de compte. Les rachats Récupérer son argent s’appelle un « rachat » en langage assurantiel. Vous pouvez effectuer un rachat partiel (retirer une partie) ou un rachat total (clôturer le contrat). Le contrat reste ouvert après un rachat partiel, votre épargne continue de fructifier et vous pouvez continuer à verser. Lors d’un rachat, seule la fraction correspondant aux gains est imposée, jamais le capital que vous avez versé. L’avance Option non négligeable et souvent oubliée, qui permet lorsqu’on a un besoin temporaire de trésorerie de bénéficier d’une avance. Gros avantage vous récupérez une somme et votre contrat continue de travailler sur la totalité du capital. Les avantages de l’assurance vie : ce qui la distingue vraiment La souplesse totale Contrairement à une idée reçue, l’assurance vie n’est pas bloquée pendant 8 ans. Vous pouvez récupérer votre argent à tout moment. La durée de 8 ans est un seuil fiscal, pas un blocage légal. Avant 8 ans, la fiscalité est moins favorable. Après, elle devient nettement plus intéressante. La capitalisation fiscale Tant que vous ne retirez pas d’argent, il n’y a aucune imposition. Les gains restent capitalisés dans le contrat sans impôt. Cet effet de capitalisation dans un cadre fiscal neutre est l’un des atouts majeurs de l’enveloppe, surtout sur le long terme. Attention les cotisations sociales des intérêts du fond euros sont prélevées au fil de l’eau. La clause bénéficiaire, une arme patrimoniale Vous désignez librement qui recevra le capital à votre décès : conjoint, enfants, petits-enfants, ami, association. Sur le plan civil, les capitaux décès ne font pas partie de la succession de l’assuré, sauf primes manifestement exagérées. Cela signifie que vous pouvez transmettre des sommes importantes à des personnes de votre choix, sans passer par les règles d’héritage classiques. Attention : une clause bénéficiaire mal rédigée ou oubliée peut faire basculer tout le capital dans la succession ordinaire, et la fiscalité devient alors beaucoup moins favorable. C’est un point que beaucoup de détenteurs de contrats négligent. Fiscalité de l’assurance vie en 2026 : ce qu’il faut savoir Pendant la vie du contrat : pas d’impôt tant que vous ne retirez pas Aucune imposition n’est due sur les gains accumulés tant qu’ils restent dans le contrat. Vous ne payez que lorsque vous effectuez un rachat. C’est l’un des piliers de l’attractivité du placement. Avant 8 ans : le prélèvement forfaitaire unique (PFU) Les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux, sauf option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. L’option pour le barème progressif peut être intéressante si votre taux marginal d’imposition est inférieur à 12,8 %, mais elle reste rarement avantageuse pour la plupart des épargnants. Point notable en 2026 : l’assurance vie est exclue de l’augmentation du taux des contributions sociales, ce qui signifie que le PFU reste à 30 % (contre 31,4 % pour le PEA ou le compte-titres ordinaire), les prélèvements sociaux demeurant à 17,2 %. Après 8 ans : la fiscalité allégée, le vrai avantage C’est là que l’assurance vie prend tout son sens fiscal. Deux avantages s’accumulent : Un abattement annuel sur les gains : Après 8 ans, les gains issus des rachats bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Un taux réduit pour les versements inférieurs à 150 000 € : Après 8 ans de détention, le taux d’impôt sur le revenu passe à 7,5 % (au lieu de 12,8 %) pour les versements n’excédant pas 150 000 euros. La taxation globale passe ainsi
IFI et impôt sur la fortune improductive : ce que les épargnants doivent vraiment savoir en 2026
Fiscalité, Patrimoine 8 juin 2026 IFI et impôt sur la fortune improductive : ce que les épargnants doivent vraiment savoir en 2026 En 2026, l’IFI impôt fortune improductive est l’un des sujets fiscaux les plus commentés, les plus mal compris, et parfois les plus mal relayés dans la presse spécialisée. La faute à un débat parlementaire touffu, à des versions contradictoires du projet de loi de finances, et à une confusion fréquente entre ce qui a été voté en commission et ce qui est effectivement en vigueur. La réalité est plus simple qu’il n’y paraît : l’impôt sur la fortune improductive a été débattu mais non adopté dans sa version finale. La loi de finances pour 2026, considérée comme adoptée après recours à l’article 49.3, ne retient pas la mise en place de l’IFI improductif tel qu’envisagé dans les premières versions du PLF. L’IFI actuel reste donc inchangé. Ce guide clarifie ce que vous devez comprendre : le régime applicable aujourd’hui, les propositions de réforme qui ont agité les parlementaires, et les leviers d’optimisation concrets à connaître. Qu’est-ce que l’IFI ? Rappel du cadre fiscal en vigueur L’impôt sur la fortune immobilière existe depuis le 1er janvier 2018, en remplacement de l’ISF. Son périmètre est beaucoup plus restreint. Avec l’IFI, les actifs financiers, bijoux, œuvres d’art et autres éléments du patrimoine mobilier ne sont plus pris en compte dans le calcul, comme cela pouvait être le cas avec l’ISF. Seul le patrimoine immobilier net taxable est visé. Dans le cadre de l’IFI, sont pris en compte maisons, appartements, garages, parkings, caves et autres dépendances à usage personnel ou mis en location. Les bâtiments classés monuments historiques ainsi que les biens en cours de construction entrent également dans le patrimoine immobilier. Les terrains à bâtir et les terres agricoles et forestières sont également retenus par l’administration fiscale dans le calcul de l’IFI. En 2024, l’IFI a généré 2,2 milliards d’euros de recettes pour 186 000 foyers fiscaux, un niveau significativement inférieur aux 4,2 milliards collectés via l’ISF en 2017. Ce chiffre illustre à quel point la base taxable a été réduite depuis la réforme. Mais il explique aussi pourquoi certains parlementaires ont cherché à l’élargir. Qui est concerné par l’IFI en 2026 ? Vous êtes imposable à l’IFI si votre patrimoine net taxable dépasse le seuil d’imposition de 1 300 000 euros. Cette valeur s’apprécie au niveau du foyer fiscal et prend en compte tous les actifs immobiliers détenus par les personnes le composant. Le seuil IFI 2026 reste donc fixé à 1,3 million d’euros. Rien n’a changé sur ce point, malgré les discussions parlementaires de l’automne 2025. Un point important à noter : détenir de l’immobilier via une structure ne garantit aucune exonération. Détenir de l’immobilier via une SCI, une SARL de famille ou des parts de SCPI n’exonère pas de l’IFI. Les parts sont incluses dans l’assiette à hauteur de la fraction représentative d’actifs immobiliers imposables. La SCI n’est pas une solution d’optimisation IFI en elle-même. En revanche, les biens immobiliers nécessaires à l’exercice de l’activité professionnelle principale, dans le secteur industriel, commercial, artisanal, agricole ou libéral, sont exonérés d’IFI. Le barème progressif de l’IFI : comment se calcule votre impôt Le barème IFI comporte six tranches avec des taux allant de 0 % à 1,5 %. Le calcul s’effectue tranche par tranche, comme pour l’impôt sur le revenu, ce qui signifie que seule la fraction de patrimoine située dans chaque tranche est imposée au taux correspondant. Le seuil d’imposition à l’IFI correspond à un patrimoine net taxable de 1 300 000 euros. Toutefois, lorsque vous êtes imposable à l’IFI, le calcul commence à 800 000 euros. Uniquement pour les patrimoines nets taxables compris entre 1 300 000 euros et 1 400 000 euros, un système de décote permet d’atténuer l’impôt. Le montant de la décote est égal à 17 500 moins 1,25 fois le montant du patrimoine net taxable. Ce mécanisme de décote existe pour éviter les effets de seuil trop brutaux. Un foyer avec 1 310 000 euros de patrimoine net ne paie pas le même montant qu’un foyer à 1 400 000 euros, même si tous deux sont techniquement assujettis. Trois éléments réduisent votre base taxable : L’abattement sur la résidence principale : votre résidence principale fait l’objet d’un abattement de 30 % sur sa valeur au 1er janvier 2026. Les dettes déductibles : les dettes liées aux biens immobiliers imposables sont déductibles de l’assiette, notamment les emprunts en cours, les travaux à payer et les impôts non encore payés liés aux biens. Une dette sur la résidence principale peut donc réduire sensiblement la base taxable. Les dons à des organismes d’intérêt général : ce don peut bénéficier d’une réduction d’impôt sur l’IFI de 75 %, dans la limite de 50 000 euros, sous conditions. Qu’est-ce que l’impôt sur la fortune improductive ? L’explication de la réforme avortée Le terme fortune improductive est apparu dans le débat public à l’automne 2025. L’idée est conceptuellement différente de celle de l’IFI : il ne s’agit plus de taxer la nature d’un actif (l’immobilier), mais sa fonction économique. Ce projet s’inscrit dans un mouvement plus large : inciter le capital privé à participer davantage au financement direct de l’économie et des entreprises. L’Assemblée nationale avait voté le 31 octobre 2025 un impôt sur la fortune improductive avec un seuil maintenu à 1,3 million d’euros. Le Sénat a adopté en première lecture le 28 novembre 2025 un amendement visant à remplacer l’IFI par une « contribution des hauts patrimoines », assise non plus uniquement sur l’immobilier, mais sur un ensemble d’actifs qualifiés d’improductifs. Les deux chambres avaient des visions très différentes. Le seuil d’assujettissement est le point central du débat : selon la version retenue, il variait du simple au double, soit 1,3 million d’euros dans le texte voté par les députés, 2,57 millions d’euros dans celui adopté par le Sénat. Cette divergence traduit deux philosophies différentes : l’Assemblée nationale maintient une continuité avec le seuil actuel de l’IFI, tandis que
PER individuel vs assurance vie : quel choix en 2026 ?
Assurance vie, Retraite 5 juin 2026 PER individuel vs assurance vie : quel choix en 2026 ? La question revient systématiquement dans nos réunions de bilan patrimonial : faut-il verser sur son PER individuel ou renforcer son assurance vie ? Les deux enveloppes coexistent dans presque tous les portefeuilles bien construits, pourtant leurs logiques sont radicalement différentes. Et depuis janvier 2026, les règles du jeu ont évolué sur plusieurs points importants. Voici ce qu’il faut savoir pour choisir, ou mieux encore, pour articuler les deux intelligemment. Ce que la loi de finances 2026 change pour le PER Avant de comparer, un point s’impose : la loi de finances 2026 modifie deux paramètres structurants du PER, à savoir la suppression de la déductibilité après 70 ans et l’extension du report des plafonds de déduction de trois à cinq ans. Premier changement concret : depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués sur un PER après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Le PER reste ouvert aux versements après cet âge, mais ces nouveaux apports sont assimilés à des versements non déduits, avec la fiscalité correspondante à la sortie. Deuxième changement, plus favorable cette fois : il est désormais possible d’utiliser les plafonds de déduction non consommés des cinq dernières années, contre trois auparavant. Cette mesure peut notamment permettre de réaliser un versement important pour rattraper un retard d’épargne retraite, tout en réduisant sa fiscalité immédiate. Troisième évolution à connaître : la LFSS 2026 relève la CSG sur les revenus de placement de 9,2% à 10,6%. Les prélèvements sociaux sur les gains du PER passent ainsi à 18,6%, portant le PFU applicable aux gains du PER à 31,4%. L’assurance vie échappe à cette hausse, avec des prélèvements sociaux maintenus à 17,2% et un PFU à 30%. Un écart de 1,4 point qui compte, surtout sur des horizons longs. La mécanique fiscale du PER individuel : un avantage puissant, mais conditionnel L’atout central du PER individuel tient à la déduction fiscale à l’entrée. Les versements volontaires sur un PER individuel sont déductibles du revenu imposable, dans la limite du plafond d’épargne retraite, soit environ 10% des revenus professionnels de l’année précédente, avec plafonds et reports des droits non utilisés. Pour les travailleurs non salariés, le plafond de déduction peut atteindre 88 911 euros en 2026. Pour un salarié ou fonctionnaire, le plafond s’établit à 10% des revenus d’activité, plafonné à 38 448 euros. Plus votre tranche marginale d’imposition (TMI) est élevée, plus le mécanisme est efficace. À 30% de TMI, un versement de 10 000 euros coûte effectivement 7 000 euros après économie d’impôt. À 41%, l’effort réel tombe à 5 900 euros. C’est là que le PER retraite déploie toute sa force. Mais cet avantage n’est pas gratuit. Si l’épargnant a profité d’une déduction à l’entrée, il subit un rattrapage fiscal à la sortie : ses versements seront soumis à l’impôt sur le revenu. Toutefois, cette taxation différée demeure souvent avantageuse, car la baisse des revenus à la retraite place généralement les retraités dans une tranche marginale inférieure, réduisant l’impact fiscal final. Le pari du PER, c’est précisément ce différentiel de TMI entre la vie active et la retraite. L’assurance vie : souplesse, transmission et fiscalité douce après 8 ans L’assurance vie fonctionne selon une logique inverse. Côté fiscalité, le contrat d’assurance vie propose un taux d’impôt réduit sur les rachats à partir de la 8e année. Les versements ne sont pas déductibles, mais le capital représentatif des versements échappe à l’impôt à la sortie. Concrètement, après huit ans de détention, chaque assuré bénéficie d’un abattement annuel sur les gains, soit 4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple. Au-delà, les plus-values sont soumises à un prélèvement forfaitaire de 7,5% pour les encours inférieurs à 150 000 euros, ce qui reste très compétitif. L’autre avantage majeur : la disponibilité. Un contrat d’assurance vie permet d’effectuer des retraits quand vous le souhaitez. Le PER, en revanche, bloque les fonds jusqu’à la retraite, hors cas de sorties anticipées prévus par la loi, comme l’acquisition de la résidence principale ou un accident de la vie. Cette liquidité fait de l’assurance vie un outil polyvalent : épargne de précaution, financement d’un projet à moyen terme, complément de revenus progressif à la retraite. Succession et transmission : avantages des deux côtés, mais des nuances importantes Sur le plan successoral, les deux enveloppes partagent une même logique de base, avec des différences notables dans les détails. Le PER assurantiel et l’assurance vie permettent tous deux de désigner librement ses bénéficiaires en dehors du partage successoral classique. En cas de décès du titulaire d’un PER avant 70 ans, la fiscalité reprend les mêmes abattements que l’assurance vie, soit 152 500 euros par bénéficiaire. Mais l’assurance vie conserve un avantage structurel : ce n’est pas l’âge du décès qui compte, mais l’âge au moment du versement des primes. L’abattement de 152 500 euros par bénéficiaire vaut pour toute somme versée avant 70 ans. Le PER, lui, est moins protecteur sur ce point dès lors que le décès survient après 70 ans. Cette mesure peut inciter les plus de 70 ans à réorienter une partie de leur stratégie vers l’assurance vie, qui conserve ses avantages successoraux. Pour les profils dont la transmission du patrimoine est une priorité, l’assurance vie reste l’enveloppe de référence. PER vs assurance vie : tableau comparatif rapide Voici les critères essentiels résumés : Critère PER individuel Assurance vie Déduction fiscale à l’entrée Oui (jusqu’à 70 ans en 2026) Non Disponibilité des fonds Bloqués jusqu’à la retraite Libre à tout moment Fiscalité à la sortie IR sur les versements, PFU 31,4% sur les gains Abattement après 8 ans, PFU 30% sur les gains Transmission avant 70 ans 152 500 € par bénéficiaire 152 500 € par bénéficiaire Transmission après 70 ans Abattement réduit à 30 500 € global Avantage maintenu si primes versées avant 70 ans Souplesse des versements Libre Libre Report des plafonds 5 ans depuis 2026
Pacte Dutreil : réduire les droits de succession sur son entreprise
Entreprise, Succession 28 mai 2026 Pacte Dutreil : réduire les droits de succession sur son entreprise Imaginez transmettre votre entreprise à vos enfants et recevoir une facture fiscale calculée sur la totalité de sa valeur. Pour une PME valorisée à 2 millions d’euros, les droits de succession en ligne directe peuvent dépasser 400 000 euros. C’est précisément pour éviter ce scénario que le pacte Dutreil existe depuis 2003 : il permet de soumettre la transmission à l’impôt sur seulement 25 % de la valeur réelle de l’entreprise. Un abattement de 75 %. Sans plafond. Cumulable avec d’autres dispositifs. C’est l’un des outils les plus puissants de la fiscalité successorale française, et il concerne directement tous les dirigeants qui anticipent la transmission de leur outil professionnel. Qu’est-ce que le pacte Dutreil, concrètement ? Le pacte Dutreil est un dispositif fiscal créé par la loi du 1er août 2003, codifié aux articles 787 B et 787 C du Code général des impôts. Son principe est simple : en échange d’engagements de conservation des titres et de continuité de la direction, l’État accorde une exonération partielle des droits de mutation à titre gratuit (DMTG) sur la valeur de l’entreprise transmise. Cette exonération est fixée à 75 % de la valeur des titres ou de l’entreprise individuelle. Autrement dit, seul un quart de la valeur entre dans le calcul des droits de succession ou de donation. Ce mécanisme s’applique aussi bien en cas de transmission du vivant de l’entrepreneur (donation, donation-partage) qu’en cas de décès. Le dispositif couvre toutes les entreprises dont l’activité est commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole. Les sociétés civiles immobilières et les structures dont l’activité principale est la gestion du propre patrimoine (hors holding animatrice) n’y sont pas éligibles. Quelles conditions faut-il remplir pour en bénéficier ? Le pacte Dutreil n’est pas un cadeau sans contreparties. Il repose sur une chronologie d’engagements précise, dont le non-respect entraîne la remise en cause totale de l’avantage fiscal. L’engagement collectif de conservation Avant toute transmission, les associés doivent signer un engagement collectif de conservation des titres. Cet engagement doit porter sur au moins 17 % des droits financiers et 34 % des droits de vote pour les sociétés non cotées. Sa durée minimale est de deux ans, et il doit être en cours au moment de la donation ou du décès. Depuis 2019, un entrepreneur individuel peut également souscrire un engagement unilatéral, ce qui ouvre le dispositif aux sociétés unipersonnelles. L’engagement individuel de conservation Après la transmission, chaque bénéficiaire (héritier ou donataire) s’engage à conserver personnellement les titres reçus. La loi de finances pour 2026, entrée en vigueur le 21 février 2026, a allongé cette période à six ans, contre quatre ans précédemment. C’est l’un des durcissements significatifs opérés sur le dispositif ces dernières années. La condition de direction Au moins l’un des signataires ou bénéficiaires doit exercer une fonction de direction au sein de la société pendant les trois années qui suivent la transmission. Cette condition garantit la continuité de l’activité et la pérennité de l’outil de travail transmis. Les actifs éligibles Depuis la loi de finances pour 2026, les biens personnels ou somptuaires inscrits à l’actif de la société (résidences secondaires, œuvres d’art, yachts) sont exclus de l’assiette bénéficiant de l’abattement. Seuls les actifs réellement nécessaires à l’exploitation entrent désormais dans le calcul. Cette mesure vise à corriger certains montages qui utilisaient l’entreprise comme enveloppe pour transmettre des biens privés à moindre coût fiscal. Comment calculer le gain fiscal réel du pacte Dutreil ? Pour mesurer l’intérêt concret du dispositif, prenons un exemple chiffré. Un entrepreneur transmet à ses deux enfants une entreprise valorisée à 2 millions d’euros. Sans pacte Dutreil, chaque enfant reçoit 1 million d’euros de titres. Après l’abattement de 100 000 euros en ligne directe, la base taxable par enfant est de 900 000 euros. Les droits de succession, calculés au barème progressif, s’élèvent à environ 212 000 euros par enfant, soit plus de 420 000 euros au total. Avec le pacte Dutreil, l’abattement de 75 % s’applique en premier. La base taxable par enfant tombe à 250 000 euros (25 % de 1 million). Après déduction de l’abattement de 100 000 euros en ligne directe, la base taxable est ramenée à 150 000 euros. Les droits correspondants descendent à environ 32 000 euros par enfant, soit 64 000 euros au total. L’économie réalisée dépasse 350 000 euros dans cet exemple, simplement en respectant les conditions du dispositif. Si l’entrepreneur a moins de 70 ans au moment de la donation et qu’il transmet en pleine propriété, une réduction supplémentaire de 50 % des droits restants s’applique. Les droits par enfant tombent alors à environ 16 000 euros. L’avantage fiscal devient presque total. Pacte Dutreil et donation de son vivant : anticiper pour maximiser Le pacte Dutreil s’applique aussi bien par succession que par donation. Et c’est souvent dans le cadre d’une transmission anticipée, du vivant de l’entrepreneur, que le dispositif produit les meilleurs résultats. Transmettre avant 70 ans permet de cumuler l’abattement Dutreil de 75 % avec la réduction de 50 % sur les droits restants, en plus de l’abattement en ligne directe de 100 000 euros par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans. La combinaison de ces mécanismes peut aboutir à une transmission quasi totalement exonérée de droits pour des entreprises de taille intermédiaire. La donation-partage est souvent privilégiée dans ce contexte. Elle permet de fixer la valeur des titres au jour de la transmission, ce qui évite toute revalorisation ultérieure en cas de révision des valeurs lors de la liquidation de la succession. C’est une forme de bouclier contre les aléas de valorisation futurs. Il est aussi possible de transmettre avec réserve d’usufruit, ce qui permet à l’entrepreneur de conserver les revenus de l’entreprise (dividendes) tout en transmettant la nue-propriété des titres. L’administration fiscale admet cette configuration à condition que les droits de vote de l’usufruitier soient limités aux seules décisions d’affectation des bénéfices dans les statuts de la société. Le pacte










